Récemment, la Sécurité Politique a arrêté M. HA SI PHU, une figure de proue des intellectuels dissidents à Ha Noi le 5/12/1995, accusé d'être en possession d'un document top secret du Premier Ministre Vo Van Kiet adressé aux membres du Bureau Politique et M. LE HONG HA, le 7/12/1995, ancien cadre de haut rang de la Sécurité, pour avoir défendu M. HOANG MINH CHINH dans le fameux procès "Des Révisionnistes contre le Parti " dont il fut l'une des principales victimes en 1967.
Dans une interview téléphonique accordée le 28/11/1995 à la radio VNCR (Californie, Etats-Unis), M. HA SI PHU a fait connaître qu'il était sous surveillance étroite de la police et qu'il fut souvent victime d'agressions violentes sur la voie publique. Il déclarait notamment sur la VNCR : "... Le progrès économique et son intégration (dans la communauté internationale) ne peuvent être réalisés sans leurs pendants politiques. Pour obtenir le bonheur du citoyen, la stabilité dans le pays ou dans la socìété n'est pas suffisante, il faudrait que chacun puisse participer en tant que citoyen responsable, pouvant pleinement choisir un régime polique et contribuer à son développement. Pour cela, la liberté et la démocratie sont des nécessités minimales à l'établissement de ces droits civiques".
D' après une nouvelle divulguée à la Ville HCM, les autorités vietnamiennes auraient mis en place un plan pour arrêter M. NGUYEN HO. Après avoir été informé de l'intention des autorités, M. HO a fait informer la Section du Parti de la ville, les Services de Sécurité, le Ministère de l'Intérieur et le Bureau Politique du PCV qu 'il résistera en se barricadant dans son domicile, au no 11, Rue Tran Quoc Thao, Saigon. Il a déclaré que sa maison pourrait devenir sa tombe, si le régime voudrait utiliser des moyens forts pour l'arrêter.
M. NGUYEN HO est né en 1916 à Go Vâp, il entra dans le PCV en 1937 et a détenu des postes de responsabilités importantes dans l'appareil du parti et dans l'état communiste. Après avoir pris la retraite en 1987, il a fondé avec les autres anciens membres du PCV comme Do Trung Hiêu, Nguyên Van Tran, La Van Lâm, Hô Hiêu...le Club des Anciens Résistants et a fait diffuser le journal Truyên Thông Khang Chiên. Les activités du Club ont recueilli l'adhésion de nombreux sympathisants et le nombre de membres s'est accru rapidement. Considérant que les activités du Club des Anciens Résistants et le journal Truyên Thông Khang Chiên constituaient une menace pour le Parti, les dirigeants du PCV ont cherché par tous les moyens à s'opposer au club par des menaces, des interdictions de réunions ..et finalement, ils ont décidé de suspendre définitivement la publication du journal, dissoudre le Club, et d'arrêter M. Nguyên Hô, ainsi que certains de ses collaborateurs en 1990. A cette époque, M. Hô a déclaré qu'il n'était plus membre du PCV et devint une figure de proue reconnue de la dissidence. En Mars 1994, il fut de nouveau arrêté pour la deuxième fois et depuis Mars 1995, il fut assigné en résidence surveillée jusqu'à maintenant. Il a écrit de nombreux documents, essais, critiquant la politique de dictature du PCV et précisant ses réflexions et ses analyses sur le pays et la nation vietnamienne, comme "Les Positions et la Vie" (Mai 1993), "La seule issue valable: une transformation radicale" (Février 1995), "Sur la voie de réconciliation et de concorde nationale" (Juin 1995)...