Vietnam Démocratie - Mai 1998 |
(Hanoi, AFP, 22.4.98) - Le Vietnam doit payer cher pour devenir membre de lOMC et les pourparlers sont très difficiles, cest lavertissement du chef de la délégation de lUnion Européenne, en visite au Vietnam.
A Hanoi ce jour, M. Fakinbert a déclaré à la presse que lUnion Européenne, en possession dun programme de coopération et dassistance au Vietnam afin quil puisse adhérer à lOMC, attend de sa part des engagements précis sur les taxes douanières, des lois et règlements commerciaux clairs et nets, ainsi que des réformes en matière de régime monétaire.
Depuis 1995, le Vietnam a présenté sa demande dadhésion à cette organisation internationale, mais son dossier a provoqué 2.000 questions auxquelles il doit répondre. Des pourparlers auront lieu en Juin prochain à Genève.
Difficultés pour le Vietnam de réaliser les critères économiques prévus pour 1998.(Hanoi - AFP, 22.04.98) Le Vietnam arrivera difficilement à atteindre les critères fixés pour 1998, à cause essentiellement de linfluence de la crise asiatique. Depuis ces derniers mois, les économistes étrangers constatent quil sera difficile pour ce pays dobtenir une croissance économique de 9%, alors que le Fond Monétaire International (FMI) ne lévalue quà 5%.
Dans un rapport du gouvernement pour lannée 1998 lu devant lAssemblée Nationale vietnamienne à louverture de sa réunion du 21 Avril, le vice premier ministre responsable de léconomie Nguyen Tan Dung na fait aucune allusion à la croissance de 9% prévue pour 1998, ce qui amène les observateurs à penser que Hanoi a annulé ce critère officiel.
Apparemment, les dirigeants vietnamiens ont accepté des prévisions économiques pour 1997 plus faibles que celles fixées initialement, cest à dire 8,8% au lieu de 9%.
Suivant le vice premier ministre, ce fait est dû aux conséquences de la crise économique en Asie qui agissent sur les catégories de marchandises exportées par le Vietnam, particulièrement les produits stratégiques tels que le pétrole, le riz, le café et le caoutchouc.
Au cours des quatre premiers mois de cette année, on a enregistré des baisses de prix de 21% pour le pétrole brut, de 42,5% pour le caoutchouc, de 13,8% pour le riz, en comparaison avec la même période de lannée précédente. Il a en outre indiqué que cette même crise asiatique a provoqué une baisse sensible dinvestissements étrangers doù résulte une forte montée du chômage.
Le rapport sur le premier trimestre du vice premier ministre a montré que le nombre de travailleurs licenciés par les sociétés en joint venture avec létranger et les entreprises étatiques a atteint un degré record. Le 12 Avril, lagence de presse gouvernementale a annoncé que plusieurs entreprises détat sont obligées de procéder à des licencements en série: 18% de leurs salariés.
Par ailleurs, M. Nguyen Tan Dung a aussi prévu de fortes conséquences de la crise sur les secteurs clés comme lélectronique, le mécanique, le transport aérien touristique et les télécommunications. Il a reconnu les faiblesses du système financier, du niveau dépargne intérieure, les pertes du secteur étatique, les gaspillages des biens détat.
Outre limpuissance du régime devant la gangrène de la corruption, les diverses politiques de létat sont incapables de mobiliser la capacité potentielle du pays.
Le PC vietnamien contesté de l'intérieur.Selon le quotidien Libération du 14/3/1998, "Des intellectuels appellent le parti à se réformer pour survivre. A Hanoi, le débat sur une réforme politique s'amplifie. Le Parti communiste Vietnamien (PCV) est confronté aujourd'hui à des critiques sans précédent émanant d'intellectuels proches du Parti qui demandent une ouverture non plus seulement économique, mais aussi politique.
Dans une lettre circulant depuis un mois au sein du PCV, obtenue hier par lAFP, Nguyen Thanh Giang, un géophysicien d'une soixantaine d'années appelle la direction communiste à "une vraie démocratie, dont les gens en haut comme en bas pourraient bénéficier de manière équitable", mais "pour mettre en place une démocratisation il faut réformer en profondeur le PCV et restaurer avec courage et prudence le pluralisme et le multipartisme au Viet-nam", écrit-il.
Les cadres du parti, "promus, subventionnés et protégés par la dictature prolétarienne", mènent "une vie matérielle plus heureuse non seulement que les mandarins d'autrefois, mais aussi que celle des capitalistes des pays industrialisés", poursuit le géophysicien, dénonçant la corruption qui gangrène aujourdhui tous les échelons du PCV.
Les critiques sont unanimes pour signaler trois plaies principales: la corruption généralisée, le régime dictatorial, les carences graves du système d'éducation.
Récemment, un autre scientifique connu, le mathématicien Phan Dinh Dieu, avait également appelé, lors d'un discours devant une organisation de masse du PCV à une libéralisation du système politique.
Dans une lettre qu'il a adressée aux hauts dirigeants du régime, le général Tran Do, 74 ans, vétéran auréolé de prestige et membre de longue date du Parti, a déclaré ouvertement que le PCV court à sa perte sil ne se réforme pas. Pour les contestataires au sein du Parti, tels que le général Tran Do, qui demeurent encore profondément communistes, la survie du PCV passe par des réformes politiques radicales avec lintroduction du multipartisme. Selon leur calcul, si le Parti parvient à se réformer, il conserverait sa place dominante dans un système démocratique.
Dix ans après son adoption par le régime, la politique de l'ouverture économique, appelée dôi moi, est à bout de souffle sans réformes administrative et politique. La bureaucratie communiste décourage les investissements étrangers (ils ont chuté de 50% en 1997 par rapport à l'année précédente).
L'année dernière, dénonçant la corruption des cadres locaux, des milliers de paysans se sont révoltés dans la province de Thai Binh, un ancien "fief révolutionnaire" à 80 kilomètres de Hanoi, et dans la province de Dong Nai, à proximité de Saigon.
Pour l'heure, l'inertie de la "troïka" dirigeante - le Secrétaire Général du parti, le général Lê Kha Phieu, le Chef de l'Etat Trân Duc Luong et le Premier Ministre Phan Van Khai - paralyse toute tentative de poursuite des réformes, qu'elles soient économiques ou politiques, s'accordent à dire tous les observateurs.
En réponse aux critiques des intellectuels, le quotidien officiel du PCV, le Nhân Dân ("le Peuple"), a publié cette semaine des lettres de prétendus lecteurs expliquant que le Vietnam, étant déjà une " démocratie socialiste", n'a nul besoin de réformes politiques...
De nombreuses entreprises étrangères en grandes difficultésUn cinquième des projets de compagnies étrangères implantées à Saigon est confronté à des difficultés financières, a rapporté hier Vietnam Economic Times. Sur 165 projets dinvestissement étrangers opérant dans lancienne Saigon en dehors des zones industrielles, 33 enregistrent de lourdes pertes tandis que 53 autres font des profits.
Le géant américain Procter and Gamble (produits de consommation) a perdu plus de 30 millions de dollars depuis son entrée en opération en 1995, tandis que Coca Cola (boissons) est dans le rouge depuis son démarrage en 1994.
Les investissements étrangers dans limmobilier et l'hôtellerie souffrent aussi, en raison d'une offre excessive par rapport à la demande dans la métropole. Enfin, de nombreux joint-ventures à capitaux étrangers axés sur lexportation ont obtenu des résultats très décevants. Sur 22 joint-ventures étudiés, 17 n'ont pas réussi leurs quotas dexportation.
Bilan de 10 ans de la politique de " renouveau "(Mutations asiatiques 1-1998)". La société basée à Hong Kong Political & Economical Risk Consultancy a placé en Mars le Vietnam au premier rang des pays à risque sur une liste de douze pays asiatiques. Comme l'a indiqué la Banque Mondiale, il s'agit dorénavant dattaquer les fondamentaux de léconomie, comme la réforme des entreprises publiques. une meilleure transparence des procédures d'investissement et surtout la refonte du système bancaire, dont les carences ont été récemment mises à jour par la défaillance d'un nombre considérable de banques privées.
En filigrane de toutes ces réformes transparaît la volonté de favoriser le développement du secteur privé au Vietnam, passage obligé de sa transition d'une économie centralisée à une économie de " socialisme de marché ", à l'instar de son grand voisin chinois.
Un secteur privé né sous la contrainte.
Mais il semblerait que le Parti Communiste Vietnamien ait adopté une ligne de conduite située à l'opposé de ces recommandations en affirmant, lors de son VIIl' congrès, que le secteur public devait demeurer la locomotive de l'expansion économique du pays, et que la part du secteur public dans le PNB devait croître, de 40 % à l'heure actuelle, à 60 % d'ici 25 ans.
Paradoxalement, c'est le gouvernement vietnamien lui-même qui a favorisé, dès 1986, devant le constat de son échec de collectivisation de l'économie vietnamienne. l'émergence du secteur privé en reconnaissant officiellement son existence, amorçant ainsi un changement de cap radical dans la politique du Parti Communiste Vietnamien.
Pourtant, si le peuple vietnamien a réussi à traverser l'épreuve des collectivisations forcées de l'aprés-1975, notamment au regard de son dynamisme démographique. c'est bel et bien grâce à l'existence d'un secteur informel si dynamique qu'il est devenu vital pour sa survie.
Ainsi la croissance du PIB vietnamien ces dix dernières années est-elle dûe en grande partie au dynamisme du secteur privé, qui a par ailleurs été responsable de la quasi-totalité des créations d'emplois durant la même période.
Le secteur privé est donc né sous la contrainte, non sous la houlette de réformateurs zélés acquis à la cause du " socialisme de marché ". De ce fait, dénué de cadre institutionnel clair et précis, il éprouve les plus grandes difficultés à évoluer dans un environnement théoriquement hostile à l'initiative privée et au marché.
Les procédures administratives pour l'établissement d'une entreprise privée sont d'une complexité déconcertante. Ladministration dispose d'une grande latitude pour évaluer les candidatures des entrepreneurs vietnamiens, et ces derniers doivent fournir une quantité de documents et de notifications souvent longues à obtenir et parfois redondantes qui sont autant de freins à la création d'entreprises.
Laccès difficile aux terrains constitue un autre obstacle dans le développement des entreprises privées au Vietnam.
Le décret 18/CP du 13 Février 1995 stipule en effet que les droits locatifs des terrains ne peuvent s'exercer que sur une base de moyen terme et non plus de long terme comme c'était le cas auparavant.
Cette disposition a pour conséquence d'empêcher les entreprises privées vietnamiennes d'apporter les terrains en leur possession en guise de participation au capital d'une joint venture, la forme la plus courante d'investissement au Vietnam. Alors qu'elles souffraient d'un manque cruel de capitaux, ces terrains constituaient pourtant souvent leur seul et unique actif...
Les entreprises privées entrent en effet en concurrence avec les entreprises publiques, qui se doivent d'être le fer de lance de léconomie vietnamienne et auxquelles les banques vietnamiennes préfèrent prêter, soit parce qu'elles présentent de meilleures garanties - celles de l'Etat - soit parce qu'elles en ont reçu l'ordre: de nombreux prêts sont en réalité accordés pour renflouer des entreprises publiques en situation déficitaire, souvent politiquement très influentes, en dépit des pratiques bancaires les plus basiques.
Par ailleurs, les banques privées, dont le nombre a cru de manière impressionnante au cours des dix dernières années, sont loin de constituer un recours fiable: plus de 50 d'entre elles ont récemment fait défaut à leurs créditeurs internationaux, et le montant phénoménal de leurs créances douteuses, estimé à 24 milliards de US Dollars fin 1995, soit l'équivalent du PIB national, ne fait qu'aggraver une situation devenue déjà inquiétante.
Toutes ces entraves à la constitution d'un secteur privé sain où règnent la transparence et la libre concurrence sont autant de menaces pour le développement économique du Vietnam.
Mais comment s'étonner face à la volonté du gouvernement vietnamien de faire des entreprises d'Etat le principal véhicule de la croissance?
Le Vietnam devra se passer pour quelque temps encore d'entrepreneurs (issus de la diaspora ou autochtones), en mal de conglomérats familiaux. Mieux vaut encore, dans ce cas de figure, appartenir au groupe en plein essor des "capitalistes rouges", anciens cadres du Parti reconvertis dans les affaires.
Cette résistance au changement est en réalité révélatrice du dilemme auquel doivent faire face les dirigeants vietnamiens réussir à concilier économie centralisée et économie de marché, dogme idéologique et développement économique.
Le gouvernement vietnamien n'est pas prêt à sacrifier son autorité toute puissante sur l'autel de la réussite économique selon un modèle emprunté au capitalisme, comme le montre la nomination de Lê Kha Phiêu au secrétariat général du parti ; force est néanmoins de constater que sa marge de manoeuvre largement tributaire de l'assistance internationale et des investissements étrangers ne lui laisse guère le choix, sinon de parvenir à enrichir les théories sur la transition d'une économie administrée à une économie de marché.
Peut-être ladhésion du Vietnam à l'ASEAN, effective depuis l'année dernière, donnera-t-elle l'envie aux dirigeants vietnamiens d'imiter le modèle de développement économique des voisins malais ou singapouriens.
Le sabre du Parti (Réforme 8-1-98).Si l'on excepte l'immense Chine, le communisme dans sa forme étatique subsiste seulement en de rares pays. Ainsi au Vietnam, où le régime vient de se doter d'un nouveau secrétaire général du Parti. Lê Kha Phiêu est désormais le numéro un. Ce général, peu au fait des problèmes économiques, passe pour un dogmatique. Voilà qui est peu encourageant pour faire face à une situation préoccupante.
Selon l'Unicef, 40 % des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition; et la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.
Quant aux libertés, elles sont purement et simplement étranglées. Selon la Fédération Internationale des Droits de l'Homme, six millions de personnes, dont beaucoup appartiennent à des minorités ethniques, ont été déplacées de force. La pratique religieuse est encadrée. Des milliers de catholiques du Sud ont manifesté pour protester contre la réquisitions de terrains appartenant à leurs diocèses. Cela au moment où se tient un congrès des catholiques vietnamiens... sous haute surveillance.
Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'au Viêt-nam on ne parle pas d'alliance entre le sabre et le goupillon. Seul le sabre fait la loi.
Le Dong vietnamien dévalué.Selon le Figaro du 17/2/98, la banque centrale vietnamienne a procédé à une dévaluation de 5,29 % du dong. Mais la mesure a été aussitôt qualifiée de tardive et insuffisante par de nombreux banquiers étrangers.
Cette dévaluation intervient en effet alors que les analystes étrangers pariaient depuis des mois sur une dévaluation du dong, que les chutes des monnaies en Asie du Sud-Est avaient rendu très largement surévalué.
Jusqu'à présent les autorités avaient toutefois résisté à la pression du marché alors que l'écart entre le taux officiel du dong et celui du marché noir ne cessait de se creuser, préférant écarter une dévaluation qui éroderait encore le pouvoir d'achat des paysans et alourdirait le service de la dette.
La banque centrale a fixé le nouveau taux central du dong à 11800 dongs pour un dollar contre 11175 vendredi dernier. Le dong est une monnaie non convertible dont la banque centrale détermine le taux chaque jour.
Le dong est désormais officiellement autorisé à fluctuer dans une bande de 10 % de part et d'autre du taux de 11800 dongs pour un dollar, oe qui permet aux banques de vendre du dollar jusqu'à une limite supérieure de 12 980 dongs pour un dollar, contre 12 293.
Mais de nombreux analystes ont estimé que cette dévaluation ne serait pas suffisante pour restaurer la compétitivité du Vietnam à la fois pour ses exportations et les investissements étrangers.
Plus de la moitié des 6000 entreprises étatiques sont dans le rougeSelon des statistiques du Ministère des Finances publiées hier par le quotidien Vietnam News. Toutes les entreprises étatiques vietnamiennes ont souffert d'une grave pénurie de liquidités durant les douze derniers mois, et beaucoup d'entre elles ont un endettement représentant plus de deux fois leur capital, selon le journal.
Ces entreprises, héritage d'une économie planifiée ont de grandes difficultés à s'adapter à la transition vers une économie de marcbé, en dépit du système de protection dont elles bénéficie toujours.
Quatre Prix Nobel de la Paix et de la Médecine ont adressé une lettre à Hanoi demandant la libération des dirigeants religieuxSelon un communiqué du Comité de Défense des Droits de l'Homme au Vietnam dont le siège se trouve à Paris, le 8/5/98, trois Prix Nobel de la Paix: Sa Sainteté le Dalailama, M. José Ramos Orta, de Timor Orientale, Madame Merrot Maigir, Irlandaise, et le professeur François Jacob, Prix Nobel de la Médecine ont signé une lettre commune envoyée aux dirigeants du Parti Communiste Vietnamien leur demandant la libération totale et inconditionnelle des dirigeants religieux de l'Eglise Bouddhique Unifiée du Vietnam (EBUVN).
Ces personnalités ont cité dans la lettre, le nom des vénérables Thich Huyen Quang, Thich Quang Do, Thich Tue Si, Thich Tri Tuu, Thich Khong Tanh, Thich Nhat Ban.
D'après les quatre personnalités, les dirigeants bouddhistes de l'EBUVN ont été emprisonnés pour avoir milité pacifiquement pour les droits de l'homme ou organisé des secours aux victimes des inondations. D'après la lettre, la détention de ces dirigeants constitue une violation flagrante des droits de l'homme et a des conséquences néfastes pour l'avenir du Vietnam.
D'après les nouvelles du Bureau de l'EBUVN aux Etats Unis, la cérémonie de commémoration l'anniversaire de la naissance de Bouddha a rassemblé plus de 25.000 vietnamiens en Californie. L'un des objectifs de grand rassemblement est de réclamer la libération des dirigeants de l'EBUVN par Hanoi.
Mobilisation des communautés vietnamiennes pour le maintien de la loi Jackson-VanikD'après un communiqué du Comité pour le Maintien de la Loi Jackson-Vanik, le 11/5/98 les délégations des communautés vietnamiennes aux Etats Unis ont eu 24 entretiens avec les représentants et sénateurs américains pendant la première journée de mobilisation.
Les délégations ont été en outre reçues par M. Allen Kregko, conseiller spécial du Secrétaire d'Etat Adjoint Julie Staff du Département d'Etat, le Sénateur Phil Gramm du Parti Républicain, le réprésentant Dick Armey de Texas, leader du groupe républicain à la Chambre des Représentants. Pendant le même jour, les membres des délégations ont participé à la Journée des Droits de l'Homme au Vietnam, organisée par le Sénat.
Pendant les 12-13/5/98, les délégations ont été reçues par 5 sénateurs et 13 représentants. Elles ont eu un entretien avec MM Scott Busby et Eric Schwartz, Directeur des Affaires de l'Asie au Conseil de Sécurité Nationale et M. Stanley Roth, Secrétaire d'Etat Adjoint chargé des Affaires de l'Asie Pacifique.
Le but de ces entretiens est de sensibiliser et mobiliser le vote des membres du Congrès contre la décision du Président Clinton de lever la loi Jackson-Vanik pour le Vietnam et de soutenir la résolution HR 2431 contre les violations des libertés religieuses ainsi que les résolutions HR 3158 et HR 3159 visant à annuler la décision présidentielle et d'interdire la levée de cette loi tant que les autorités Communistes vietnamiennes ne respectent pas les droits de l'homme, le droit d'émigration et tant qu'il n'y ait pas de progrès significatifs dans la démocratisation du Vietnam.
Ces projets de résolution ont tous pour but de recommander le gouvernement des Etats Unis de lier l'octroi des intérêts économiques aux problèmes des droits de l'homme et à la démocratisation du Vietnam
Dans une réunion avec le Département d'Etat du 11/5/98, les responsables du programmes ROVR, programme destiné à la réinstallation des personnes, ont reconnu que les autorités communistes du Vietnam ont suspendu la coopération avec le côté US dès que le Président Clinton a levé l'application de la loi Jackson-Vanik en Mars dernier.
Au 4/5/98, il reste environ 4.000 dossiers qui n'ont pas été pris en compte par Hanoi sur les 18.000 cas présentés par les Etats Unis. Plusieurs représentants ont exprimé leur désaccord avec la décision présidentielle et souhaitent faire toute la lumière sur le retard du programme ROVR dû à la non coopération de Hanoi, suite à la dénonciation de cette attitude de non respect des engagements de Hanoi par les communautés vietnamiennes
Le 12/5/98, les délégations ont rencontré le réprésentant Ed Royce de Californie qui a présenté le projet de loi HR 3159 qui vise à annuler la décision de lever la loi JV et le représentant Frank Wolf de Virgine qui est l'auteur du projet de loi HR 2431 pour la défense des libertés religieuses.
Les délégations ont été aussi reçues par le représentant Floyd Spence, Président du Conseil de Sécurité Nationale, le représentant Chris Cox (président de la Commission des Politiques du groupe républicain).
Un auditeur de Erst &Young détenu pour avoir violé les "secrets d'Etat"(Hanoi-Reuter). Hanoi vient de libérer un auditeur du cabinet d'audit international Erst & Yuong qui a été détenu pendant plus de deux mois. Selon le directeur général d'Erst & Yuong, M. Bui Quang Huy, d'origine vietnamienne a été libéré le 12/5/1998. M. Huy a été arrêté par les forces de sécurité de Hanoi le 6/3/98 pour avoir détenu des secrets d'état. En fait les secrets d'état étaient simplement un document interne qui mentionne les détails concernant les créances douteuses des banques vietnamiennes.
Adoption par la Chambre des Représentants des Etats Unis de la résolution contre les persécutions religieuses.Washington Post 15/5/1998. Les forces conservatrices ont enregistré une victoire majeure au Congrès avec l'adoption par la Chambre des Représentants à une majorité écrasante d'un projet de résolution qui impose des sanctions des Etats Unis aux gouvernements étrangers qui violent les libertés religieuses.
La Chambre des Représentants a adopté par 375 voix pour contre 41 la résolution contre les persécutions religieuses et lance un défi ainsi à la communauté des affaires et à l'administration Clinton. Selon cette résolution, une série de critères de mesures sera établie et le Département d'Etat sera chargé de surveiller son application. Selon le représentant Frank Wolf qui est co-auteur de cette résolution avec le représentant Christopher Smith "La liberté n'est pas un droit inaliénable que pour certains individus". Les officiels de la Maison Blanche ont recommandé au Président d'utiliser le droit de veto contre cette résolution. Le Sénat examinera une résolution semblable vers la fin de cette année.
Le représentant du groupe Républicain Richard Armey a soulevé la question "Si vous m'enlevez le droit à mes convictions religieuses, alors que seront les autres libertés par rapport à cette privation".
La résolution contre la persécution religieuse agit sur deux niveaux. Le premier niveau concerne les membres du gouvernements ou agences gouvernementales qui sont impliqués dans ces persécutions et le deuxième niveau concerne les gouvernements qui ont la possibilité d'intervenir pour mettre un terme à ces perséctions mais qui refusent de le faire.
Une fois que le Département d'Etat a pu mettre en évidence de telle violation, la résolution impose un embargo sur tout matériel qui peut contribuer ou être utilisé pour les persécutions dans ces pays, interdit tout export de produits aux agences gouvernementales directement impliquées. La résolution interdit aussi toute aide à l'exception des aides humanitaires envers les pays responsables des persécutions.
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