Vietnam Démocratie - Août 1997

Nouvelles du Vietnam

La population à Hanoi proteste contre le déversement des déchets

(Hanoi - VNN 8/7/97) D’après le journal Nguoi Hanoi, de 19h à 21h du 8/7/97, environ 200 habitants de la commune de Tu Liem, ont lancé des actions visant à empêcher les voitures de ramassage appartenant à la Compagnie d’Hygiène et d’Environnement de Hanoi de déverser des déchets dans la décharge de My Tri. Chaque jour, auparavant, les voitures de la Compagnie ont déversé quotidiennement plus de 800 m3 de déchets ménagers et industriels. Ces déchets ont pollué gravement l’environnement de la commune de Tu Liem.

Les actions de protestation de la population ont interrompu les déversements des déchets. Le Comité Populaire de Hanoi a dû se réunir d’urgence afin de trouver une solution au problème, de peur que les actions de protestation ne deviennent violentes et ne s’étendent aux communes avoisinantes. D’après des sources non officielles, suite à ces protestations, la Compagnie va continuer de déverser des déchets jusqu‘au 18/8 avant d’y mettre fin.

Les actes de protestation de la population à l’égard des actions irresponsables des autorités (expropriation forcée, indemnités non payées, déversement sauvage de déchets, pollution des cours d’eau, du littoral, non application des lois, corruption à tous les niveaux) tendent à se multiplier et deviennent de plus en plus violents ces derniers temps.

Mécontentement des ouvriers : 25 grèves à Saigon

(Saigon - VNN) D’après le Bureau du Travail à Saigon, dans le premier semestre 1997, il y a eu déjà 25 grèves rien qu‘à Saigon, en hausse de 7 par rapport à la même période en 96. Ces grèves ont eu lieu dans tous les secteurs et ne se limitent plus aux secteurs privés ou étatiques comme dans les années précédentes. 20 grèves ont eu lieu dans les entreprises privés vietnamiennes ou à capitaux étrangers, 5 autres dans le secteur étatique. Le plus long grève a duré 7 jours en Janvier 1997 dans la société Van Thang.

Une caractéristique frappante de ces grèves : 6 grèves sur 25 ont eu lieu avec la participation massive de plus de 500 salariés. Motifs de ces grèves : mauvais traitement, atteinte à la dignité humaine, violation des réglementations du Travail, salaires payés avec retard, heures supplémentaires non payées...

Incendie dans la zone EPZ de Tan Thuan

(Saigon - VNN 10/7/97) D’après le journal Tuoi Tre du 10/7/97, une violente incendie s’est déclarée vers 21h20 du 9/7 dans l’usine de fabrication des plumes de SARL Viva à capitaux taiwanais, dans la zone EPZ (Export Processing Zone) de Tan Thuan, proche de Saigon. L’incendie a ravagé la zone de stockage des marchandises et des matières premières de la compagnie. Malgré l’arrivée tardive des voitures de pompiers vers 23h30, le feu a continué de ravager l’usine. D’après les premiers constats, le feu a complètement détruit les marchandises et les équipements de fabrication. Selon les sources à Saigon, il se pourrait que l’incendie aurait été provoquée par des ouvriers qui voudraient réagir contre l’exploitation de la direction taiwanaise de connivence avec les syndicats officiels de Hanoi. Les ouvriers ont été maltraités et sous payés.

Durant ces derniers temps, des incendies d’origine inconnue ont ravagé des usines de fabrication ou des fabriques des joint ventures qui ont des problèmes avec les salariés (exploitation excessive, mauvais traitement).

Grave crise dans les banques d’Etat :
208 salariés de Incombank ont fait l’objet de mesures disciplinaires

(Saigon - VNN - 24/7/97) Le Comité de Contrôle de l’Incombank (Banque Commerciale de l’Industrie) a annoncé que dans les 3 premiers mois 1997, 208 fonctionnaires, salariés de cette banque ont fait l’objet des mesures disciplinaires ou ont été mutés. Durant le mois de Juillet 97, d’autres cadres ont été aussi mis à pied.

Ces mesures ont été prises suite à des affaires de corruptions graves qui ont secoué le milieu bancaire. Parmi les 7 cadres licenciés, figure l’ancien directeur de l’agence Incombank à Hoan Kiem qui est actuellement en détention, 13 cadres ont été rétrogradés, 172 salariés mutés, 3 cadres ont dû payer des amendes de 130 millions de dongs. Les agences Incombank à Hanoi et Hai Phong ont le plus grand nombre de cadres de haut rang impliqués dans les affaires de corruption.

L’ambassade du Vietnam en Allemagne accusée de trafics avec la Mafia

D’après le quotidien Berliner Zeitung du 1/7/97, publié en Allemagne : "L’ambassade du Vietnam : lieu de trafic de cigarette de la Mafia". Le trafic illicite des cigarettes a eu lieu dans l’enceinte diplomatique. Les cerveaux de ce trafic l'ont organisé sous le couvert de l’immunité diplomatique à l’intérieur de l’Ambassade du Vietnam.

Des négociations et transactions illicites ont eu lieu depuis de nombreuses années. Interrogé par le journal, le premier Secrétaire de l’Ambassade, Nguyen Huu Trang a répondu que l’Ambassade du Vietnam ne peut pas contrôler toutes les entrées sorties. Et il se pourrait qu‘il y ait des condamnés de droits communs qui viennent à l’ Ambassade et effectuent ces transactions.

En République Tchèque, vers la fin de 1995, la police a arrêté des membres de l’Ambassade du Vietnam, accusés de trafics de cigarettes. Ces personnes ont été ensuite expulsées.

La section de police fédérale chargée des affaires du Vietnam a reçu des nouvelles semblables concernant l’Ambassade du Vietnam à Bonn. Le Commissaire Detlev Schade a donné des précisions : "D’après des indices recueillis, des membres de l’Ambassade du Vietnam ont été impliqués dans les trafics de cigarettes, mais nous ne pouvons pas les interroger à cause de leur immunité diplomatique". Jusqu‘ici, il n’y a aucune plainte déposée par les personnes qui nous ont communiqué les informations. Des fonctionnaires de la Douane ont aussi reconnu qu’il n’y a aucun autre endroit plus sécurisé que l’Ambassade pour organiser ce genre de trafic. En 1996, la Douane a saisi 42 millions de cigarettes de contrebande. 39 Vietnamiens ont trouvé la mort au cours des affrontements sanglants entre bandes rivales qui cherchent à contrôler le marché de cigarettes.

Essoufflement de l’économie vietnamienne

(Hanoi -AFP 31/7/1997) D’après M. Nguyen Sinh Cuc, expert en économie auprès de l’Institut de Statistiques, l’économie vietnamienne montre des signes d’essoufflement dans le premier semestre 1997. C’est la première fois que le Vietnam News, quotidien en langue anglaise, a publié la déclaration offcielle d’un cadre reconnaissant le ralentissement de l’économie vietnamienne, même si les milieux économiques internationaux ont détecté ces symptômes depuis plusieurs mois déjà. Selon M. Cuc, la production industrielle a augmenté de 13,2% par rapport à la même période de 1996, mais le niveau de ventes dans plusieurs secteurs a baissé, surtout dans l’industrie électronique. Cette année, les chiffres d’affaires de la plus grande entreprise en électronique n’a atteint que 50%. Alors que le pouvoir d’achat a aussi diminué car il dépend en grande partie des fluctuations du prix du riz. Les observateurs estiment que le taux de croissance va atteindre au mieux 7-8% cette année et considèrent que le taux prévu de 9% par les autorités vietnamiennes est vraisemblablement exagéré.

La contre façon, une menace réelle

D’après l’article de Xuan Chinh dans le Saigon Times du 21/7/1997, la contrefaçon a coûté des centaines de milliers de US Dollars, ce qui est vraisemblablement très en dessous de la réalité et pose des problèmes insolubles aux autorités vietnamiennes chargées de lutter contre ce fléau. Non seulement la contrefaçon ruine la production locale mais elle pose aussi des problèmes énormes pour la santé des usagers.

La production des marchandises frauduleuses, imitant les marques prestigieuses, en particulier dans le domaine de la fabrication des médicaments, de l’alimentation et des boissons alcoolisés a menacé des secteurs entiers de l’économie vietnamienne. D’après un récent rapport de la Sous Direction de la Régulation du Marché à Saigon, 209 cas de contrefaçons ont été découverts dans le premier semestre 1997, et 69% de ces cas concernent l’alimentation et les boissons. Les notices d’utilisation des fabricants ont été souvent modifiés, les dates d’expiration changées pour permettre la vente des marchandises. On trouve même des bouteilles vides de vins importés qui ont été remplies avec du vin local, avec des logos et appellations conservés intacts.

L’entreprise en joint venture Saigon Vewon, qui fabrique du monosodium glutamate a révélé que les produits de contrefaçon occupent actuellement entre 6 et 30% de la part du marché de glutamate. Le degré de perfectionnement de ces produits de contrefaçon a sérieusement inquiété les fabriquants. Le logo " La vie " , la marque d’une eau minérale très connue a été imitée plusieurs fois avec des variations telles que La Vire, La Vina, Le Vita ou Co Vie. Dans le but de réduire le coût de production, les trafiquants ont ramassé des bouteilles utilisées et les ont conditionnées avec leur propre logo qui ressemble le plus à la marque "La Vie".

Le fabriquant de l’eau minérale "La vie", Perrier-Vittel SA, a déclaré qu‘il a envoyé plus de 30 lettres de complaintes l’année dernière au Département des Propriétés Industrielles qui est en train de s’occuper de plusieurs centaines de cas de réclamations sur les problèmes de marques déposées et de propriétés intellectuelles. Plusieurs fois, la contrefaçon a coûté la vie à des usagers ignorant le danger. La police a détecté de faux produits pharmaceutiques qui ont été fabriqués dans des laboratoires clandestins à Saigon, puis revendus dans les zones rurales où le niveau de connaissance des usagers demeure très limité.

Même des fabrications locales de bonne renommée comme la bicyclette "Martin 107"  ont été imitées et fabriquées en contrefaçon à grande échelle. Environ 30% des bicyclettes "Martin 107"  vendues sur le marché sont des fausses. Selon Mme Lam Xuan Thi, propriétaire de la succursale de vente de la bicyclette Martin 107, une fausse Martin 107 coûte seulement de 1000 à 2000 dongs, plusieurs fois moins cher qu‘une vraie. Les produits de contrefaçon sont soit fabriqués localement avec la complicité de certains cadres locaux, soit importés à grande échelle à travers les frontières avec la Chine, le Laos et le Cambodge grâce aux réseaux très bien implantés et bénéficiant du soutien de l’armée ou des forces de sécurité. La législation vietnamienne prévoit des peines très lourdes contre les trafiquants, mais, selon les observateurs étrangers, elle n’est jamais vraiment appliquée car les réglementations sont elles-mêmes violées par les autorités qui sont chargées de les appliquer.

La situation des enseignants au Vietnam

(Ha Noi - 29/7/1997 VNN) D’après le journal Tien Phong, pendant l’année scolaire 1995-1996, il a manqué 58.026 instituteurs, 45.049 enseignants et 3099 enseignants dans le secondaire, alors que des milliers d’étudiants diplômés des écoles normales n’ont pas pu trouver de postes. Dans le domaine de la santé, la situation est encore plus préoccupante. D’après des statistiques incomplètes, il y a actuellement plus de 2.148 docteurs en médecine sans travail, et plus de 6000 autres travaillent bénévolement dans les hôpitaux de la ville, des centaines de docteurs changent de secteurs pour aller travailler dans les laboratoires pharmaceutiques, alors que plus de 50 % de villages dans les zones rurales n’ont pas de docteurs en médecine.

D’après le journal, il existe une situation paradoxale au Vietnam. Alors que les autorités lancent sans cesse des avertissements sur une manque de cadres dans l’éducation et la santé, des milliers de diplômés n’ont pas pu trouver de poste correspondant à leur compétence, à cause des directives irréalistes du gouvernement qui les obligent à travailler bénévolement pour l’Etat pendant des années avant de pouvoir ouvrir un cabinet. A cause des salaires particulièrement bas, les nouveaux diplômés ont déserté les postes de fonctionnaires pour aller travailler dans les entreprises étrangères.

Corruption : 720 millions de US Dollars détournés par les seules entreprises Epco et Minh Phung

(Paris - RFI 3/8/1997) D’après le quotidien Nhân Dân du 3/8/97, cité par l’agence AFP, les deux dirigeants de l’entreprise étatique Minh Phung ont été arrêtés pour avoir détourné des "biens socialistes". Les deux dirigeants ont été accusés d’avoir soutenu Minh Phung pour réaliser des emprunts portant sur des sommes considérables auprès des banques d’Etat. Un autre directeur général d’une entreprise privée Epco a été aussi arrêté pour les mêmes chefs d’accusation. Le montant total des dettes de Minh Phung et Epco s’élèvent à presque 720 Millions de US Dollars. Depuis le début de l’enquête portant sur l’affaire de corruption chez Minh Phung et Epco, 36 personnes ont été arrêtées, parmi lesquels les 7 dirigeants de deux plus grandes banques étatiques au Vietnam.

Le Vietnam a été classé parmi les 14 pays les plus corrompus de la planète dans le rapport annuel de Transit Internationaux, une organisation non gouvernementale dont le siège se trouve à Berlin. Le Vietnam vient d’être ajouté à la liste noire cette année. La situation de corruption au Vietnam est jugée meilleure que celle du Pakistan, de l’Indonésie ou de l’Inde mais pire que celle de la Chine, des Philippines ou de la Thailande. Le Vietnam est classé 42 ème sur les 52 pays de la liste.

Enquête sur le travail des enfants dans le Nord du Vietnam

(Hanoi, 7 Août, Reuter) - Une enquête sur le travail des enfants dans le nord du Vietnam a fait apparaître que des adolescents travaillaient dans des conditions affligeantes dans des mines d’or, rapporte le quotidien Vietnam News.

L’enquête menée par la police et les autorités de la province de Bac Can, à 150 km au nord de Hanoï, a permis de recenser 82 jeunes de 13 à 17 ans employés dans 30 mines. Les adolescents travaillaient dans des conditions précaires, charriant jusqu’à quatre tonnes de terre par jour.

"Un grand nombre d’enfants crachaient du sang en raison de la dureté de leur travail et ils étaient enfermés la nuit par les propriétaires de la mine qui craignaient la fuite de cette main d’oeuvre à bon marché", écrit le journal.

Un des jeunes, Nguyen Van Nam, 15 ans, devait travailler 14 heures par jour. Mais il n’avait pas été payé depuis six mois et il était privé de pauses de repas s’il transportait moins de 270 paniers de 15 kilos par jour. Le travail des enfants pose un problème complexe au Vietnam. Il est difficile d’en évaluer l’étendue parce qu’il est de pratique courante que les enfants aident leurs parents en travaillant à la maison ou aux champs. Le gouvernement estime à 29.000 environ le nombre d’enfants de moins de 15 ans exploités au travail.

Mais une responsable du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (Unicef) a déclaré cette semaine que ce chiffre pourrait être beaucoup plus important parce qu’au Vietnam, la plupart des enfants qui travaillent sont dans des secteurs difficiles à surveiller. Rima Salah, du bureau de l’Unicef à Hanoï, a également dit que le problème semble s’aggraver.

" Il y a des cas d’enfants exploités dans des mines d’or, d’enfants très jeunes travaillant comme domestiques ou d’enfants travaillant jusqu’à 14 heures par jour dans des conditions précaires pour un maigre salaire ou sans être payés ", a-t-elle dit.

Vietnam News rapporte que des propriétaires de mines du Bac Can ont été contraints de renvoyer les enfants dans leur famille, mais il ajoute que "de nombreux propriétaires de mines ont fui dans la forêt, emmenant avec eux leur main d’oeuvre infantile".

Le journal précise que 68 enfants ont été rendus à leurs parents et que les propriétaires de mines ont dû verser 1.025 dollars d’arriérés de salaires.

Manifestation violente de la population à Thai Binh (Nord Vietnam)

(Hanoi - Reuter - 24/7/97) Pour la première fois, les autorités du Vietnam ont dû reconnaître les manifestations violentes de la population de la province de Thai Binh. Les autorités locales ont dû employer plusieurs mesures afin de rétablir l’ordre.

D’après l’agence Reuter, des manifestations ont eu lieu depuis le mois de Mai 97. Des milliers de paysans en colère se sont rendus à pieds ou en bicyclette au siège du Comité Populaire pour protester contre le niveau excessif des impôts et la situation de corruption généralisée des cadres locaux. Les autorités ont dû promettre de sanctionner les cadres locaux corrompus afin de calmer les esprits.

D’après les témoins, la manifestation pacifique s’est vite transformée en révolte violente devant le refus des autorités locales de trouver une solution aux exigences des paysans. La révolte s’est répandue sur l’ensemble de la province de Thai Binh. Les sièges des Comités Populaires de Quynh Phu et Thai Thuy ont été incendiés, le chef du Comité Populaire de Thai Thuy a été sévèrement tabassé par les paysans en colère. Il a dû être hospitalisé dans un état critique. Selon les voyageurs le long de la route de Thai Binh vers Hanoi, les autorités ont arrêté plus d’une centaine de personnes, soi-disant coupables de ce révolte.

Certaines de ces personnes ont dû lire leur auto critique à la télévision. Malgré ces arrestations, d’après des sources dignes de confiance, la situation à Thai Binh est loin d’être rétablie selon la déclaration du Ministère des Affaires Etrangères. Il semblerait que la révolte s’est maintenant répandue dans les provinces avoisinantes de Thanh Hoa, Hung Yen et Nghe An. Hanoi a dû dépêcher un membre du Bureau Politique, M. Pham The Duyet d'origine Thai Binh, afin de rétablir la situation.

Selon des sources concordantes, les forces de sécurité n’ont pas réussi à mater les révoltes, malgré l’envoi des unités spéciales anti-émeutes et les unités de l’armée ont refusé d’intervenir contre la population. Dans la révolte des milliers paysans du village de Tho Da, commune de Dong Anh, vers la fin de 96 contre la construction d’un terrain de golf pour une entreprise étrangère, les responsables de l’armée ont refusé d’intervenir pour aider la société de construction qui appartient pourtant à l’armée.

La manifestation à Thai Binh contre les impôts et la corruption est bien organisée, d’après les témoins, les héros aux poitrines bardées de distinctions militaires, les invalides de guerre, les mères des soldats tombés aux champs de batailles ont défilés dans les premiers rangs, puis viennent ensuite le reste de la population.

22,5 tonnes de munitions découvertes dans la province de Thai Nguyen

Actuellement au Vietnam, de grandes quantités d’armes, de munitions et d’explosifs circulent de manière clandestine dans plusieurs provinces. Malgré le lancement de plusieurs campagnes pour récupérer ces armements, les autorités se montrent inquiètes par la multiplication des découvertes de trafics d’armes. Ces trafics sont favorisés par la vente d’armes stockées dans les dépôts de l’armée. Des soldats de l’armée populaire ont même participé activement à ces trafics qui leur permettent d’arrondir leur fin de mois.

Des contrôles des points de vente des matières premières destinées à l’aciérie de Thai Nguyen ont permis de découvrir plus de 22,5 tonnes de munitions, d’explosifs. Dernièrement, les attentats aux explosifs ont augmenté au Vietnam, certains visent directement les habitations des cadres locaux du Parti Communiste qui ont des activités illicites : corruption, trafics de contrebande.....

La situation des banques au Vietnam

D’après le magazine FEER, les banques au Vietnam doivent apprendre les mécanismes liés à l’octroi de crédit. L’article a analysé les difficultés actuelles du système bancaire vietnamien. Il y a environ 52 banques privées et une banque d’Etat sur 4 qui n’ont pas pu honorer les dettes internationales en plus des dettes envers la banque nationale. Le problème essentiel est que plus de 80% des crédits ont été octroyés au secteur étatique qui se trouve dans une situation de quasi faillite généralisée actuelle.

D’après FEER, les banques d’Etat ont subi des pressions qui cherchent à favoriser l’octroi des crédits aux entreprises étatiques. Alors que le secteur privé a un besoin urgent de crédit pour pouvoir se développer. Dans une formation accélérée dispensée par l’organisme de Coopération pour le Développement suédois afin d’améliorer les pratiques bancaires, plusieurs cas de faillites et de fraudes ont été examinés, parmi lesquels figure le cas de l’entreprise de confection Minh Phung qui a exploité à fond les techniques de règlement par lettres de crédit afin de pouvoir bénéficier le report des échéances dans l’importation des fertilisants.

Ainsi l’entreprise de confection Minh Phung a vendu des quantités de fertilisants et les bénéfices qui sont investis dans l’immobilier. L’affaire Minh Phung est devenue l’une des plus grandes affaires de corruption, de détournement de fonds des dernières années au Vietnam. Le Directeur Général et des dizaines des cadres dirigeants de Minh Phung ont été par la suite arrêtés. Le détournement concerne des sommes colossales de dizaines de millions de US dollars.

L’affaire Minh Phung a provoqué de graves préjudices aux banques d’Etat. Vietcombank n’a pas pu honorer une lettre de crédit de seulement 5 millions de US dollars. Mais d’après les observateurs étrangers, les difficultés du système bancaire vietnamien ne s’arrêtent pas là. Un économiste à Hanoi a révélé qu‘une banque d’Etat est en situation de quasi faillite avec des dettes de 1,4 milliards de US dollars, parmi lesquels 65 millions de US dollars qui arrivent à terme.

Les dettes extérieures d’un montant de 24 milliards de US dollars constituent aussi une menace plus sérieuse. Alors que paradoxalement, plusieurs autres banques d’Etat déclarent des bénéfices en 1995. D’après un spécialiste en finance, le bilan des banques vietnamiennes n’a pas incorporé les dettes non récupérables.

Un directeur d'une agence de banque étrangère a dû même déclarer que les banques d’Etat et privées vietnamiennes ne maîtrisent pas du tout les techniques bancaires. Les milieux financiers internationaux réclament des audits du système bancaire vietnamien par des cabinets d’audit en finance internationale pour avoir des évaluations exactes de la situation bancaire du Vietnam.


[Sommaire][ Publications du Vietnam Démocratie ][Retour à la page d'accueil de AVL]