Vietnam Démocratie - Octobre 1997 |
Malgré l'effondrement du communisme international depuis 1991, le Parti Communiste Vietnamien (PCV) continue à suivre la voie marxiste habituelle qui consiste à élaborer un plan quinquennal, tout en s'évertuant à user de la force pour contraindre la société vietnamienne à progresser suivant les modèles économiques maladifs du parti.
Pour cette fois, la politique économique quinquennale 1996-2000 a été publiée en 3 parties sous le titre:''L'Orientation, l'Obligation et le Plan de Développement socio-économique'':
La 1ère partie évalue les résultats réalisés au cours de la mise en exécution du plan économique 1991-1995 en donnant des estimations très éloignées de la réalité, comme par exemple ''dépasser les prévisions'' et ''avoir pu créer la base nécessaire pour évoluer vers la période du nouveau développement, intensifier l'industrialisation, moderniser le pays''. Cette partie a volontairement esquivé l'évaluation des problèmes économiques insolubles que le PCV a crées au pays dans les années 90-95.
La 2ème partie indique l'orientation, l'obligation et l'objectif majeur du plan de développement socio-économique pendant cinq ans 1996-2000. Cette partie est pleine d'ambitions illusoires apparaissant à travers des critères imaginaires pour ''introduire le Vietnam dans l'ère d'industrialisation et de modernisation jusqu'à l'an 2000'' avec la contribution à la Production Intérieure Brut (PIB) des entreprises étatiques à hauteur de 45% du PIB, des entreprises hors étatiques 42% et des joint-ventures 13%.
La 3ème partie porte sur les solutions et les étapes à suivre visant à réaliser l'objectif sus-indiqué et comportant jusqu'à 10 programmes de développement pour l'industrie, l'agriculture et l'économie rurale, les infrastructures, etc.......mais sans faire aucune allusion aux deux ressources: la ressource humaine qui est juste la technique et la gestion de quelqu'un qui pratique l'économie, et la ressource financière qui concerne les capitaux issus des investissements. Ces deux ressources constituent les bases fondamentales servant à mesurer le degré de faisabilité des 10 programmes de développement.
Pour nous assurer de la nature irréaliste dissimulée dans la fondation et l'orientation de la stratégie d'industrialisation et de modernisation de l'économie - la partie essentielle du plan quinquennal 1996-2000 - la meilleur façon est de comparer cette stratégie avec les réalités économiques sous le régime socialiste.
1. Evaluation non conforme à la réalité
La situation exacte de l'économie vietnamienne de 1990 à 1995 a été mal évaluée au moment de l'établissement du plan: c'était le moment où Hanoi intensifia la stratégie dite ''doi moi'' (rénovation) qui n'est en réalité que ''l'économie du marché à orientation socialiste'' jamais expérimentée dans le monde sauf par les communistes chinois et vietnamien.
L'objectif du ''doi moi'' est de tout faire afin de sauver l'économie socialiste en cours de faillite par tous les moyens, notamment par les investissements des pays capitalistes.
La politique d'ouverture du pays aux touristes et aux investisseurs étrangers était et est encore considérée par les dirigeants communistes comme une priorité de premier ordre.
En réalité durant la période de 1990-1994, 80% du montant des investissements étrangers au Vietnam proviennent des quatre dragons asiatiques et du Japon, et seulement les 20% restants des pays occidentaux.
La raison est simple, mais on n'a pas osé l'aborder dans la partie d'évaluation des résultats économiques 1991-1995: c'est que les capitalistes asiatiques connaissent mieux la façon de traiter les affaires avec la mafia vietnamienne, composée de cadres de haut rang pour pouvoir abuser à fond de la main d'oeuvre vietnamienne très bon marché.
Selon le Programme des Nations Unies pour le Développement (UNDP), 80% des investissements étrangers vont vers les branches qui rapportent rapidement tels que l'hôtellerie, le tourisme, les fabrications de chaussures et de vêtements pour l'exportation, ainsi que vers les marchandises de grande consommation telles que la bière, l'alcool, le tabac... Toujours selon l'UNDP, seulement 20% d'investisseurs étrangers s'intéressent aux industries lourdes et aux pétroles.
Quelle en est la raison ? Les résolutions du 8ème Congrès du PCV ne l'ont pas abordé quoiqu'un certain nombre de dirigeants en connaissent bien les deux principales causes:
a) La nature imprécise des lois actuelles au Vietnam a crée bon nombre de problèmes insolubles aux investisseurs étrangers. Début 1995, Hanoi promulgua la loi de propriété terrienne confirmant le droit de propriété de l'état sur l'ensemble du pays, aucun particulier, aucune entreprise n'a le droit d'être propriétaire foncier. Cette loi a empêché les
investisseurs ou entrepreneurs d'hypothéquer leur terre pour emprunter des fonds aux banques ou aux instances financières. Elle aurait ainsi enlevé au Vietnam un profit d'environ 20 Milliards de US dollars investis par les sociétés multinationales au cours des cinq prochaines années dans la réparation et l'amélioration des infrastructures économiques tombées en ruine depuis 1975 jusqu'à 1990.
b) Vers la fin de 1995, des économistes mondiaux ont avancé des prévisions pessimistes sur la capacité de développement à moyen et long terme du Vietnam en se basant sur les facteurs, comme: le système des lois et le degré d'application, la cupidité, le faible pourcentage de capitaux investis dans l'infrastructure, le manque presque totale de la sûreté et de la sécurité dans le travail, la formation professionnelle arriérée, l'état de délabrement de la santé publique, et de l'environnement, la violation des droits de l'homme et du citoyen.....
Ces prévisions objectives permettent de conclure que l'évaluation du degré de réussite de la stratégie ''doi moi'' du précédent plan quinquennal pour servir de base à l'actuel plan 1996-2000 ne correspond pas du tout à la situation économique de l'époque. Un programme de développement fondé sur de telle base erronée serait-il réaliste et faisable ?
2. Un plan trompeur
Comme indiqué dans la 2ème partie du plan 1996-2000, l'orientation, l'objectif et l'obligation primordiale renferment beaucoup d'imagination trompeuse. Les critères ont été fixés selon les convenances tout en omettant de comparer avec les réalités objectives de l'économie dite ''capitaliste sauvage'' au Vietnam. Par exemple, l'ambition d'élever le niveau de la PIB du bloc ''des entreprises étatiques directrices'' à 60% dans le projet de rapport politique, puis ensuite à 45% dans le rapport officiel soumis au 8ème Congrès du parti, le bloc ''hors étatique'' à 42% et les joint- ventures à 13%. D'autres critères y sont aussi indiqués clairement : l'industrie augmente de 46%, les services de 52%, l'agriculture, seulement de 2%..
En Novembre 1995, un groupe d'experts, envoyé en observation au Vietnam par la société britannique Financial Times Ltd, ont rapporté qu'il n'y eut que quelques secteurs ouverts à la concurrence suivant l'économie de marché, tandis que la plus grande partie de l'économie, appelée secteur étatique, restait sous la subvention de l'état. Ces quelques secteurs ouverts à la concurrence ont absorbé 100% de capitaux des particuliers et contribué à 60% de la PIB. Malheureusement, les dirigeants communistes imposent à ce secteur en pleine croissance seulement un critère de 42% dans sa stratégie ''d'industrialisation et de modernisation'', Ce qui signifie qu'ils ont diminué de 18%. Cette stratégie vise donc à renforcer le secteur étatique et les joint-ventures au détriment du secteur privé. Ces deux secteurs privilégiés, dont 100% de capitaux fixes et 30% de capitaux mobiles sont fournis par l'état, ne contribuent pourtant qu'à 35% du PIB, mais s'endettent jusqu'à 2,5 Milliards de dollars, dont 600 millions (1995) de dettes extérieures. Dans ces conditions, comment peuvent-ils contribuer pour un total de 60% du PIB dans les 5 prochaines années ?
L'agriculture constitue la fondation traditionnelle du Vietnam, la colonne vertébrale qui maintient en vie l'économie nationale, et les agriculteurs sont considérés comme une importante force économique, politique, culturelle et sociale. Les statistiques ont montré que la collectivité agricole a toujours joué un rôle crucial au coeur de la vie économique, culturelle et sociale du pays. Après 4875 ans de civilisation agricole, le Vietnam actuel reste toujours une société rurale en dépit de l'application d'une doctrine étrangère combinée de marxisme, léninisme, stalinisme et maoïsme. Sous l'oppression du socialisme, cette force prospère parvient encore à contribuer à plus de 50% du total de l'exportation, amenant au régime environ 1,5 Milliard de dollars en 1994, occupant le second rang en recettes d'exportation, après le pétrole brut. De 1990 à 1995, le taux de croissance économique du pays varie de 5 à 9%, alors que l'agriculture s'accroît seulement de 3,8%. Or, le nouveau plan, en prévoyant qu'un accroissement de 2%, montre un recul de 1,8% pour l'agriculture.
Selon la propagande bruyante de la presse vietnamienne, l'objectif de la stratégie ''d'industrialisation et de modernisation'' vise à élever le niveau de vie de chaque habitant de 200 à 400 dollars, soit le double, en l'an 2000. Les économistes de la Banque Mondiale ont prévu qu'il faut avoir plus de 40 milliards de dollars investis dans le développement de l'économie dans 5 ans (1996-2000) pour atteindre cet objectif. Alors, la première question qui se pose est ''où trouver les fonds ?''.
La mobilisation des épargnes intérieures est un échec complet depuis 1988 jusqu'à présent. L'explication est facile quand on pense aux campagnes d'''échange de monnaie'', de "démolition des propriétaires'' de 1975 à 1985, les Vietnamiens restent encore terrifiés rien qu'en y pensant et préfèrent cacher leurs biens sous forme de métaux et pierres précieuses ou d'argent liquide en US dollars afin d'éviter d'être de nouveau dépouillés par l'Etat.
Quant aux investissements étrangers, de 1990 à 1995, on compte en tout 2236 projets avec des capitaux réels de près de 4 milliards. Donc, le moyen le plus efficace, le plus rapide pour pouvoir mobiliser 40 milliards est de confisquer les 20 milliards volés au peuple et à l'Etat qu'une minorité de dirigeants communistes a déposé dans les banques étrangères.
(à suivre)
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