Après l'arrestation de M. Ha Si Phu début Décembre 1995, le monde des écrivains, artistes et intellectuels a vivement réagi à travers les écrits, les déclarations... dont la teneur condamne les actes de violation des droits de libre pensée de la part des autorités communistes vietnamiennes. Les membres de l'Alliance Vietnam Liberté dans le pays viennent de nous transmettre un article écrit par Tieu Dao Bao Cu intitulé "Ha Si Phu, Symbole de l'Esprit et de Libre Pensée".
Tieu Dao Bao Cu, écrivain représentatif de la couche des intellectuels contestataires actuels au Viet Nam, s'appelle en réalité Bao Cu et habite à Da Lat comme Ha Si Phu. Le document repris textuellement ci-dessous par l'AVL montre l'indignation d'un intellectuel face à l'acte arrogant des dirigeants du parti communiste et reflète la ferme volonté d'un intellectuel vietnamien qui ne fléchit jamais sa plume devant le pouvoir despotique.
L'Alliance Vietnam Liberté vous le communique pour tout usage selon votre convenance.
HA SI PHU, SYMBOLE DE L'ESPRIT ET DE LIBRE PENSE
Ha Si Phu, intellectuel Nord vietnamien? Quel intellectuel? Qui est l'intellectuel? En devisant avec Ha Si Phu autour de la signification de ce pseudonyme, ses amis ont souvent donné plusieurs explications, mais il se borne à sourire sans confirmer. Cependant sous ce pseudonyme, il y a décidément un idéal et l'image d'un véritable intellectuel dans la tradition culturelle de l'Orient, un intellectuel qui désire user de son esprit et de ses talents pour servir la société et le pays.
Ha Si Phu Nguyen Xuan Tu débute au magazine Liangbiang et à l'Association des Ecrivains et Artistes de Lam Dong à Da Lat dès l'année 1988 avec de courts poèmes, sous le pseudonyme de Tu Xuan, des poèmes pleins d'amour et de satire avec un ton quelque peu classique d'un lettré. Ceci, qui est un peu étrange, amuse ses amis, étant donné qu'il est lui même un homme de science naturelle. Il est diplômé doctorat de biologie en Tchécoslovaquie et travaille à l'annexe à Da Lat de l'Institut de Science du Vietnam en qualité de sous directeur. Mais on l'a laissé à cette place sans lui donner les moyens de travailler à la suite de sa lutte contre les agissements non conformes à la science de la part des dirigeants de ce service. Il n'a pas pu exercer quoique dans ce domaine, où il est spécialiste, il a pu effectuer des travaux reconnus et appliqués dans de nombreux pays. Il s'est déjà efforcé de travailler à sa maison, mais comment aurait-t-il pu étudier avec efficacité du moment qu'il a dû monter la chambre sans microbes" sur le plafond de la toilette et placer les flacons d'expérimentation au chevet du lit, dans une maison sombre et étroite. Face à la vie difficile, son application scientifique s'est résumée dans la plantation de champignons et fabrication de bière à la solde d'un particulier. En plus, il l'a fallu aider sa femme dans le petit commerce. Parfois, je suis venu le voir juste au moment où il vend des bonbons aux enfants et j'éprouve quelque chose de risible et pénible à la fois de le voir rendre maladroitement la monnaie aux petits clients, embarrassé par le fait qu'il ignore le prix de la marchandise. Des fois, il lui arrive de faire des travaux de reliure des bouquins de romans pour les louer et de porter des nouilles pour aider sa femme à les vendre. L'impasse dans le domaine d'étude de la science naturelle l'a conduit à l'étude de la science sociale.
En septembre 1988, ses proches amis ont partagé avec lui les première réflexions de l'article "Main dans la main, marchons sous les panneaux de l'intelligence". Ce texte a été remanié et achevé ensuite pour diffusion entre amis. Avec un bref écrit bien condensé d'une dizaine de pages, il a concentré l'analyse sur la déraison du régime communiste, un régime qui se reconnaît éminent mais qui commet des actes les plus vils, en contradiction totale avec la publicité décrite dans la théorie. Il a conclu l'article en demandant de tourner les panneaux d'orientation du régime dans le sens inverse, appelant à marcher sous les panneaux de l'intelligence.
Quelle étrangeté! Dans une société où règne le monopole de pensée, de vérité, d'opinion, d'information et de presse, le texte de dix pages de Ha Si Phu ne peut être publié nulle part, et pourtant, il a été diffusé partout dans le pays, jusqu'au bureau politique du comité central du P.C.V., provoquant une grande agitation.
Immédiatement, les autorités ont lancé une campagne de critiques pour diffamer l'article et l'auteur. Pendant plus de deux ans, plus de 30 articles insérés dans toute sorte de journaux et magazines du gouvernement central et régional, y compris des livres, ont critiqué sévèrement l'article point par point. On a mobilisé bon nombre de théoriciens, commentateurs du régime, y compris le professeur Tran Duc Thao, pour faire le travail de répression. On en a encore parlé dans les réunions de cadres, on l'a communiqué dans les publications officielles des organismes, on l'a même inséré dans les documents préparatifs du 7ème Congrès du parti. L'écrivain est pareil à un boxeur aux mains liées à la merci d'un groupe d'adversaires qui lui donnent librement des coups.
Cependant, au fur et à mesure que le temps passe, les gens évoquent l'intitulé de l'article et son nom comme l'ombre d'un revenant menaçant le régime, même s'il existe certains d'entre eux qui n'ont jamais lu l'article, qui ne l'ont jamais connu. Pourtant, le 7ème Congrès a dû prendre le mot d'ordre "Intelligence, Démocratie, Renouveau, Union", l'intelligence occupe donc le premier rang et l'alliance "Ouvrier, Agriculteur, Intellectuel" a été officiellement reconnue.
D'autre part, des personnes d'esprit ouvert et de bonne volonté ont fait circuler rapidement l'article entre eux, même si, à cette période, la circulation et la reproduction des documents restent encore très difficiles. En dépit de sa brièveté, l'article a pesé lourd et crée un grand effet; il a secoué la conscience de beaucoup des personnes intéressées, notamment les intellectuels, y compris un grand nombre de partisans et particuliers. Dans son roman "Mariage sans acte de mariage", Ma Van Khang a doté la pensée d'un de ses personnages de la totalité du teneur de l'article.
Dans le roman "Regard vers le passé à mi chemin de la vie" (écrit entre 1988-1992), j'ai cité Ha Si Phu comme l'un des trois personnages ayant un pseudonyme ou un vrai nom dans mon ouvrage (les deux autres personnages sont l'écrivain Huu Loan et le professeur Nguyen Bat Tuy). J'espère que, si mon ouvrage a la chance d'être publié, le cas de Ha Si Phu et de deux autres sera enregistré et gardé longtemps dans la pensée du lecteur au cas où ce dernier reste prisonnier du régime.
En Avril 1991, le premier ennui qui lui arriva directement s'est produit lors de son voyage à Ha Noi pour rendre visite à Duong Thu Huong juste au moment où celle ci fut arrêtée et sa maison, perquisitionnée. Lui même fut arrêté et interpellé pendant dix jours de suite par un haut fonctionnaire du Ministère de l'Intérieur puis relâché. De retour à Da Lat, il fut l'objet d'une étroite surveillance de la part des policiers de la province de Lam Dong.
Heureusement, par hasard, l'article "Main dans la main, marchons sous les panneaux de l'intelligence" a pu sortir du pays, la première fois en Mai 1993, publié en France par le magazine Thong Luan puis repris par d'autres revues à l'étranger. Immédiatement, les lecteurs à l'étranger, notamment les intellectuels, y compris les étudiants vietnamiens dans les pays de l'Europe de l'Est, s'associèrent rapidement à son écrit. C'est ainsi que son nom commença à sortir hors de l'enceinte de la malveillance des autorités vietnamiennes pour être connu dans le monde. Reconnu par bon nombre d'amis et lecteurs de partout dans le monde, il continua à écrire "Quelques réflexions d'un citoyen" (Editeur Tin, Paris, publié en Automne 1993 avec reprise de l'article "Main dans la main... " et adjonction d'un nombre de sentences parallèles, de poèmes et de quelques brèves discussions politiques). "
La teneur des écrits de Ha Si Phu vise à critiquer la ligne de conduite du parti au pouvoir et à proposer une issue pour le Vietnam. Mais le point caractéristique de l'auteur est qu'il emploie les méthodes scientifiques et l'argumentation pour étudier jusqu'à la racine du problème, ce qu'il appelle "système de réflexions". Autrement dit, il pose le problème d'une façon radicale et totale. En partant de la science puis de la philosophie, mettant en comparaison l'Est et l'Ouest pour réfléchir à la substance humaine et sociale, aux lois de progression de l'humanité, il évalue le problème et met en évidence les erreurs fondamentales du socialisme scientifique" (Préface de l'Editeur Tin). Tout récemment, en Août 1995, l'auteur a publié l'article "Se séparer de l'idéologie" sous forme de manuscrit, exploitant à fond ses réflexions relatives aux problèmes posés dans les deux premiers articles.
"Selon ma connaissance...la substance des pensées de Marx-Lénine sur la société se rapporte à des pensées de féodalité et de renaissance additionnées avec l'illusion du communisme primitif (ou illusion d'esclavage) en pleine crise croissante de la civilisation industrielle. Le mouvement communiste, très légitime, a apparu comme une nécessité historique. Toutefois, il faut reconnaître que ce n'est qu'un échelon de l'échelle culturelle de bas niveau du processus de lutte interminable pour les droits de l'homme.
Pour chercher le moyen de sortir, il faut commencer par un regard culturel au niveau plus élevé. Avec un niveau culturel suffisant, nous ferons de cette idéologie un bon vestige à léguer. Sinon, avec l'insuffisance de niveau culturel, on se séparera de '' l'idéologie dans la haine, ou au contraire, on se retirera furtivement de l'histoire sans aucune déclaration comme un malin ou un grand escroc qui s'en va sans tambour ni trompette, laissant une dette à ce pays.
....Est-ce que, une fois reconnaître la tendance de l'époque et les aspirations du peuple, un parti communiste qui grandit à partir du mouvement populaire, en possession totale du pouvoir, peut-il, en faveur du peuple, abandonnera mascarade, délaisser officiellement le régime féodal monopartiste plein de privilèges et profits exceptionnels pour un système vraiment typique du caractère uni du peuple et du pluralisme démocratique? ...Que signifie le renouveau? ''Si ce n'est le réveil de tout un peuple qui se dépasse pour progresser? (Extrait de la Préface et de la conclusion de l'essai "Se séparer de l'idéologie".)
"Je suis heureux d'avoir, ensemble avec quelques amis les plus proches de Ha Si Phu à Da Lat, lu et contribué au manuscrit des écrits de Ha Si Phu au moment même où il les rédige. L'écrivain a une manière d'écrire très spéciale: Un style bref, précis et concis, détaillé et clair mais profond, parfois satirique jusqu'à la cruauté, de la façon typique de l'intellectuel au nord, ou des rois tout puissants, répandu en substance poétique. Ses écrits sur les discussions politiques sont très populaires.
Un fait plus important, c'est que sa pensée est indépendante, créatrice et absolue. Il interprète rationnellement tout problème avec la lumière de l'intelligence, la conscience d'un intellectuel légitime à la recherche de la vérité, rejetant tous préjugés et atavimes quelque soit leur origine.
Les écrits de Ha Si Phu trouvent de plus en plus d'échos provenant d'un grand nombre de lecteurs. Des lettres des personnes dans le pays et à l'étranger, qui lui sont inconnues et qui lui expriment leur sympathie et admiration, affluent à sa petite demeure n° 4E Bui Thi Xuan à Da Lat. Ses articles ont été continuellement repris dans les émissions radiophoniques et publiés dans la presse à l'étranger, rappelant son nom comme un intellectuel progressiste de premier rang. Cela semble insupportable pour les autorités du pays. Son nom est souvent montré dans les communications internes du parti relatives au problème de "l'évolution pacifique » et à un certain moment, a figuré au premier rang de la liste des personnes ayant des idées réactionnaires dangereuses.
A la fin de Novembre 1995, Ha Si Phu s'est rendu au Nord pour revoir son village natal et sa famille. La police l'a suivi de près pendant son séjour et l'a arrêté le 5/12/95 pour l'interner dans un endroit inconnu à ce jour. A 17h30 du 6/12/95, sur l'ordre de la police de Ha Noi, la police Lam Dong a procédé aux perquisitions de son domicile à Da Lat jusqu'à 4 heures du matin du 7/12/95, emportant plus de 3000 pages de documents personnels et un nombre de disquettes informatiques, bandes vidéo et cassettes. Sa femme, Mme Thanh Bien, a adressé à la police de Lam Dong une lettre de protestation. Quelques jours après, par l'intermédiaire de la police de Lam Dong, la police de Ha Noi l'informa officiellement que son mari fut arrêté pour "avoir accaparé les documents secrets de l'Etat".
Quelle plaisanterie! Ha Si Phu alias Nguyên Xuan Tu, un cadre scientifique de 55 ans à la retraite, souffrant de toute sorte de maladie, est capable d'accaparer quelque chose de secret appartenant à l'Etat socialiste puissant qui gouverne actuellement le Viet Nam.
Le contraire est bien clair: l'Etat est entrain d'accaparer la liberté du citoyen Ha Si Phu. Un fait insensé du régime du type qu'il a analysé dans son article "Main dans la main...", est entrain d'être démontré juste en sa personne même. L'Etat a-t-il voulu jouer sur le mot et lui jouer un mauvais tour?
Mme Thanh Bien, sa compagne, est digne de pitié. Tous les deux, de chaque côté, étaient mariés une fois sans enfant puis divorcés. Ils se sont rencontrés et remariés voilà dix ans, toujours sans enfant. Dans cette tristesse, ils se la partagent et se soignent avec affection et dévouement. Il a déjà peiné pour s'occuper d'elle quand elle a été opérée à Saigon par suite d'une grave maladie. Quant à elle, en bonne maîtresse de maison, elle s'applique à gérer un petit boutique et soigner les repas de son mari en créant toute sorte condition possible pour le soutenir dans son étude et sa rédaction des écrits, même elle sait bien que ce travail est dangereux. Des fois, elle l'a enfermé dans la maison en mettant un cadenas à la porte pour qu'il puisse écrire dans le calme sans être dérangé. Sa maison perquisitionnée, éveillée toue la nuit pour "travailler" avec plus de dix policiers, au petit matin, elle m'a informé de la situation par téléphone en larmoyant.
A présent, elle a fermé sa maison pour aller à Ha Noi chercher le moyen de voir son mari, mais après trois semaine de détention la police de Ha Noi a toujours refusé sa demande de visite. Elle m'a écrit en indiquant qu'elle se sentit très seule parce que tout autour d'elle tout le monde s'adonna aux affaires économiques, que, si elle devrait rester longtemps à la capitale, elle devra chercher un emploi salarié afin de créer des conditions lui permettant de visiter son mari et réclamer sa libération.
Dans le passé, en devisant avec ses amis sur sa femme et sa famille, Ha Si Phu a souvent plaisanté en citant une phrase dans le poème Kim Van Kieu: "En m'examinant, je me trouve avoir beaucoup de fautes mais peu de mérite", cela est aussi notre vrai état d'âme, car nous sommes considérés comme des gens qui "brisent une branche d'arbre pour soutenir le ciel" et qui ne rapportent à la famille que des inquiétudes et d'ennuis plutôt que la joie et le confort matériel comme tant d'autres hommes. Pour moi, comme évidemment pour beaucoup d'autres amis très chers de Ha Si Phu et même pour les personnes qui l'admirent, faire entendre son opinion sur l'arrestation de Ha Si Phu est un sentiment, une conscience, une responsabilité, même si on habite dans le pays, cela peut coûter cher.
Comment peut on garder le silence alors que la liberté de pensée, premier droit de liberté minimum de l'homme, est brutalement foulé aux pieds par un régime qui se vante de toute sorte de liberté?
Comment garder le silence alors que Ha Si Phu, un intellectuel légitime a été mis en prison tout simplement parce qu'il exprime sa pensée sur les problèmes fondamenteaux du pays et de l'époque , sans faire preuve d'aucune agressivité?
Les communistes se choisis l'Histoire pour remplir la mission de diriger la révolution, diriger le pays. En réalité, ils se sont emparés de ce droit dans une phase de l'Histoire et ont apporté des contributions déterminantes au pays (quoique certains ne reconnaissent pas celles ci). Toutefois, la détention de ce droit de direction n'est pas faite une fois pour toute pour durer éternellement. Les dirigeants doivent se mettre au niveau avec le pays et obtenir l'approbation de la majorité du peuple. Sinon, tôt ou tard, ceux qui n'ont pas de mérite seront éliminés. l'Histoire est juste et sévère. Tant de dynasties, de régimes ont connu grandeur et décadence avec le temps. Comment les communistes peuvent-ils toujours se souhaiter éternels ?
L'URSS, le berceau du régime communiste et pays puissant à la tête du système socialiste mondial, s'est effondrée,.complètement disloquée. En Union Siviétique, la majorité du peuple n'a plus accepté le régime communiste, pourquoi les communistes vietnamiens restent-ils toujours "plus royalistes que le roi", toujours s'efforçant de montrer l'orientation socialiste sans savoir comment est sa forme ?
Pourquoi, comme dit Ha Si Phu, les communistes qui ont déjà traversé le fleuve portent-ils toujours l'embarcation sur les épaules pour marcher, sans avoir le courage de déclarer la séparation avec l'idéologie, une idéologie venant de l'extérieur et qui apporte un certain nombre de contributions au pays dans une certaine étape, mais qui a aussi ravagé le pays jusqu'au bout ?
Les communistes veulent le monopole de la vérité, le monopole d'aimer la patrie, cela n'est pas possible. Tout un mécanisme d'information, de propagande, de presse puissant de tout un régime ne peut pas maîtriser les écrits de plus de 100 pages de Ha Si Phu et l'on doit utiliser même la violence des prisons.
La répression ne conduit pas à tout moment seulement à la peur, mais aussi elle crée des colères et des protestations. Gouverner par la peur n'est pas un moyen durable. Tous les régimes dictatorials de ce monde en ont fait l'expérience et ont tous échoué à la fin. Les communistes qui, dans une étape, ont lutté pour l'indépendance du peuple et la justice sociale doivent le savoir plus que tout autre.
Je crois que, parmi les communistes actuellement au pouvoir, il existe toujours certains qui ont une conscience, qui aiment sincèrement la patrie. Je crois que, parmi les intellectuels dans l'appareil du pouvoir, des artistes écrivains, journalistes du système littéraire et artistique, du système d'information et de presse du gouvernement, il existe toujours actuellement des gens qui veulent vraiment la liberté de création, de pensée, de parole, de presse et d'édition.
Ceux ci prendront la parole et exposeront leur attitude sur le cas de Ha Si Phu, parce que ce dernier est devenu le symbole d'intelligence et de liberté de pensée en cours d'enfouissement.
Quoique la patrie vietnamienne reste encore pauvre et arriérée, malgré l'époque de l'économie de marché, l'homme n'est décidément pas seulement un animal économique. Qu'on soit à l'Est ou à l'Ouest, avec n'importe quelle spécialité, un pays qui parle de respect des droits de l'homme mais ne respecte pas la liberté de pensée et les droits démocratiques du peuple, en réalité ne considère l'homme que comme un animal, à quoi bon de parler de stratégie de développement pour l'homme.
Ha Si Phu croit à la loi de l'Histoire et n'accepte par l'attitude de se mettre à côté ou de s'asseoir pour attendre. Il croit en l'homme et l'intelligence, c'est pourquoi il a accumulé toute son énergie et son ardeur dans ses écrits. Il pense que, élever la connaissance de la masse est un problème fondamental pour changer la situation pour un temps durable. Il s'engage mais ne fait pas de politique en professionnel.
Il ne fait que raisonner, exposer son opinion, analyser la situation d'une façon perspicace, tranchante et courageuse. Il propose des solutions, l'issue pour le pays et même pour le parti communiste au pouvoir, tout simplement parce qu'il est vraiment peiné et anxieux pour le sort du pays.
Ha Si Phu est le symbole de l'intelligence, de la liberté de pensée dans la nouvelle période du pays et de l'époque. Réprimer Ha Si Phu et ceux qui luttent pour la liberté et la démocratie apparaît comme un signe de dégénérescence en remontant en contre-courant de l'Histoire, et un signe d'affaiblissement d'un régime qui n'a plus de légitimité pour exister.
¨Da Lat fin 12.95
Tieu Dao Bao Cu
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