Difficultés rencontrées au Vietnam par les vietnamiens d'outre mer


Difficultés rencontrées au Vietnam par les vietnamiens d'outre mer ''Les vietnamiens à l'étranger font, à tout instant, l'objet de sollicitude de la part du gouvernement vietnamien qui les invite sans cesse à apporter leur finance et connaissance au pays ! Mais aussi, à tout instant, ils sont redoutés par ce gouvernement pour leur propagande pour la démocratie et leur atteinte à la stabilité du pays. Différents des étrangers, les vietnamiens d'outre mer rencontrent beaucoup de difficultés quand ils rentrent au pays. N'ayant eu aucune confiance dans le système juridique et dans l'économie socialiste, ils n'ont pas beaucoup investi comme l'a espéré le gouvernement''.

Ce sont les observations générales du journaliste Adam Schwartz dans l'hebdomadaire Far Eastern Economic Review paru le 17.10.96. Dans l'article intitulé ''Vous ne pouvez plus revenir au pays : les vietnamiens d'outre mer confrontés aux difficultés dans leur patrie'', Adam Schwartz a écrit de Hanoi :

''Alors qu'il avance sur la voie de la rénovation économique, le Vietnam a placé beaucoup d'espoir dans la masse des vietnamiens d'outre mer pour leur contribution intellectuelle et financière. En Août dernier, dans une réunion sur la politique à l'égard des vietnamiens à l'étranger, le vice premier ministre Phan Van Khai a dit :''Bon nombre de vietnamiens d'outre mer, bien formés à l'étranger, possèdent de bonnes connaissances scientifiques, de hautes compétences économiques. La majorité d'entre eux sont jeunes et n'ont pas de préjugés contre notre régime. La plus grande communauté, qui s'établit aux Etats Unis, compte environ 1,4 millions, d'autres, environ 25O.OOO vivent en France, 160.000 en Australie. La plupart s'enfuyaient du Vietnam en 1975 au moment de la chute du régime du sud, et après, au cours des 10 années de difficultés économiques ».

Pourquoi les vietnamiens à l'étranger ont-ils investi si peu ?

Le Far Eastern Economic Review a écrit : « Jusqu'à ce jour, selon Phan Van Khai, la campagne de mobilisation du gouvernement n'a qu'un succès très limité. L'année dernière, environ 265.000 vietnamiens à l'étranger sont revenus au pays pour rendre visite à leur famille. Certains ont investi un peu dans les branches d'hôtels et restaurants, dans les secteurs qui rapportent rapidement. En outre, ils ont envoyé chaque année à leurs amis et familles de 600 à 700 millions de dollars. Quelques uns d'entre eux ont investi un capital assez important, seulement le nombre d'investisseurs passés par les formalités officielles suivant la loi d'investissement étranger a diminué de jour en jour. Les statistiques de l'Etat montrent qu'en ce qui concerne les vietnamiens d'outre mer, il n'y a que 42 projets, d'une évaluation totale de moins de 100 millions, a rapporté Nguyen Ngoc Ha, chef du comité de vietnamiens à l'étranger à Saigon ».

Comparés aux étrangers, les vietnamiens d'outre mer ont des avantages certains: ils ont la culture et la langue maternelle, pourquoi ont-ils investi si peu ? L'auteur considère ce fait comme un mystère avec une multitude d'explications. Le gouvernement a reconnu qu'il n'est pas réaliste en espérant beaucoup. N'étant pas semblables aux communautés indienne et chinoise à l'étranger, les vietnamiens d'outre-mer, n'appartenant qu'à une seule génération, n'ont pas suffisamment de temps pour accumuler les capitaux. Nguyen Dy Nien, vice ministre des affaires étrangères responsable du problème des vietnamiens à l'étranger, a dit : « Les vietnamiens d'outre-mer sont principalement issus de familles pauvres, ils n'ont ni de ressources financières ni de capitaux ».

Quant aux vietnamiens, ils disent : « l'investissement au Vietnam rencontre beaucoup d'obstacles ». Des complications qui auraient dû être rectifiées se reproduisent. Le Vietnam est un lieu d'investissement difficile où on risque des pertes sans le savoir. Le gouvernement surveille, soupçonne et s'oppose aux vietnamiens plus qu'aux étrangers. Il n'y a pas très longtemps, il permettait aux vietnamiens de bénéficier des droits d'investissement à peu près semblables à ceux appliqués aux vietnamiens dans le pays, seulement les vietnamiens d'outre mer doivent accepter de sévères conditions, par exemple, ils doivent présenter l'original de l'acte de naissance, ce qui est très difficile après tant de pénibles péripéties en mer, ils sont obligés de payer 5% de taxes pour les marchandises qu'ils expédient à l'intérieur du pays. Propagande pour la démocratie des vietnamiens d'outre mer ? A tout instant, le gouvernement communiste redoute les vietnamiens réfugiés ''réactionnaires''. L'hebdo-madaire en question écrit : le régime sait bien qu'une minorité de vietnamiens lutte sans cesse contre lui et s'inquiète de la propagande pour la démocratie de plus en plus répandue, causant ainsi l'instabilité dans le pays. Nguyen Dy Nien a dit : ''il n'y a qu'une minorité d'entre eux qui se comporte en ennemi du régime, mais elle est trop bruyante, nous ne permettons pas à ces gens de rentrer au pays''.

Propagande pour la démocratie des vietnamiens d'outre mer ?

A tout instant, le gouvernement communiste redoute les vietnamiens réfugiés ''réactionnaires''. L'hebdo-madaire en question écrit : le régime sait bien qu'une minorité de vietnamiens lutte sans cesse contre lui et s'inquiète de la propagande pour la démocratie de plus en plus répandue, causant ainsi l'instabilité dans le pays. Nguyen Dy Nien a dit : ''il n'y a qu'une minorité d'entre eux qui se comporte en ennemi du régime, mais elle est trop bruyante, nous ne permettons pas à ces gens de rentrer au pays''.

Les vietnamiens d'outre-mer ont l'impression qu'ils ne sont pas de vietnamiens à part entière, et en même temps qu'ils ne sont pas non plus des étrangers. Même les sociétés étrangères les soupçonnent, hésitent de les embaucher, surtout lorsque leur société doit souvent négocier avec le gouvernement, du fait que la masse des vietnamiens d'outre mer, en général, sont des réfugiés politiques ayant une attitude très critique à l'égard du gouvernement. Certains d'entre eux aussi font l'objet de violentes critiques de la part de ses amis et parents à l'étranger lorsqu'ils se décident à rentrer au Vietnam pour y travailler ou y monter une entreprise. Un expert bancaire anonyme à Hanoi a exprimé en ces termes:''Il existe dans le pays une crainte au sujet des révoltes possibles. Beaucoup de personnes ne veulent pas que nous nous joignions aux communistes''. Selon le journaliste Adam, un vietnamien d'outre-mer à Washington, militant pour la démocratie, a dit : ''Les vietnamiens d'outre-mer, qui pensent que les jeunes sont naifs et inexpérimentés face aux manipulations des communistes, peuvent ''sans le vouloir'' aider les communistes à « maintenir leur pouvoir ».

Un traitement différent pour les vietnamiens d'outre mer ?

Ken Sears, un conseiller privé à Vung Tau, compare les vietnamiens d'outre mer comme des boxeurs de boxe anglaise qui manquent d'entraînement et qui n'ont pas ''l'habitude d'être boxés vivement'' quand ils se rendent au Vietnam. Ici, une idée se répand largement selon laquelle tous les vietnamiens d'outre mer, très riches et mauvais, sont retournés au pays pour profiter et exploiter les autres. Hai, un vietnamien commerçant à Los Angelès, indique qu'il a visité le Vietnam cinq fois pendant trois ans et il n'y a rien trouvé. Il dit :''La difficulté majeure est la mentalité des vietnamiens qui ne croit en personne''. Quelques commerçants vietnamiens à l'étranger furent soupçonnés par les gens dans le pays, notamment à la fin de la décennie 80 et au début de 1990, période d'ouverture économique, parce qu'ils profitèrent d'eux. Toutefois, cette opinion a changé peu à peu quand les grandes sociétés comme Unocal, Bank of America, Mobil Oil envoyèrent dans le pays des vietnamiens d'outre mer âgés pour s'occuper de la gestion de leurs entreprises.

Les vietnamiens d'outre mer ne s'habituent pas à aux différences de traitements dûs au sexe. Nguyen Thao, une professionnelle formée au Danemark dit :''La société vietnamienne est dirigée uniquement que par des hommes, je n'aime pas cela''. Tandis que Ho Tuyen dit qu'au Vietnam,''les hommes étrangers parlent et accomplissent des faits qu'ils n'ont jamais fait dans leur pays''.

Les vietnamiens d'outre mer sont habitués à une société démocratique.

Toujours selon le Far Eastern Economic Review, les vietnamiens d'outre mer raisonnent comme suit : Leur contribution à la rénovation du pays sera plus efficace si le gouvernement apporte une solution à leur intéressement, dont le premier est la qualité de citoyen.

Dans le domaine de l'investissement, ils sont traités comme des étrangers, empêchés de toucher à la sphère réservée aux vietnamiens, alors que dans le domaine pénal, ils sont considérés comme les habitants du pays et obligés de se soumettre aux lois de l'Etat, y compris l'emprisonnement. Au Vietnam, il n'y a rien qui puisse assure la sécurité aux vietnamiens d'outre mer même s'ils sont des citoyens d'un pays étranger possédant un passeport comme des étrangers. Le vice ministre Nguyen Dy Nien a dit :''La loi est une chose, mais notre constitution n'accepte pas la double nationalité''.

Au Vietnam, le droit de citoyen est primordial, il est difficile d'y vivre sans ce droit. Nguyen Dy Nien indique que le pays ''ne peut accepter les ressources financières et les connaissances des vietnamiens d'outre mer'' jusqu'au moment où Hanoi détermine clairement leurs droits et devoirs".

Bref, selon le journaliste Adam Schwartz, les vietnamiens à l'étranger qui rentrent au pays doivent confronter à beaucoup de difficultés : soupçonnés, surveillés, traités de façon distincte, ils ne s'y sentent pas en sécurité en raison du système juridique communiste et des conditions de vie non appropriées. Rentrer au Vietnam c'est participer à une aventure périlleuse pleine de risques où l'on perd l'argent et la santé, où l'on peut à tout moment être surpris par un malheur imprévu. Dix ans de rénovation, caractérisés par très peu d'occasions propices aux affaires, très peu d'investissements des vietnamiens d'outre mer, amènent une grande déception aux autorités communistes vietnamiennes.

Pour terminer cet article, le journaliste a emprunté la conclusion de Melle Nguyen Thao, une professionnelle en gestion de la société Foremost :''A l'égard de la jeunesse vietnamienne à l'étranger, le Vietnam est un endroit plein d'aventures et de risques. Mais il n'est plus amusant à la fin. Lorsque l'aventure est terminée, personne n'aime y rester''.

Habitués à vivre dans les pays civilisés, libres, démocratiques où ils bénéficient d'une pleine sécurité, d'une justice équitable, les vietnamiens d'outre mer ne parviennent pas à revenir vivre dans un pays gouverné par la police, plein de violences et de terreurs, un pays où la justice et les droits de l'homme sont violés, où toutes sortes de libertés sont accaparées par l'Etat. L'essentiel du problème se situe aussi dans le domaine politique, mais pas seulement dans le domaine culturel, économique ou psychologique. Le ''mystère'' ici, ne serait-il pas l'esprit anti-communiste immuable des vietnamiens d'outre mer ?

Hoang Lan

.


Retour au sommaire

Retour à la page d'accueil de AVL