Lettres de femmes

Mme Vu Thuy Ha, épouse du Docteur Pham Hong Son à pris à témoin l'opinion public sur la maltraitance des autorités vietnamiennes à l'encontre de son époux.

Mme Tran Thi Quyêt a, elle aussi, écrit aux autorités pour protester contre les agissements illégaux de la police politique qui ont arbitrairement brutalisé et emprisonné son fils Nguyen Khac Toan.

Mme Nguyen Thi Kim Chung, mère du jeune avocat Le Chi Quang, a écrit une lettre pour demander toute aide pour faire libérer son fils et faire cesser les mauvais traitements qu'on lui fait subir pour avoir dénoncer la cessation secrète de territoires nationaux à la Chine par les autorités de Hanoi et pour avoir réclamer plus de démocratie au Vietnam.

Le fait que ces trois femmes dénoncent, haut et fort, l'injustice qui frappe leur proche doit nous interpeller. Ce sont de jeunes gens pleins d'avenir qui pour avoir dénoncer les travers du Pouvoir et du Parti sont maintenant réduits au silence dans les prisons vietnamiennes.

L'avocat Le Chi Quang, âgé de 32 ans, a été arrêté sous motif fallacieux "d'avoir diffusé sur Internet des textes critiquant le Parti".

M. Nguyen Khac Toan, 47 ans, a été arrêté, pour avoir photographier et diffuser les images des manifestations, devant le Parlement, des Paysans du sud venus protester contre la corruption et l'accaparement des terres par les cadres communistes.

Le Docteur Pham Hon Son, 37 ans, est emprisonné pour avoir traduit et diffuser un texte intitulé "Qu'est ce que la démocratie ?"

Il faudrait rajouter à ces trois personnes, M. Nguyen Vu Binh, emprisonné pour avoir adressé, à la Député américaine Sanchez, une lettre décrivant les atteintes aux droits de l'homme au Vietnam. M. Nguyen Vu Binh est également l'auteur d'une lettre demandant aux autorités le droit de fonder un Parti d'opposition au Vietnam. Nous croyons savoir que la femme de M. Nguyen Vu Binh subit de nombreuses pressions de la police politique et rencontre de nombreuses difficultés et tracasseries à son travail. Malgré cela, elle continue à soutenir son mari.

Il faut savoir que vivre sous le régime communiste vietnamien, c'est vivre sous contrôle et s'exposer à être suivi en permanence. Et quand la police politique décide de surveiller une personne, c'est toute sa famille qui se trouve exposer. Elle est alors soumise à des pressions de toutes sortes pour accepter de renseigner la milice sur les agissements de leurs proches.

Si les prises de positions des dissidents contre le Parti communiste vietnamien forcent notre admiration, il ne faut pas autant oublier leur famille qui dans l'ombre, malgré les pressions du pouvoir, continue à les soutenir et aider.

Les exemples sont nombreuses, tel la famille du Docteur Nguyen Thanh Giang, de M. Pham Que Duong, de M. Tran Khue, ou encore la famille du Docteur Nguyen Dan Que, du père Nguyen Van Ly, de M. Le Quang Liem...

Mais, chose remarquable avec les trois familles du Docteur Pham Hong Son, l'avocat Le Chi Quang et M. Nguyen Khac Toan, c'est qu'elles osent maintenant sortir de l'ombre et prendre publiquement fait et cause pour leur proche emprisonné.

On ne peut oublier l'image de ces mères argentines qui interpellaient chaque jour la junte militaire au pouvoir pour connaître le sort de leur fils et filles disparues. Aujourd'hui, des femmes vietnamiennes s'élèvent à leur tour pour dénoncer le sort que les autorités vietnamiennes font subir à leur mari et fils.  

Devant un tel courage, nous ne pouvons être indifférents. C'est pourquoi nous devons les aider par des lettres d'encouragement, matériellement s'il le faut pour les sortir de l'isolement auquel les autorités communistes vietnamiennes voudraient les cantonner.


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