Vietnam Démocratie - Mars 1998 |
Dans son allocution sur les activités passées de lAlliance Vietnam Liberté et les raisons de la parution du document politique Démocratisation et Développement du Vietnam prononcée lors de la cérémonie de publication de ce document à Berlin le 13/12/97, M. Nguyen Vo Ky, ex-secrétaire général de lAlliance pour lexercice 1990-1992, a insisté sur les évolutions favorables permettant à lAlliance dannoncer la voie de démocratisation et de développement du pays. Comme idée principale, lAlliance veut montrer dune part que le régime de Hanoi nest plus capable de maintenir durablement sa dictature et dautre part, que les pressions pour une démocratisation sur le régime deviennent de plus en plus intenses, provenant de la majorité des vietnamiens, des membres dissidents et même de ceux à lintérieur du parti, des forces populaires démocratiques, des milieux internationaux...
Hanoi ne peut résister aux exigences objectives et subjectives dune large réforme tant politique quéconomique. Cependant, de par son caractère dictatorial et totalitaire, il ne lui est pas facile daccepter du jour au lendemain une restriction du pouvoir afin de restituer entièrement au peuple liberté et démocratie. Il va chercher à changer dorientation de telle façon quil puisse conserver son rôle de direction, que ses intérêts ne soient pas menacés.....Ce qui vient de se passer montre que le parti communiste a changé de cap en ouvrant économiquement le pays à lextérieur et en sorientant vers léconomie de marché afin déviter son effondrement, mais il persiste à y joindre la queue socialiste et, pour être plus rassuré, il sévertue à maintenir larticle 4 de la nouvelle constitution qui affirme son unique rôle de direction du pays.
En cette période de 1998, la situation du pays diffère bien de celle où la Chine communiste réprimait les jeunes et les étudiants à la place Tien An Men par la force des chars dassaut. Les forces de pression de tous les côtés, de lintérieur jusqu'à lextérieur sur les problèmes de liberté et démocratie vont contraindre le régime à changer. Mais limportance est de changer de telle manière qui puisse apporter de meilleures perspectives pour les vietnamiens, pour le pays dans la conjoncture actuelle et permettre à tout citoyen davoir le droit de sexprimer. Dans la situation présente où, sous loppression du régime, les vietnamiens se trouvent dans limpossibilité dexprimer librement leurs aspirations, lAlliance Vietnam Liberté se donne le devoir dexposer ces aspirations dans limportant document politique qui vient dêtre publié.
Les dirigeants du Parti Communiste VietnamienLes événements survenus au cours dune réunion du Comité Central du PCV, tels que labandon de la réunion des 18 membres du bureau politique par Le Kha Phieu, après un excès de colère jusqu'à taper bruyamment sur la table, et par Nguyen Tan Dung qui rejoignait son bureau à la province de Rach Gia, la reprise par Vo Van Kiet de sa candidature au poste de secrétaire général, en compétition avec Le Kha Phieu et Nguyen Van An..... sont considérés comme des phénomènes jamais survenus dans lhistoire du parti et qui montrent que les disputes au sommet de la hiérarchie du parti atteignent déjà son plus haut point et que Do Muoi a perdu toute capacité de direction.
En réalité, depuis lépoque de Tran Phu, Ho Chi Minh, jusqu'à celle de Do Muoi à nos jours, la direction du PCV sest basée sur le fondement de lidéologie et sur le soutien du bloc communiste international, concrètement des deux grands frères soviétique et chinois communiste auxquels elle attribue le titre de révolutionnaires prolétariens internationaux. Présentement, cette doctrine inhumaine et même cette enseigne de révolution prolétarienne aussi se sont effondrées en théorie comme en pratique. Les études dun groupe dintellectuels dont la plupart appartient à la gauche française ont récapitulé les performances meurtrières se soldant par 85 millions de victimes durant 80 ans depuis la révolution dOctobre en Russie dans louvrage intitulé Livre noir du Communisme: crimes, terreurs, oppressions de 841 pages, en citant 1345 auteurs. Le pouvoir de direction du PCV na aucune orthodoxie ou capacité intellectuelle, car, abrités derrière le paravent de la classe prolétarienne, presque tous les dirigeants du parti sont peu instruits et se surpassent entre eux pour être promus ou pour semparer de la fonction de leader grâce à leur capacité de manoeuvres cruelles ou d'élimination physique des adversaires......
A présent que tous les points dappui se sont effondrés, que la situation économique se dégrade, que le mécontentement saggrave, que les techniques de l'information avancent à pas démesurés, il nest plus question pour le PCV de senfermer, de cacher les vérités à la population. Depuis lintérieur du parti jusquau peuple, le degré de compréhension
et de jugement se trouve systématiquement amélioré, devant le malaise des dirigeants du parti. Tout le monde a constaté que, pour se maintenir à sa place, le chef des dirigeants doit le mériter avec ses talents, son instruction......, comme Alvin Toffler a écrit : ''le pouvoir ne reste plus dans la violence mais il est évolué vers l'intelligence''. Il n'y a plus ni génie, ni saint pour soutenir les gens incapables, non talentueux à se placer au dessus des autres.De ce fait, les conflits actuels au sommet des dirigeants du PCV sont durs. Ils le sont encore plus, lorsque, outre la capacité et le talent de leader, d'autres éléments à caractère politique, géographique, économique, de stabilité sociale....interviennent, ce qui explique les tendances pro chinoise ou pro américaine, les tendances qui désirent stabiliser pour développer l'économie ou pour renforcer la dictature politique..., chaque tendance ayant certain pouvoir et force entre les mains.
Le PCV a perdu peu à peu sa capacité de distribution de pouvoir et privilège, car d'autres forces, comme l'armée, la police, le gouvernement en possèdent aussi de semblable. Les rivalités entre les différentes composantes dans la superstructure pour les dirigeants comme dans l'infrastructure du parti pour les cadres ont enlevé au PCV la capacité de diriger le pays par une politique commune: le parti se trouve actuellement confronté aux risques de désordres internes et sociaux. Actuellement, deux masses de communautés font face aux dirigeants du parti et l'inquiètent, ce sont la masse de la majorité des membres et celle de la majorité du peuple dans le pays et à l'étranger. Les actions de ces deux communautés peuvent être différentes, mais ils poursuivent le même but, celui d'affaiblir le régime et mettre fin à la dictature.
Les pressions provenant de la masse des membres du PartiDevant les condamnations, commentaires et critiques internationaux, beaucoup de dirigeants du parti et de l'état sont obligés de considérer la corruption comme un ''fléau national''; en dépit des expédients mis en uvre pour y remédier, elle est devenue une épidémie qui s'étend partout au lieu d'être jugulée.
Quels sont les mobiles qui poussent les cadres du parti et de l'état à dilapider les biens publics, à puiser dans les caisses de l'état? Certains journalistes étrangers disent que ''le bas salaire incite les fonctionnaires à voler''. Ceci n'est pas exact, car ils ne volent pas pour compenser l'insuffisance de salaire, mais ils ont profité de leur pouvoir pour s'enrichir. Ils ont commis des actes contre la conscience et la moralité humaine, d'une part, grâce aux encouragements de leurs supérieurs et d'autre part, pour des motifs cachés au fond de leur pensée: ''ils se font des réserves en prévision du pire'' parce qu'il savent que ce régime ne dure pas longtemps.
Ils ont observé plusieurs signes qui ne permettent pas de se tromper sur l'avenir du régime, comme: la faillite de la doctrine, l'effondrement du bloc communiste international, l'incapacité du groupe de dirigeants, le mécontentement du peuple, l'indifférence internationale, l'aspiration à la liberté et la démocratie dans le monde, la lutte sans relâche des forces démocratiques de plus en plus soutenue par les vietnamiens.....La perte de confiance des membres du parti arrive maintenant à son point culminant et s'ils restent encore liés au parti, c'est tout simplement à cause des intérêts matériels. Le jour où le parti n'est plus en mesure de les leur procurer, ils le quitteront sans regret.
Par ailleurs, il existe bon nombre d'autres membres, dissidents ou n'ayant pas de conditions pour le devenir et devant continuer à servir le système, qui, non seulement n'ont plus de confiance au parti, mais encore, par leurs attitudes et leurs actions, contribuent à l'affaiblissement du régime. Ils ont soit ouvertement soit discrètement combattu pour mettre un terme au régime et en édifier un autre, libre et démocratique. Hanoi les a estimés comme des ennemis plus redoutables que d'autres composantes qu'il avait l'habitude de qualifier de réactionnaires. La perte de confiance, comme les dissidences internes dans le parti l'ont obligé à prendre des mesures autres que la répression employée jusqu'à ce jour.
Les pressions venant de la grande majorité des vietnamiensDepuis des millénaires, la résistance à l'oppression a toujours été la tradition du peuple vietnamien. Durant plus de 60 ans passés, les vietnamiens ont reconnu qu'ils ont été exploités et trompés. Sous l'enseigne de la lutte pour l'indépendance, pour la libération du pays alors qu'il s'agit exactement d'une expansion de doctrine étrangère, le parti les a conduits aux deux guerres fratricides.
Au nom de la lutte pour le bien être et le bonheur du peuple et de la classe des travailleurs il a transformé le pays en champ de bataille, en camp de prisonniers. La politique d'isolement, d'internement moral comme corporel de l'homme a créé des conditions propices à la machine de propagande du parti pour qu'elle continue à tromper le peuple.
De nos jours, le parti n'a plus ni condition ni capacité pour utiliser les mêmes stratagèmes. Le peuple se montre de plus en plus mécontent par la faillite de la doctrine, par l'incapacité, la nature corrompue des cadres du PCV, par la répression sauvage du système communiste....La flamme de lutte de Quynh Luu, Ba Lang des années 50 reste allumée continuellement de façon latente pour devenir des points chauds prêts à provoquer de grandes incendies dans le nord et le sud du pays depuis 1975. Le soulèvement des agriculteurs de Thai Binh contre la surcharge d'impôts, la corruption des cadres depuis Avril 1997 et les mois suivants est un coup très dur pour le régime, du fait que les manifestants sont des habitants de cette région toujours connue comme le berceau de la révolution avant 1945, la 3ème région militaire forte et énergique pendant la guerre contre les Français, une région qui a fourni à ''l'oncle Hô'' tant de soldats, tant de troupes, tant de paddy et de riz, au prix de restriction de toutes sortes subies par le peuple, en nourriture comme en habillement. Ils se sont soulevés pour réclamer la justice et s'opposer aux brutales tromperies du parti.
Le régime n'a pas osé prendre de mesures irréfléchies, et a préféré d'observer un recul devant la force montante des paysans. Un fait exceptionnel à signaler: cet événement s'est produit alors qu'un régiment s'est installé dans la région avec son commandement campé dans le district de Quynh Phu même, pourtant les militaires sont restés indifférents devant les agissements des manifestants qui, poussés par la colère, ont incendié la maison du cadre corrompu et pris en otages des dizaines de policiers.....
Les récentes manifestations des fidèles catholiques de la région de Xuân Loc, province de Dong Nai constituent une autre menace grave pour le régime. Exaspérés par la politique d'oppression contre les religions et les religieux, de confiscation de terres diocésaines, les fidèles catholiques ont décidé de se sacrifier pour protéger leur croyance.
Depuis la lutte contre les confiscations de terre au village de Kim No, province de Quang Ninh, jusqu'aux points sensibles à Thanh Hoa, Nghe An se prolongeant jusqu'au delta du Mékong, partout, l'esprit des gens bouillonne de haines contre le régime, contre le parti. Il n'est point besoin de tant de points chauds pour que le groupe de dirigeants constate le danger. Il sait maintenant qu'il est en train de s'asseoir sur le dos du tigre ou sur une caisse d'explosifs. Ses moyens de répression employés dans le passé ne sont plus efficaces et peuvent avoir des effets néfastes contre lui.
Les pressions internationalesL'économie vietnamienne actuelle a besoin d'investissements, d'aides et de crédits. En vérité, les investisseurs étrangers arrivent au pays, comme Lee Kuan Yew de Singapore a dit aux dirigeants de Hanoi, ''non pas pour reconstruire le Vietnam mais pour y chercher des profits''. Pour sa survie, le parti doit suivre la voie de l'économie de marché, mais il s'efforce de traîner derrière lui le socialisme, en vue de maintenir sa position unique au sommet du pays.
Les hommes d'affaires étrangers ne font aucune attention à ce que le pays soit démocratique ou non, ce qui les intéresse, ce sont les conditions de sécurité, de stabilité leur permettant d'investir, de faire le commerce. Ces conditions n'existent seulement que dans une vraie démocratie, où leurs intérêts sont garantis par les lois, où ils ne sont pas victimes des cupidités et abus de pouvoir, où ils peuvent éviter les difficultés causées par les règlements contradictoires des différents échelons de l'administration, où ils ne sont pas forcés à verser des fonds dans les entreprises étatiques souvent en faillite à cause des vols commis par tout un lot de parasites du parti.
Dans les circonstances actuelles, c'est pour leurs intérêts que les investisseurs comme les organismes financiers internationaux posent le problème de démocratie au Vietnam. Cependant, il n'y a pas que des entrepreneurs et commerçants, il existe une multitude d'autres personnes sincères, de bonne volonté, épris de justice. Ayant déjà profité pleinement de la liberté et des droits de l'homme, ils ne veulent pas que d'autres personnes de ce monde en soient privées.
Une multitude de ces gens de biens ont élevé leurs voix dans une multitude de fois pour réclamer les droits de l'homme au Vietnam. Ils ont exercé des pressions sur les gouvernements, sur les organisations internationales aux fins de leur demander de poser le problème avec le groupe des dirigeants communistes de Hanoi. Ces pressions ne sont pas négligeables.
L'évolution vers le changement est un processus irréversibleDevant la grave division dans la superstructure du parti, devant la multiplication des factions entre les membres des échelons inférieurs, qui volent et raflent chacun de son côté, devant le précipice de la décadence économique, devant les pressions internationales de plus en plus intenses, le gouvernement de Hanoi ne peut résister à ouvrir plus largement la porte à l'accès de la liberté et de la démocratie. Il n'y a que des insensés qui déclarent que ''l'ouverture est déjà suffisante, quand on est rassasié on n'a plus besoin de manger''.
C'est cette tendance qui a causé de violentes discussions entre les dirigeants du Parti Communiste au plenum du Comité Central à Hanoi vers la fin de Décembre 1997. Ils se trouvent confrontés à un grand défi ayant trait non seulement à leurs ''uvres'', mais aussi à la destinée du parti. Le clan des conservateurs estime qu'une ouverture plus large pour
le peuple permet à ce dernier d'en demander encore plus, telle que la destitution du régime et, à ce moment, n'ayant plus de pouvoir, il sera à la merci des vengeances, du fait que le parti a causé tant de rancunes, de ''dettes de sang'' partout dans le pays. Tandis que le clan des ''progressistes'' plus instruits, raisonne que, si la dictature est maintenue comme par le passé, le peuple continuera sa lutte, et l'instabilité provoquera des difficultés au développement économique, les investisseurs quitteront le pays pour d'autres où ils trouveront plus de profit, l'économie du pays s'effondrera et la société ne connaîtra que des chaos. D'autant plus que la situation économique et financière du régime est en état d'alerte; opter pour un ''changement'' donne encore la chance de garder le pouvoir quoi qu'il faille accepter l'opposition ainsi que les commentaires ou critiques de la presse privée.
Le problème est que le processus de changement doit être un processus de vraie démocratisation, et non pas un changement de façade. Depuis une décennie, les dirigeants de Hanoi cherchent plusieurs prétextes pour retarder la démocratisation à cause de leur nature dictatoriale. A présent qu'ils se trouvent dans l'obligation de changer, c'est cette nature même qui les pousse à prendre des demi-mesures ayant un caractère de faveur accordée. Or, nul n'a le droit d'atteindre à la liberté humaine. Jusqu'ici, profitant de son pouvoir, le PCV l'a accaparée aux vietnamiens, il doit maintenant la leur rendre, il n'est donc plus question de faveur quelconque de la part du parti. Les mots ''démocratie'' et ''peuple'', ayant été abusés malhonnêtement par le parti ou employés comme enseigne trompeuse dans le passé, doivent être remis à leur juste place.
En se basant sur les vérités évidentes ci dessus, ne ouvant laisser au PCV le monopole de la voie de démocratisation, après de larges consultations des opinions des vietnamiens à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, l'Alliance Vietnam Liberté a publié le document ''Proposition de Démocratisation et de Développement du Vietnam'', un document qui met en valeur les aspirations des vietnamiens à l'intérieur et à l'extérieur du pays, qui préconise un processus de transition pacifique réaliste afin de mettre fin à la dictature, d'édifier un autre système vraiment démocratique, de créer un fondement stable et solide pour la reconstruction et modernisation du pays. Ce document lance aussi l'objectif d'apporter le bonheur, le bien être aux vietnamiens, de respecter les droits de l 'homme et du citoyen et de permettre à tous et à toutes de bénéficier des mêmes conditions pour que la société vietnamienne puisse se développer harmonieusement. Il respecte aussi les engagements internationaux et assure les bonnes conditions pour le développement économique et les relations commerciales avec l'étranger.
Conclusion Le document ''Proposition de Démocratisation et de Développement du Vietnam'' de l'Alliance Vietnam Liberté fait son apparition au moment où toute l'humanité est emportée dans un tourbillon mondial. Dans le cadre de cette tendance à la mondialisation, aucun pays ne peut rester isolé, aucun peuple ne peut rester misérable sous une administration dictatoriale à côté des pays démocratiques avancés et prospères. Chaque pays a des devoirs vis à vis de son peuple et des obligations à l'égard de la région entière et aussi du monde. S'il nous manque une solide démocratie pour rempart, notre pays deviendra une terre déserte, à la merci des forces capitalistes internationales qui l'exploitent à leur guise et notre peuple vivra éternellement une vie d'exploités.La situation actuelle dans le monde et dans notre pays présente des conditions favorables pour une transition à la démocratie dans la paix. Des difficultés économiques entraînant avec elles des chaos sociaux dans les régimes "forts"de la région font que Hanoi ne peut plus en aucun cas justifier le maintien de la dictature pour mieux développer l'économie. Notre peuple s'est soulevé à grande envergue dans différents endroits, en lutte contre le régime de Hanoi. L'opinion internationale est en train de faire pression sur ce régime en exigeant des réformes économiques, la réduction du secteur étatique. Cette occasion, les vietnamiens l'ont attendue depuis des décennies, afin de se libérer du joug dictatorial, de pouvoir respirer l'air libre et démocratique.
Tran Trong Nghia
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