Vietnam Démocratie - Août 1999 |
L'espoir d'une convention Vers la mi-mai dernier, les Etats-Unis et le Vietnam ont repris les pourparlers afin d'aboutir à une convention commerciale qui permet au Vietnam de bénéficier du "statut le la nation la plus favorisée", ce qui signifie que les Etats-Unis vont baisser un certain nombre de taxes douanières sur certains produits en provenance du Vietnam. Avec ce statut, les marchandises vietnamiennes sont plus compétitives sur le marché américain.
Au cours des derniers mois, les marchandises exportées vers le reste de l'Asie n'arrivaient plus à concurrencer celles des pays de la région qui ont dévalué leurs monnaies. L'exportation des marchandises vers le marché américain permettra de retrouver un certain équilibre de la balance de devises et Hanoi garde bon espoir d'une forte consommation de plus de deux millions de nos compatriotes réfugiés aux Etats-Unis.
Entre le Japon et le Vietnam, lequel profite du statut de privilégié ? Avant de commencer la réunion de fin janvier, le Vietnam a unilatéralement accordé ce statut aux Etats-Unis et au Japon. Auparavant, le Japon a exceptionnellement réduit les taxes douanières pour plus de 2700 catégories de marchandises vietnamiennes importées, puis, après la visite du Premier ministre Phan Van Khai, il a accordé ce statut au Vietnam.De prime abord, c'est un succès personnel pour Phan Van Khai, mais en réalité, qui va en profiter ? Sur le marché japonais, quels sont les produits vietnamiens qui seront consommés davantage après la réduction des taxes ? La plus grande quantité de produits vietnamiens exportés au Japon concerne des matières premières comme le sable et le pétrole brut.
Avec ou sans réduction de taxes, la part du marché vietnamien reste inchangée pour ces matières premières. En revanche, les produits de consommation que le Vietnam peut exporter au Japon tels que le riz et le thé ne sont pas appréciés par les consommateurs japonais, ce qui ne permet pas non plus d'augmenter le marché concerné. Pour le Japon, ce statut réduit les taxes pour les marchandises japonaises, apporte plus de profit aux entreprises japonaises et, de ce fait, peut amener plus de difficultés aux producteurs vietnamiens
Cependant, du fait que les investissements étrangers ont chuté gravement, Hanoi est obligé de chercher tous les moyens pour attirer les investisseurs étrangers, essentiellement ceux venant du Japon et des Etats-Unis. De fait, si les capitalistes japonais viennent investir au Vietnam ou non, cela ne dépendra pas du statut privilégié en question, mais de beaucoup d'autres éléments que nous abordons dans la partie qui suit.
Une convention hâtive Depuis des années, Hanoi a fait tout son possible pour obtenir des Etats-Unis le statut de la nation la plus favorisée. Cette réunion est la 7ème de ce genre, faisant suite à celle de fin septembre 1998. Après une semaine, selon le chef de la délégation américaine, cette fois, la réunion a fait des progrès mais ne conduisant pas au résultat concret escompté par les deux parties, lesquelles vont reprendre les discussions vers la mi-mai aux Etats-Unis.Certaines autorités américaines pensent que, si la convention n'est pas signée en 1999, toute l'affaire sera en stagnation au moins pendant 2 à 3 ans, car l'an 2000 sera une année électorale aux Etats-Unis, et à ce moment, il sera difficile pour le gouvernement Clinton d'obtenir du parlement américain l'accord lui permettant de signer une convention avec le Vietnam, à cause de la loi Jackson-Vanik, se rapportant à la situation des Droits de l'Homme dans ce pays. Déjà, ce parlement a commencé à s'exprimer en critiquant le gouvernement pour son intention de proposer la signature d'une convention commerciale avec les pays ne respectant pas les Droits de l'Homme.
Les intérêts personnels avant tout Deux points principaux du côté vietnamien s'opposent à la réalisation de la convention. Tout d'abord, un nombre de personnalités importantes du Parti n'aime pas cette convention, de peur qu'elle ne touche à leurs intérêts personnels. En effet, la conclusion d'un accord commercial porte atteinte à leur monopole, autrement dit, leur fait perdre les profits considérables que le Parti (c'est-à-dire eux-mêmes) leur réserve. Avec ou sans convention, les capitalistes étrangers réclament toujours certaines conditions que le ministre Nguyen Manh Cam n'a pu satisfaire lors de la réunion de mars dernier, se contentant de procéder à de petits changements comparés à ses déclarations pompeuses.Ensuite, les lois et règlements imprécis, les démarches administratives compliquées dans tous les domaines, sans compter la corruption à tous les échelons, sont autant de raisons qui empêchent les étrangers d'investir au Vietnam, comme par exemple un nombre de mesures politiques discriminatoires applicables aux sociétés étrangères concernant les tarifs dans les sphères de la communication, de la transmission, l'obligation de payer les salariés en dollars au lieu du dông, le recrutement du personnel doit passer par les sociétés dirigées par l'Etat (c'est-à-dire le Parti), la limite des échanges de bénéfices en devises, le paiement des taxes et impôts plus élevés que pour les sociétés locales. Les dirigeants du Vietnam ne veulent vraiment pas réformer car les réformes toucheraient à leurs intérêts économiques, notamment des cadres supérieurs du Parti, qui contrôlent toute la machine économique ou bien ont la mainmise sur de nombreux domaines qui les enrichissent personnellement ainsi que leurs proches.
Sécurité Nationale ou bien sécurité du Parti ? Quoique le statut de la nation la plus favorisée, venant des Etats-Unis ou d'un autre pays, n'apporte pas beaucoup d'intérêts aux vietnamiens, il amène quand même en partie une certaine vitalité à l'économie vietnamienne. Mais les dirigeants désirent-il réellement arriver au bon résultat ?Si c'était bien là leur intention, le problème des Droits de l'Homme aurait dû être réglé depuis belle lurette, et il ne pourrait pas y
avoir un défi qui consiste à arrêter le géophysicien Nguyen Thanh Giang alors qu'ils étaient en cours de négociation avec les Etats-Unis. M. Nguyen Thanh Giang a été arrêté parce qu'il a réclamé la liberté et la démocratie au Vietnam et a courageusement critiqué le Parti communiste ainsi que le gouvernement, or tout le monde sait aussi que si la liberté et la démocratie étaient instaurées, il n'y aura plus de place à la minorité des dirigeants du Parti pour continuer à bénéficier des richesses acquises grâce à la corruption. Le Parti Communiste Vietnamien (PCV) persiste toujours à mettre leurs intérêts au dessus de ceux du pays et de la nation.Non seulement ils ont décidé d'enlever au peuple ses droits à la liberté d'expression, mais encore il redoute les effets de l'expression, c'est ainsi qu'il a arrêté tous ceux qui osent s'exprimer, sans s'inquiéter de la condamnation de l'opinion mondiale.
Serait-ce la leçon que Lê Kha Phieu a appris de Pékin ? Mais le PCV ne comprend pas (ou n'a pas voulu comprendre) que, entre Hanoi et Pékin, il existe, aux yeux des capitalistes étrangers, une grande différence : le marché de 1,3 milliards de consommateurs chinois par rapport au faible marché de 80 millions de consommateurs vietnamiens.
Suivre aveuglément la Chine afin de protéger la sécurité du Parti et les intérêts personnels est un crime impardonnable, car cet aveuglement conduit le Vietnam à l'impasse
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