A ctuellement, une conception relativement universelle dans le monde des échanges commerciaux est de s'occuper tranquillement des affaires sans se soucier des problèmes de la politique et des droits de l'homme. On observe cette position non seulement parmi les hommes d'affaires vietnamiens mais encore chez les investisseurs étrangers. Or, il y a des faits réels qui se sont passés au Viet Nam et dont ces milieux ne se sont pas rendus compte, peut être à cause de leur habitude de vivre dans une société de droit.
En effet, il n'y a pas que les organisations de lutte pour les droits de l'homme qui exigent que les intérêts économiques réservés au gouvernement vietnamien tel que le statut de la nation la plus favorisée doivent être accompagnés du respect des droits de l'homme, mais même les investisseurs étrangers, en vertu de la tradition démocratique dans leur pays, doivent aussi soutenir ces exigences.
Un fait est compréhensible: quand un régime est prêt à jeter les gens en prison à cause d'une divergence d'opinion politique, d'un article écrit ou d'une activité religieuse, la valeur humaine dans ce pays vaut peu de chose, et en pareil état, les concepts tels que "la justice, l'intégrité, la dignité" deviennent insignifiants. D'ailleurs, quand un régime n'a pas de considération vis à vis des lois internationales, celles qu 'il publie sont aussi sans valeur.
La Constitution de la République Socialiste du Viet Nam s'engage solennellement à respecter les droits de la libre expression, de liberté, de réunion... Cependant, ce document, de la plus haute importance pour les pays civilisés, est considéré par les dirigeants du régime comme un chiffon de papier. Ce fait n'intéresse-t-il pas les investisseurs étrangers ? Un régime qui maltraite et exploite son peuple n'hésite pas à abuser, à tromper les étrangers. Nous allons examiner quelques uns de ces cas:
1) Violation de contrat
En Octobre 1995, le gouvernement vietnamien a unilatéralement décidé d'annuler tous les contrats de location de bureaux et locaux d'habitation des étrangers. Les sociétés étrangères étaient obligées de signer de nouveaux contrats à des prix plus élevés accompagnés de pots de vin exigés ouvertement. Un autre fait qui a illustré de façon singulière la manière de coopérer avec ce gouvernement, il s'agissait de la société de pétrole Total de France : après la signature du contrat, alors que celle ci avait déjà versé beaucoup de fonds en matière d'installation dans les lieux convenus, le gouvernement a changé d'avis et lui a demandé de quitter les lieux pour s'installer dans un autre endroit à plus de 300 km plus loin.
2) Duperie
Ce fait est arrivé à la société australienne Westralian Sands. Celle ci s'associait avec le Comité Populaire provincial de Ha Tinh. Les "camarades du parti", après avoir succesivement trompé les associés australiens, leur ont créé mille difficultés administratives qui les ont obligées à se retirer de la société. Et encore, ils ne pouvaient s'en aller tranquillement, car leurs biens furent confisqués et leur passeport retenu. De tels procédés étaient appliqués à d'autres socìétés étrangères.
Les sociétés "victime" sus indiquées n'auraient pas perdu de si grosses sommes d'argent pour "acheter" des leçons d'expérience si côuteuses si elles savaient observer l'attitude des dirigeants du régime à l'égard de son peuple pour en déduire leur politique à l'égard des investisseurs étrangers. On compte actuellement dans ce pays des milliers de prisonniers de conscience: des intellectuels comme le professeur Doan Viet Hoat, le docteur Nguyen Dan Que, des écrivains comme M. Ha Si Phu, des religieux comme les vénérables Thich Huyen Quang, Thich Quang Do......
Il est temps que les investisseurs étrangers ne considèrent plus les violations des droits de l'homme comme un malheur propre aux 70 millions de vietnamiens. Ils feront mieux de regarder le degré de respect des droits civils et politiques du peuple par ce gouvernement comme signe de son niveau d'honnêteté avant de décider d'apporter des fonds à ce pays. Comment pourrait-on avoir confiance aux lois d'investissement, de banque, de finance lorsqu'elles prennent source de cette constitution, elle même considérée par Ha Noi comme un objet d'ornement? Comment les investisseurs étrangers pourraient-ils se fier au système juridique alors qu'il s'est livré régulièrement aux parodies de procès concernant des personnes accusées de délits vagues, irraisonnables?
En regardant bien la vérité, sans avoir cette vue restreinte que le malheur n'arrive qu'aux autres, les entrepreneurs internationaux qui apportent des fonds d'investissement dans un pays s'apercevront, pour garantir leurs profits légitimes, que le meilleur moyen est d'imposer au régime sur place de respecter son propre peuple. En somme, le milieu le plus favorable, le plus assuré pour les affaires est toujours une socìété libre et humaniste./.