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VIETNAM
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Editorial
Le Vietnam entre dans l'année 1997 avec deux inconnues. La première inconnue est quelle sera la personne qui va remplacer M. Le Duc Anh dans la fonction de chef de l'état et l'autre inconnue est quelles seront les mesures prises par les autorités communistes pour accélérer les réformes économiques dans le but de regagner la confiance perdue des investisseurs étrangers. Le 9 Janvier 1997, le porte parole du Ministère des Affaires Etrangères, Tran Quang Hoan a précisé dans une déclaration que l'état de santé de M. Le Duc Anh est en voie de rétablissement. Cette déclaration est en contradiction avec le fait que Le Duc Anh n'a plus paru en public depuis plus de deux mois. D'après les sources bien renseignés à Hanoi, même si M. Le Duc Anh se rétablirait il ne pourra jamais plus exercer ses fonctions normalement. Dans cette situation, son remplacement se posera de manière urgent lors de la Session de Printemps de l'Assemblée Nationale. D'après le journal South China Morning Post à Hong Kong, le 30/12/1996, les milieux politiques ont fait remarquer que le général Le Kha Phieu, actuellement numéro 4 au Bureau Politique, Chef du Comité de l'Idéologie de l'Armée pourrait prétendre à la place de chef de l'état. Ces derniers temps, le général Phieu a multiplié les apparitions en public et a été cité plusieurs fois dans la presse officielle. Dans l'organigramme du parti, il est de rang supérieur au général Khue, Ministre de la Défense. La deuxième personnalité qui pourrait prétendre à la succession de Le Duc Anh est l'actuel Ministre des Affaires Etrangères Nguyen Manh Cam. qui semble recueillir le plus de suffrage. Une troisième personnalité a été aussi mentionnée, c'est le président de l'Assemblée Nationale Nong Duc Manh. Parmi les 3 personnes citées, M. Cam parait avoir le plus de chance d'accéder à la fonction de chef de l'état, à cause de sa position de neutralité dans la lutte actuelle entre les clans. En outre en tant que Ministre des Affaires Etrangères, M. Cam est l'interlocuteur privilégié de plusieurs dirigeants étrangers. Parlant la langue française, il doit jouer un rôle important lors du sommet de la francophonie en Novembre 1997 à Hanoi. En ce qui concerne le général Phieu, il est très peu connu à l'étranger et réputé par sa position dogmatique. A cause de l'équilibre du pouvoir instable à l'issue du VIII Congrès, le remplacement du numéro 2 du PCV pourrait entraîner le remplacement de deux autres fonctions afin de maintenir l'équilibre précaire entre les factions. La deuxième inconnue est l'attitude des dirigeants de Hanoi à l'égard des investissements au Vietnam. Le resserrement des contrôles sur la presse, la formation des cellules du parti au sein des entreprises en joint venture, les mises en garde répétés des autorités de l'armée contre les influences étrangères désignées sous l'appellation de l'évolution pacifique, tous sont autant de signes qui ne favorisent guère les investissements. Le découragement des investisseurs s'est manifesté avec un recul significatif du volume d'investissement pour la première fois depuis 1988. Le nombre de projets autorisés en 96 demeure inférieur à celui de 95. De plus en plus de voix dans les milieux d'affaires réclament de la part de Hanoi des réformes plus significatives, des volontés plus affirmées pour lutter contre la corruption. Le tableau redevient sombre pour Hanoi. La conjonction de tous les facteurs (infrastructures délabrées, lois changeantes ou inapplicables, corruption généralisée, contradictions entre pouvoirs centraux et locaux, opposition et non coopération de la part de la population) a largement contribué à ce découragement. Les dirigeants de Hanoi sont en train de confronter aux dilemmes: soit de libéraliser l'économie avec des conséquences sur le plan politique - aux risques de perdre leur pouvoir, soit de se refermer avec des risques d'explosion sociale. Vietnam Democratie |
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Vietnam Democratie - Février 1997 |
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