Vietnam Démocratie - Janvier 1998

Révolte des catholiques à Dong Nai

Suite aux révoltes des paysans de Thai Binh, au Nord, qui ont commencé depuis le mois d'Avril 1997, les catholiques se sont révoltés à leur tour contre les exactions des autorités communistes dans la province de Dong Nai au Sud. Le 25/11/97, à 9h du matin, plus 1000 fidèles catholiques de Tra Co, district de Thong Nhat, province de Dong Nai, ont manifesté contre les actes de réquisition des terrains et de corruption des autorités locales. D'après les nouvelles recueillies auprès de la population, les cadres du PCV à Dong Nai, ont rencontré le père Thuân du diocèse de Tra Co, afin d'obliger celui-ci à signer la cessation des terres. Le père Thuan a refusé. Les forces de sécurité de la commune de Tân Minh ont passé outre du refus en plantant un poteau sur le terrain avec ces mots "Terrain réquisitionné". Cet acte d'intimidation a provoqué la colère des fidèles. Plus de 1000 fidèles, composés la plupart par des femmes, brandant des slogans contre les corruptions et les réquisitions abusives des terrains, ont manifesté. Sur les banderoles, on voit la grande détermination des manifestants: "Si un arbre est coupé, une personne tombera pour le remplacer ".

Selon les agences de presse étrangères, ces manifestations font suite à celles qui ont eu lieu il y a 3 semaines, le 7 et 8 Novembre. Lors de ces manifestations, des bagarres violentes ont eu lieu entre les manifestants au nombre de 10.000 et les forces de police. Au moins 4 personnes ont été blessées. La maison d'un cadre du Front Patriotique, organisation de paravent du PCV, chargé des questions religieuses a été incendiée par les manifestants. D'après des témoins oculaires, les manifestants composés la plupart par des femmes et des enfants ont occupé un terrain de la commune Thong Nhat, le long de la Nationale 1, pour empêcher les autorités d'y construire des bâtiments administratifs. Un autre habitant interrogé par téléphone par l'AFP a déclaré que le mouvement de protestation continue. Des agents de renseignements qui ont essayé d'infiltrer les manifestants ont été sérieusement tabassés par la population. Des témoins ont rapporté des scènes de poursuite dans les rues des communes pour chasser les agents des forces de sécurité. Les autorités communistes ont dépêchés des centaines d'hommes des forces de sécurité afin de disperser les manifestants. La situation semble redevenue calme mais les causes du conflit demeurent.

Suite aux deux journées de manifestation du 7 et 8 Novembre 97, chaque jour, il y a toujours environ de 40 à 50 fidèles qui font du sit in sous des tentes devant le siège du Comité Populaire pour protester contre la répression sauvage des autorités qui a causé de nombreux blessés graves parmi les manifestants.

Les communautés vietnamiennes aux Etats Unis, en Europe, en Australie, au Canada... ont activement soutenu les revendications légitimes des vietnamiens de Thai Binh et de Dong Nai, en alertant l'opinion publique et en exprimant leur soutien par de nombreuses manifestations, tout au long de ces trois derniers mois.

D'après l'agence Reuters, les autorités de Hanoi ont gardé un silence embarrasant devant les manifestations à Dong Nai, puis ensuite ils ont déclaré que les manifestations n'ont pas pour origine des problèmes religieux. Le Front Patriotique a dû envoyer un émissaire auprès de Monseigneur Nguyen Minh Nhat afin de tenter d'apaiser la situation. Les manifestations de Dong Nai, au Sud, consécutives à celles de Thai Binh au Nord ont pour origine le mécontentement de la population dans les campagnes devant la situation de corruption de l'appareil administratif, le montant excessif des impôts, l'enrichissement frauduleux des membres du PCV et le fossé grandissant entre le niveau de vie d'une minorité de cadre du PCV et d'une grande majorité de la population.

Confronté à ces menaces graves, les autorités de Hanoi ont dû lancer des mesures visant à améliorer le niveau de vie de la population dans les zones rurales, à démettre de leurs fonctions les cadres corrompus et à juger les coupables. Mais les habitants de Thai Binh, Kim No, Tho Da, Xuan Loc, Da Nang, Dong Nai...sont las de faire toujours les frais de ces promesses qui n'ont été jamais tenues par les dirigeants du PCV, depuis plus de 40 ans. Cette fois la population a présenté des revendications précises: abolir les impôts injustes, diminuer le niveau d'autres impôts, juger les cadres coupables de corruption et de dilapidation des biens publics, annuler les ordres de réquisitions de terrains et d'habitations abusifs.

Après un long silence, le quotidien Nhan Dân, organe du PCV, du 2/12/97, a accusé les paysans en révolte à Thai Binh contre la corruption d'être responsables des dégâts causés à l'économie. D'après le journal, le Vice Premier Ministre Nguyen Cong Tan a rendu visite aux autorités locales afin de discuter sur les mesures à prendre pour limiter les dégâts causés aux activités économiques.

Le journal a reconnu que la population de la province doit toujours à l'état 16,3 Millions de US Dollars d'impôts impayés jusqu 'à maintenant. Or l'une des revendications principales de la population concerne le niveau excessif des impôts ainsi que l'usage frauduleux de ces impôts par certains cadres pour s'enrichir personnellement. Jusqu 'à maintenant aucune mesure n'a été prise pour satisfaire les revendications de la population. Les risques d'explosion demeurent.


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