Vietnam Démocratie - Avril 1999 |
La table ronde " Les entraves à la liberté d'expression dans les régimes totalitaires", a été organisée par le Comité Français pour la Démocratie au Vietnam, présidée par le Sénateur Michel Pelchat, le 29 Mars 1999 au sénat, Palais de Luxembourg, avec la participation des intervenants suivants: Mme Marie Holzman de Solidarité Chine, M. U Aung Ko de Info-Birmanie, M. Denis Tillinac, journaliste au Figaro, M. Nguyen Chi Thien, poète, M. Pascal Fontaine, journaliste. Au cours de cette table ronde, des échanges riches et intéressants entre les orateurs et l'assistance ont étét portés sur la liberté d'expression, qui de par son importance capitale dans la diffusion de l'information et de la vérité constitue la première des libertés à conquérir par les peuples vivant sous le joug des dictatures communistes ou militaires. Actuellement la liberté d'expression est systématiquement bafouée, les personnes qui ont exprimé courageusement leur opinion sont condamnées à de très lourdes peines en Chine, à Cuba, en Birmanie, au Vietnam et dans les autres pays sous la dictature. Les dictatures communistes ou militaires pratiquent toujours un contrôle total sur les media et s'opposent à toute liberté d'expression pour laisser la population dans l'ignorance et pour mieux l'asservir.
Sur la question que peuvent faire les pays occidentaux pour soutenir les mouvements démocratiques, les orateurs ont exprimé que les milieux politiques des pays démocratiques en occident cèdent trop souvent devant les exigences des dictatures afin de préserver les échanges économiques et commerciaux. La presse dans les pays démocratiques n'a pas joué le rôle de défenseur vigilant des libertés d'expression, en passant sous silence la lutte courageuse des personnes dans les pays sous dictature. pour arriver à la conclusion que pour favoriser la liberté d'expression, les pays démocratiques doivent user de leur droit d'ingérence dans les relations avec les dictatures et l'émergence de nouveau moyen de communication permet de redonner l'espoir aux mouvements démocratiques de percer la chape de plomb qui s'est abattue sur ces pays.
Les participants de la table ronde appellent les gouvernements, les medias à user volontairement du droit d'ingérence pour défendre les libertés fondamentales et en premier lieu la liberté d'expression partout où elles sont menacées ou bafouées. Et de soutenir toute activité (universitaire, juridique, économique, syndicale, religieuse, éducatif, social...) favorisant l'émergence d'une vraie société civile pour préparer une alternance aux dictatures.
Division à l'intérieur du PCV
D'après les nouvelles Intelligence sur le magazine Far Eastern Economic Review du 1/4/99, les éléments conservateurs du Parti Communiste Vietnamien sont confrontés à une division grave à l'intérieur du parti. Une lettre longue de 7 pages dactylographiée circule actuellement dans les rangs des membres du Parti. Cette lettre avertit du danger de la scission parmi les dirigeants du PCV. Le contenu de cette lettre dénonce M. Vo Van Kiet, ancien Premier Ministre, architecte de la politique d'ouverture, d'être responsable de la faillite du système des entreprises étatiques. Cette lettre a extrait la déclaration de M. Nguyen Van Linh, feu ancien secrétaire général du PCV selon laquelle: "Si les camarades veulent lutter contre la corruption, il vous faut commencer par la famille de M. Vo Van Kiet ". Cette lettre anonyme est adressée à la fois à M. Le Kha Phieu, Secrétaire Général du PCV et M. Do Muoi et Le Duc Anh, tous deux conseillers auprès du Comité Central du Parti.
Dernière nouvelle concernant M. Nguyen Thanh Giang
Le Forum sur Internet "Message Bleu" a révélé selon une source digne de confiance à Hanoi que le docteur Nguyen Thanh Giang a commencé immédiatement une grève de faim, le 4 Mars 99, dès son arrestation par les autorités vietnamiennes. Selon lui, les accusations de port des documents réactionnaires ont été montées de toute pièce par Hanoi pour réduire au silence les opposants au régime.
Les autres opposants M. Tran Do, Hoang Minh Chinh, Nguyen Kien Giang, Vu Huy Cuong ... ont été informés par le directeur de sécurité de Hanoi qu'ils risquent des peines de prison pour avoir diffamé les dirigeants communistes et l'état. Les opposants ont adopté une attitude très ferme à l'égard de Hanoi et acceptent d'être arrêtés plutôt que de se résigner au silence. Après une semaine de grève, la santé de M. Giang s'est rapidement détériorée. Il a exigé qu'il soit jugé en public. Devant son intransigeance et face aux fortes pressions internationales, les autorités l'ont transféré d'un lieu de détention secret près de Ha Dong vers la résidence réservée aux invités du Ministère de l'Intérieur. Il a aussi exigé qu'il soit nourri par sa famille et refuse de prendre les repas de la prison. Les autorités ont dû céder .
D'après cette même source, certains dirigeants communistes ont exprimé leurs divergences sur l'arrestation de M. Giang, d'après eux, cette décision est un acte irréfléchi qui peut engendrer des conséquences néfastes sur le cycle de négociation américano - vietnamienne sur les accords économiques et sur l'octroi du statut de la nation la plus favorisée.
Une sacrifice de Mme Aung San Suu Kyi
Le mari de Mme Aung San Suu Kyi, dirigeant du mouvement démocratique en Birmanie est mort le 27 Mars, à 53 ans, à Oxford en Angleterre, sans la présence de son épouse.
Mme Suu Kyi a peur de ne plus retourner en Birmanie une fois effectuée le voyage en Angleterre pour se rendre au chevet de son mari mourant. En effet la junte militaire a fait clairement comprendre à Mme Suu Kyi qu'elle peut se rendre en Angleterre sans lui offrir la garantie qu'elle puisse retourner dans le pays après.
La junte militaire a toujours refusé d'accorder le visa d'entrer en Birmanie à M. Michael Aris, en dépit des interventions insistantes des gouvernements occidentaux, du Secrétaire des Nations Unies, du Japon, du Brunei, de la Malaisie et du Singapour.
Communiqué de la Commision sur les Droits de l'Homme de l'Académie de Sciences de New York
Cette année marque le 10 ème anniversaire du mouvement démocratique de 1989 en Chine et le soulèvement du 4 Juin à Tian Anmen. L'Académie de Sciences de New York a décidé de se joindre à la campagne de pétition globale.
La pétition appelle le gouvernement chinois à
1) Réévaluer la position officielle concernant le mouvement pour la démocratie de 1989 en Chine
2) Libérer tous les prisonniers politiques
3) Respecter les traités internationaux sur les droits de l'homme
Si vous désireriez de vous joindre à la campagne, veuillez signer sur Internet à l'URL:
http://www.nyas.org/humanrts.htm
Vous apportez par votre signature une contribution à un souhait collectif général pour le respect des droits de l'homme et pour une Chine démocratique.
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