Vietnam Démocratie - Octobre 1997 |
Les procès entre les entreprises et leurs salariés en augmentation
(Saigon - VNN, 5.9.97) - M. Ho Trung Hieu, président du Tribunal de travail dépendant du Tribunal populaire de Saigon, a fait connaître tout récemment que le nombre de procès entre employeurs et employés dans les sociétés et entreprises est en augmentation. Suivant les statistiques, depuis début 1997 jusqu'à ce jour, le nombre total daffaires saisies par le Tribunal de travail sélève à 276.
De plus, cet organe judiciaire a reçu des centaines dautres requêtes quil doit transmettre aux organismes compétents des circonscriptions ou des provinces. Dans la majorité des cas, les litiges ont pour cause la cessation du contrat de travail décidée unilatéralement par lemployeur (230 affaires) ou la récupération des frais de formation professionnelle (35 affaires).
Selon M. H.T. Hieu, le mobile principal conduisant au procès se résume dans le désaccord entre employeurs et employés sur le salaire, les conditions et les horaires de travail, la qualité et la quantité des produits fabriqués. Et M. Hieu de constater :"Il existe des affaires dans lesquelles les deux côtés ont à la fois tort et raison. Cependant, par manque de bonne volonté des deux côtés ou de lun dentre eux, aucun arrangement à lamiable ne peut se faire. Et puis, il se peut que les parties en cause naient pas bien compris le sens des négociations pouvant conduire à la conciliation, il se peut aussi que par fierté, par manque de confiance réciproque, elles préférent avoir un jugement judiciaire comme preuve.
Des directives à la presse à Hanoi
(Hanoi - VNN) Vers la fin du mois dAoût dernier, le Comité Exécutif du Bureau Politique du Parti Communiste Vietnamien (PCV) a organisé une réunion de presse et de media rassemblant plus de 500 rédacteurs en chef de journaux et magazines ainsi que les directeurs généraux des stations de radios et télévisions dans tout le pays.
Etaient présents aussi à la réunion MM. Nguyen Duc Binh, membre du politbureau, Nguyen Khanh, vice premier ministre, Huu Tho, président du Comité Central de l'Idéologie et de la Culture et Nguyen Khoa Diem, Ministre de la Culture et de lInformation. Un tableau récapitulatif préliminaire montre que, actuellement, existent au Vietnam en tout 450 organes de distribution avec 563 catégories dimprimés de toute sorte, comprenant 151 quotidiens et hebdomadaires, 290 magazines et 9 bulletins dinformation, auxquels sajoutent 40 maisons dédition. Après lévaluation dun certain nombre de résultats acquis par les médias dans le pays, M. Huu Tho a porté ses critiques sur des signes négatifs de la presse :"La teneur, la qualité comme la quantité dinformation, ainsi que lopinion ont présenté des faiblesses et des défauts dans le passé, comme : la tendance à la commercialisation manifestée sous diverses formes, léloignement du but et de lobjet de publication déjà décidés au moment de la délivrance de lautorisation, la qualité et la quantité politiques, culturelles, scientifiques de certains ouvrages, magasines restent encore très faibles....."
Le rapport a mentionné clairement "Dans les jours à venir, la presse et les éditions doivent être placées sous la supervision du parti et doivent fonctionner dans le cadre des lois".
Prenant immédiatement la parole après, le Ministre de la Culture et de lInformation a affirmé en ces termes :"La presse est la voix du parti, de létat, des organisations politiques et sociales, elle est aussi la tribune du peuple. Les organes de presse et dédition, agissant suivant lorientation du parti et de létat, visent à refléter et guider lopinion publique, promouvoir le mouvement révolutionnaire dans la masse afin de réaliser avec succès la Décision du VIIIème Congrès du parti : intensifier lindustrialisation et la modernisation du pays afin de progresser vers lobjectif, un peuple riche, un pays puissant, une société équitable et civilisée, savançant fermement vers le socialisme"
Le plan
dexportation de travailleurs vietnamiens
vers les pays de lASEAN
(Vietnam. VNN, 16.9.97) - Selon les statistiques du Ministère du Travail, des Blessés de guerre et des Affaires sociales, de 1992 à Juin 1997, le gouvernement vietnamien a fourni 41.670 travailleurs aux 30 marchés du travail à létranger dont la plupart sont situés dans la région du Sud-Est asiatique. Presque la totalité des travailleurs ont signé un contrat de cinq ans.
Daprès un cadre de ce ministère, le nombre de travailleurs dans les pays de lASEAN est évalué à 22% par rapport à celui employé par lex Union Soviétique et les pays de l'Europe de lEst avant 1990. Actuellement, il existe un nombre limité de sociétés
étatiques qui soccupent du recrutement de la main doeuvre pour létranger comme Vinaconco, Lasedco, Outhexco,Vinaconex et Tracodi.
Outre la Corée du Sud, le gouvernement sévertue à présent à passer des contrats "dexportation de travailleurs" vers la Malaisie, le Singapour, lIndonésie, la Thailande, les Philippines.....pour de simples besognes dans le domaine des bâtiments, ponts et mécanique. Il en existe actuellement 17.000 en Corée du Sud, 4.120 au Laos, 4.680 en Lybie et 545 à Singapour. M. Tran Huynh Nam, responsable de 200 personnes recrutées par la société Lasedco pour la Malaisie, a fait part de ses constatations :"Nayant pas été bien formés, les travailleurs vietnamiens se trouvent en difficulté dans le maniement des machines industrielles comme dans leur adaptation aux conditions de travail des pays employeurs".
Les paysans
vietnamiens souffrent toujours de disette
malgré de bonnes récoltes
(Hanoi - VNN) - Dans son article titré "Le problème de la sécurité alimentaire" publié par le quotidien Nhan Dan (Le Peuple), le professeur Bui Huy Dap sest montré inquiet devant un phénomène irréaliste: la production de riz au Vietnam est en hausse depuis ces dernières années, alors que les agriculteurs souffrent toujours de la famine, comme par exemple "Les récoltes hiver-printemps de 1997 sont bonnes dans tout le pays, mais plusieurs provinces manquent de riz" Lon sait que lOrganisation des Nations Unies pour lAlimentation et lAgriculture (FAO) détermine la notion de la "sécurité alimentaire" pour les pays en cours de développement comme "conditions davoir suffisamment de nourriture fournie uniformément à la population, et les personnes nécessiteuses où quils soient doivent avoir les moyens pour recevoir les vivres". En 1996, les agriculteurs ont produit 29 millions de tonnes de nourriture, dont 26.3 en riz. Si on les partage équitablement entre 77 millions dhabitants, chacun peut obtenir 380 kgs de nourriture par an dont 340 kgs de riz. De ce fait, suivant M. Bui Huy Dap, la pénurie et la famine ne doivent pas subsister au Vietnam. Mais la réalité dit le contraire.
Le Vice-Ministre de lAgriculture et du Développement Rural Nguyen Thien Luan a reconnu que :"Dans les années passées, le Vietnam sest intéressé à la production de nourriture en oubliant dagir de telle sorte que chaque habitant puisse en obtenir nimporte où et à nimporte quel moment". On sait que lindice actuel de nutrition pour un vietnamien est de 1.950 calories par jour, alors que le critère minimum fixé par les Nations Unies sélève à 2.300 calories par personne. Il monte jusqu'à 3.800 dans les pays européens, à 3.600 en Amérique du Nord. Le Vice-Ministre a ajouté quil existe à présent au Vietnam 15% de familles pauvres et 10% dautres (environ 2O millions de personnes) qui ne mangent pas à leur faim et dont la plupart sont des agriculteurs. Par ailleurs, 40% denfants dans le pays sont sous alimentés.
M. Elmar Muller, un cadre supérieur de lOrganisation Mondiale Agricole et Forestière déclara tout récemment :"Quoique le Vietnam ait atteint de grandes performances agricoles dans ces dernières années, il a aussi participé à la transformation de lAsie en une région où certains pays restent victimes de la plus grave sous alimentation dans le monde".
M. Nguyen Thanh Giang contribue à lélaboration du rapport politique de la Confédération du Travail
Le quotidien Lao Dong (Travail) du 5.8.97, pendant la période de préparation du 8ème Congrès de la Confédération du Travail (officielle) au Vietnam, a publié le texte suivant de M. Nguyen Thanh Giang.
".......Pourquoi les recettes individuelles sont-elles excessivement inégales entre les pénibles travailleurs et ceux qui restent sans rien faire, à tel point que, souvent, les différences de salaire accusent un écart de trente ou quarante fois (daprès ce qui a été enregistré sur le papier, mais en réalité il peut arriver jusqu'à cent ou mille fois) ?.......
Eliminer toute oppression et exploitation est un bel objectif de la civilisation humaine tout tracé par la révolution vietnamienne depuis la période de pré soulèvement. Après plus dun demi siècle de lutte extrêmement pénible et acharnée, en effectuant à la fois la révolutions populaire et lédification du socialisme, nous avons obtenu lindépendance et unifié notre pays, la vie économique visiblement a été changée. Toutefois, vis à vis des travailleurs manuels comme intellectuels, des troubles et mécontentements subsistent encore. Pourquoi la distinction entre riches et pauvres continue-t-elle à se manifester si violemment et rapidement ? Pourquoi des gens qui travaillent plus de 8 heures par jour narrivent-ils pas à suffire à leur besoin ?......Seraient-ce des signes, des conséquences de la situation où le travailleur vietnamien est dépouillé par dautres ? Pour examiner ce phénomène, il faut comprendre tout dabord ce que cest que dépouiller quelquun. Selon le dictionnaire de 1977 de lédition Science Sociale, "dépouiller quelquun, cest semparer sans payer de la force de travail de quelquun pour satisfaire son intérêt personnel sans se soucier aucunement ni de la raison, ni du sentiment, ni de la vertu" . Au Vietnam actuellement, déjà le travailleur est payé à bas salaire dans les services publics et dans les usines, mais pour les travailleurs agricoles, le salaire est encore plus bas. On peut expliquer que la valeur de la force de travail reste modeste à cause de la faiblesse du travailleur en niveau, en habileté, en rendement. Mais on narrive pas à expliquer la raison pour laquelle la même personne reçoit un salaire modique si elle travaille dans une entreprise étatique alors quelle est mieux payée si elle arrive à trouver un travail dans une société en joint venture ou à être exportée à létranger comme main doeuvre. En réalité, il faut reconnaître que nos travailleurs, en général, nont pu bénéficier dune partie même de la plus-value quils ont créée en prolongeant les jours de travail (plus-value absolue) ou en pratiquant la nouvelle industrie (plus-value relative). Ces plus-values se laissent traîner dans la société jusquau moment où un autre individu ou rassemblement "sempare gratuitement de ce rendement de travail des autres à son profit personnel sans être inquiété ni par la raison , ni par le sentiment, ni par la vertu", ou alors elles sengouffrent dans ce système de gérance illogique.
Le premier cas est lié au pire danger de corruption, le second cas, au pire danger de gaspillage. Le premier amène "le dépouillement sans conscience" et le second, "un dépouillement irresponsable" en quelque sorte. Il est regrettable que ces deux aspects se déroulent visiblement au Vietnam actuel. Comme preuve pour le premier aspect, on peut citer les propos dun cadre régional: "Il faut rassembler le budget de notre circonscription de Krong Pa pendant quatre cents ans pour avoir la somme détournée par la société Tamexco", et pour le second, on peut citer M. Nguyen Khac Vien :"Rien que pour la province de Thanh Hoa, le nombre de cadres est égal au double des fonctionnaires en service dans toute lIndochine sous la colonisation française, avant la deuxième guerre mondiale".
Les réels aspects de dépouillement pèsent encore lourdement sur notre société, causant un mal atroce à tous ceux qui sattachent encore aux critères, aux idéaux auxquels nous nous étions ardemment orientés depuis les premiers jours de la révolution. Durgentes actions doivent être entreprises pour pouvoir remédier à cette douloureuse situation.
Toutefois, pour éliminer le "dépouillement sans conscience", il est nécessaire tout dabord de lutter contre la corruption. Afin que cette action soit efficace et absolue, des conditions réalistes doivent être créées en vue de permettre aux travailleurs de participer à la gérance, au contrôle, à la supervision de nos services et entreprises ainsi que ceux de létat. Pour éliminer le "dépouillement irresponsable", la première chose à faire est de procéder dune manière absolue et juste aux réformes administratives tout en honorant réellement les talentueux et vertueux en les mettant à la bonne place selon leur capacité. La réalisation fondamentale de ces deux obligations demande à la Confédération déduquer, dorganiser les travailleurs de manière à ce que ces derniers puissent sunir avec le parti et laider efficacement. Le gouvernement doit faire valoir sérieusement létat de droit dans lequel règlements et lois doivent être à la fois sévères et justes, en même temps, les facteurs humains publics et démocratiques de la société doivent être réellement respectés et élargis de jour en jour.
La Banque Mondiale et les organismes fournisseurs daides financières révisent leur politique à légard du Vietnam
(Hanoi - Reuter, 17.9.97) - Devant le ralentissement des réformes économiques au Vietnam, il est possible que la Banque Mondiale et les pays qui fournissent des aides financières révisent leur politique vis à vis de Hanoi en Novembre prochain.
Daprès Reuter, le vice président de la Banque Mondiale, M. Jean Michel Sévéréno, a déclaré le 15 Septembre dernier, que les pays fournisseurs daides financières se plaignent du ralentissement actuel des réformes économiques, alors que les investisseurs étrangers ont rencontré "beaucoup de difficultés" au Vietnam. Ces problèmes, selon M. Sévéréno, seront discutés en Novembre prochain.
Les observateurs pensent que cette déclaration du vice président de la Banque Mondiale constituent une sévère critique à légard de la politique de Hanoi, cas assez rare pour le Vietnam, aidé par les organismes financiers internationaux depuis ces dernières années. Pour Reuter, qui cite les propos dun économiste à Hanoi, cest un signal sérieux à lattention des dirigeants vietnamiens, alors que lAssemblée Nationale va désigner les nouveaux président et premier ministre du pays.
Le Pen Club International condamne le gouvernement vietnamien
(Hanoi - AFP, 17.9.97) - Hanoi vient de rejeter les condamnations relatives aux problèmes des droits de lhomme au Vietnam du Pen Club International, lequel a tout récemment adopté une décision demandant aux autorités vietnamiennes de libérer MM. Doan Viet Hoat, Nguyen Dan Que, Thich Tue Si, Nguyen Manh That et Nguyen Van Thuan qui sont des prisonniers de conscience, en particulier M. Doan Viet Hoat dont la santé saffaiblit gravement.
Selon le Ministère vietnamien des affaires étrangères, les cinq personnalités en question sont incarcérés pour avoir violé les lois du Vietnam, et leur état santé est normale.
Le
Secrétaire Général des Nations Unies
critique le gouvernement vietnamien
(New York - AFP, 17.9.97) - Le Secrétaire Général des Nations Unies, M. Kofi Annan, a fait part de sa déception en apprenant quun jeune journaliste vietnamien nait pas été autorisé à suivre un stage de perfectionnement dans le cadre du programme de formation des Nations Unies.
Au cours dune réception organisée à New York hier midi à lintention des quatre étudiants étrangers qui vont suivre ce programme grâce aux bourses attribuées par les Nations Unies, le Secrétaire général a déclaré quil "regrette que le cinquième journaliste soit absent". En dépit de son intervention personnelle, le journaliste Nguyen Manh Hung na pu recevoir la bourse.
M. Nguyen Manh Hung, journaliste du magazine Vietnam Investment Review, avait reçu la notification de la bourse qui lui était destinée, mais il na pas pu obtenir de visa de sortie. Selon lAFP, il se montra très surpris en apprenant cette décision gouvernementale, étant donné quon ne lui a jamais communiqué officiellement le rejet de sa demande de visa, et ajouta quil ne croit pas à lexistence au Vietnam de quelquun qui refuse daller étudier à létranger. Malgré sa déception, le journaliste a déclaré quil garde bon espoir pour lannée prochaine.
En refusant le visa de sortie au journaliste, les autorités vietnamiennes a fait connaître que ce refus est motivé par le fait que la lettre dinvitation des Nations Unies a été expédiée directement à lintéressé sans passer par le service concerné du gouvernement. On sait que, lorganisation des Reporters Sans Frontières a aussi adressé une lettre de protestation aux autorités vietnamiennes à propos de cet acte doppression à lencontre des journalistes.
Les Paysans défient le Parti Communiste Vietnamien (PCV)
(HANOI, 20/9/97).- Le journal La Montagne au Centre de France vient de citer le journal Nhân Dân publier à Hanoi la semaine dernière. La colère paysanne exprimée récemment avec une ampleur sans précédente en province face à une corruption devenue insupportable a mise le Parti communiste au défi, le poussant à intervenir pour tenter de prouver qu'il avait la situation en main. Après un silence de plusieurs mois, ces graves "turbulences" ont donné lieu dans la presse officielle à une rare entreprise d'explication par laquelle le PCV souhaitait démontrer qu'il savait réagir lorsque sa crédibilité est menacée, estiment les observateurs.
L'organe officiel du Parti, le journal Nhân Dân, vient ainsi de publier une série d'articles sur les causes des manifestations qui ont touché en Mai et Juin 128 des 285 communes de la province de Thai Binh. Thai Binh au sud-est de Hanoi est une province stratégique à deux titres : c'est l'un des grands producteurs de riz, au nord, c'est aussi le berceau de la Révolution communiste.
Sanctions. Ne pouvant plus garder le silence sur cette affaire qui s'est largement ébruitée les autorités ont fini par donner leur version du "pourquoi" de la colère paysanne et ont montré du doigt les coupables : des cadres locaux véreux. Qui plus est, elles ont donné raison aux villageois en colère.
Le Nhân Dân a ainsi fait porter la responsabilité locales "qui ont tourné le dos à la population" en "prenant ses doléances à la légère". Il a aussi accusé les cadres qui gèrent des sommes de plus en plus importantes" et dont certains ont succombé face à l'argent facile".
Une cinquantaine de cadres ont été relevé de leurs fonctions à Thai Binh. Mais l'enquête sur les innombrables malversations continue et "le Parti est décidé à couper des têtes" estime un membre du Parti communiste qui parle d'une reprise en main de la province". "On élimine les agents responsables des troubles"; explique un diplomate, et d'une certaine manière "le Parti dit aux paysans : vous avez raison de vous révolter. Il a récupéré les événements de Thai Binh à son profit".
Protections. Mais les explications officielles sont un peu courtes, remarque un observateur vietnamien. "La carence bureaucratique "ne suffit pas à expliquer ces troubles, il aurait fallu évoquer "les réseaux de relations, de protection". De même, le rôle visiblement joué par des cadres retraités et d'anciens militaires dans l'organisation de ces manifestations a été passé sous silence.
Le PCV, qui avait dépêché sur place des membres du Bureau politique, est à évidence très inquiet des risques de contagion. Mardi, le Quotidien de l'Armée a révélé l'existence de "beaucoup d'incidents complexes" dans quatre provinces du Centre. Des rumeurs circulent sur une agitation dans d'autres provinces du Nord. 80% des Vietnamiens sont des ruraux, dont l'écart des revenus n'a cessé de se creuser avec les citadins.
Soulèvement au Centre du Vietnam
(Hanoi - VNN le 16/9/199). Le quotidien Quan Doi Nhan Dan (Armée du Peuple) dans son éditorial paru le 16/9/1997 a reconnu que: "Il y a des soulèvements depuis plus de 10 ans dans les régions au Centre du Vietnam qui s'étend de la province de Quang Binh jusqu 'à la province de Thanh Hoa". Soit la moitié Nord du Centre du Vietnam qui fut le berceau du Parti Communiste Vietnamien.
L'auteur a confirmé que: "L'idéologie marxiste est à la dérive et les cadres du PCV se montrent capables de gérer les affaires de la province". Il demande aux autorités de prendre des mesures afin de redresser la situation. Faute de quoi le Parti perdra tout le soutien de la population. Il a proposé que le PCV doit être honnête, reconnaitre ses erreurs et punir sévèrement les responsables. Dans un autre paragraphe, il a reconnu que: "Les abus de fonctions et les pôts de vin sont à l'origine de tous les désordres actuels et les amplifient".
Dans l'ensemble de l'éditorial, l'on a constaté que les mots "mécontentements du peuple, situation complexe, insécurités politiques, présence des forces hostiles au PCV " reviennent sans cesse. Enfin l'auteur confirme que les administrations locales sont paralysées par ces désordres. L'éditorial écrit encore: "Pendant la politique de changement, l'application de l'économie de marché a engendré des parasites et des escrocs. Maintenant, ces parasites se sont infiltrés partout dans la vie quotidienne du peuple, tant dans les villes qu'à la campagne" . Il faut noter que la 4 ème Région Militaire mentionnée dans l'éditorial fut le berceau de la révolution communiste. Maintenant, cette région devient le siège des soulèvements dont quelques uns inquiètent sérieusement le Parti. Les désordres sont provoqués par les soit disant " forces anti gouvernementales " qui appliquent la stratégie de l'évolution pacifique.
Enfin l'éditorial conclut que le mouvement populaire de Thai Binh est un exemple pour le Parti, "il faut trouver une solution rapide et efficace pour satisfaire les réclamations légales du peuple. Faute de quoi, une révolution populaire sera inévitable ".
Violation de dignité des salariés
(Binh Thuan - VNN 16/9/1997). Le responsable de l'atelier de confection Sud Coréenne à Binh Thuan, Mr Young Ho Lee a obligé 20 ouvrières vietnamiennes à s'agenouiller pendant 15 minutes pour motif "Erreur de numérotage sur les produits ". L'affaire s'est produite il y a environ 2 mois, mais la direction a voulu l' étouffer.
Mme Vu Thi Ngoc Lien, responsable du syndicat officiel a ajouté que "M. Yuong Ho Lee a utilisé le bâton pour frapper aux pieds des ouvrières qui n'ont pas obtemptéré à temps ". Le Directeur adjoint et chef de la section de syndicat de la chambre de Commerce a fait savoir qu 'elle a perdu beaucoup de temps pour obliger la Direction à convoquer une réunion pour résoudre cet affaire. Enfin, la direction a reconnu que ce fait est une violation de la loi. Malgré les demandes répétées de la Direction, M Yuong a refusé de signer le procès verbal et de présenter des excuses aux victimes. Malgré le fait que l'affaire est porté devant les services compétents, M. Yuong a pu quitter librement le Vietnam sans être inquiété le 1/9/97 pour Séoul avec la complicité des fonctionnaires vietnamiennes.
Sommet de la
Francophonie :
Protestation de la Fédération Internationale pour la Liberté
A l'occasion du Sommet de la Francophonie prévue en Novembre 1997 à Hanoi, la F.I.L et l'ensemble des Associations de réfugiés vietnamiens libres de France (constitué en Comité International contre le Gouvernement Communiste Vietnamien) ont émis une protestation à ce sujet, tant auprès de Monsieur Le Président de la République Française que du Gouvernement Français, en demandant le soutien des Chefs d'Etat Francophonie, estimant qu'un régime autocratique qui bafoue notoirement les "Droits de l'Homme", ne devait pas bénéficier d'un tel honneur. Voici, le texte de la déclaration signé par M. Tran Binh Tinh, Président du Comité International contre le Gouvernement Communiste Vietnamien.
"Le gouvernement communiste actuellement en place au Viet Nam s'est proposé d'organiser le "sommet des chefs de l'Etat francophonie", les 14, 15 et 16 Novembre 1997. Mais cet événement servirait sa propagande. Il souhaite en effet démontrer qu'il n'est ni dictatorial, ni oppressif pour s'attirer la sympathie des Etats libres et à monnaie forte. Alors que ce gouvernement continué à faire régner la terreur au Vietnam qu'il plongé dans la misère la plus noire".
Faut-il rappeler qu'en 1991, sur l'instigation des gouvernements belge et canadien, les peuples francophones constatant que le Zaïre bafouait, comme le Vietnam aujourd'hui, les Droits de l'Homme et du Citoyen, ont refusé à l'unanimité que le Zaïre ait l'honneur d'accueillir les Chefs d'Etat des pays francophones. Afin d'obtenir, la même condamnation, et, plus généralement l'abolition de Parti Unique au Vietnam, la coalition des Associations Vietnamiennes et l'ensemble de la communauté vietnamienne à l'étranger ont constitué, le 12 Avril 1997, un "Comité international contre le gouvernement communiste Vietnam", qui dénonce l'utilisation du Sommet de la Francophonie par la propagande communiste.
Le premier objectif de ce Comité est de rechercher l'appui des gouvernements francophones et des personnalités attachées aux valeurs de la Liberté et de la Démocratie".
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