Dans le projet de rapport politique en préparation pour le 8ème congrès du PCV, prévu en Juin 1996, les dirigeants du PCV ont avancé des objectifs pour le plan quinquennal 1996-2000 concernant le taux de croissance du PIB, de l'agriculture, de l'industrie, du commerce extérieur et des investìssements. Des chiffres sur les conditions de vie, sur l'emploi, le niveau de l'éducation et des soins médicaux ont été publiés, reflétant un optimisme vraisemblablement exagéré: des taux de chômage inférieur à 5% dans les zones urbaines, l'emploi à plein temps pour 80% de la main d'oeuvre dans les zones rurales, la création de 1,3 à 1,4 millions d'emploi nouveau, la diminution du nombre de familles pauvres dans les zones rurales à un taux inférieur à 10%, le taux de malnutrition infantile inférieur à 30%, le taux de croissance du revenu par habitant doublé...L'examen de certaines réalités provenant de différentes sources suffisent à nous en convaincre que ces chiffres reflètent plutôt de la propagande que d'une préoccupation de la part des dirigeants du PCV pour le développement du pays.
D'après un rapport officiel, présenté par M. Le Xuan Trinh, chef de cabinet du gouvernement, le Vietnam va mettre en place un programme prioritaire visant à réduire la pauvreté dans les 5 prochaines années. Le gouvernement va s'efforcer de venir en aide aux 600.000 familles qui souffrent de malnutrition chronique et de réduire à 10% le taux des familles pauvres vers l'an 2000. Il a annoncé 6 mesures parmi lesquelles figurent la location à prix modéré des terres cultivables, les emprunts avec de faibles taux d'intérêt, l'aide technique et la formation. Pour des régions montagneuses d'accès dìfficiles, l'état va prendre en charge la réalisation des infrastructures routìères, électriques, scolaires et médicales dans le but d'améliorer les conditions de vie. Pourtant les réalités sont en contradiction totale avec les "bonnes intentions" du Parti.
D'après le quotidien Saigon Times Daily, la ville de Saigon regorge de personnes qui fuient la pauvreté dans les régions rurales. Ils y arrivent avec un rythme de 20.000 par jour et actuellement plus de 500.000 personnes vivent sans carte alimentaire, c'est à dire illégalement alors que le taux de chômage y avoisine les 30%. Des dizaines de milliers d'autres abandonnent les régions au centre pour les Hauts Plateaux, à la recherche des pierres précieuses, ou de l'or pour survivre. De nombreux accrochages violents ont eu lieu entre ces immigrants avec l'armée. Au Sud, d'après l'institut de statistique de Dong Nai, 10.000 familles ont émigré des provinces au Nord pour venir s'y implanter illégalement. Les conditions de vie de ces personnes à la recherche de n'importe quel travail restent très précaires. Sans aucune ressource, la plupart vivent dans des cabanes en bambou, les enfants ne sont pas scolarisés et soufffrent de malnutrition. 21% des 60.000 familles de la province de Dong Nai doivent vivre de petits boulots précaires. 30.000 familles n'ont pas de terres pour cultiver. La vie précaire a des influences néfastes sur la santé des enfants. D'après une étude de l'institut de nutrition infantile à Saigon, le taux de malnutrition des enfants moins de 5 ans est de 28,5% à Saigon. Plus la famille est nombreuse plus les enfants sont mal nourris, le taux atteint 40% pour les familles avec 4 enfants...
Alors que la vie des gens démunis semble être de plus en plus difficile, les autorités vietnamiennes viennent d'annoncer une augmentation de 900% le tarif des frais hospitaliers. D'après le ministre de la Santé Do Nguyen Phuong, le forfait journalier va passer de 1 US Dollar à de 9 à 18 US Dollars, dans le but de réequilibrer les comptes de fonctionnement des hôpitaux, alors que le revenu annuel des vietnamiens ne dépasse guère les 300 US Dollars par an. Devant la situation de quasi abandon de la part de l'état et un traitement de misère, le personnel du secteur médical doit souvent réserver les soins à des personnes nanties, cadres du parti ou membres de leurs familles pour pouvoir survivre./.