Quand Hanoi informe sans informer

Depuis la fin de l'année dernière, tous les Vietnamiens, sans aucune distinction politique, sont à la recherche du texte du traité redéfinissant la frontière sino-vietnamienne signé en Décembre 1999 entre Pékin et Hanoi. Quête sans grand succès, car le traité est étrangement frappé du secret d'état. Puis soudain, le 29 Août dernier, ce document est publié, en catimini, dans la rubrique "Loi" de la page Web du journal Nhan Dan (Le peuple).

Tous nos auditeurs vietnamiens connaissent sûrement l'importance de ce traité qui, selon plusieurs personnalités vietnamiennes, aurait permis à la Chine de s'approprier plusieurs centaines de kilomètres carrés du territoire vietnamien, en retour de la protection que la parti Communiste chinois fournirait aux dirigeants actuels. C'est pourquoi les vietnamiens s'en inquiètent et demandent à lire le contenu du traité avec toutes ses annexes.

Cèdant sous la pression populaire, le parti communiste vietnamien a décidé de faire publier le texte du traité sur le site Web du Journal Nhan Dan. Mais aucun journal, ni même l'organe officiel du Parti, n'en font écho dans le pays. Le journal Nhan Danh n'en fait même pas mention dans sa version papier. Le document a donc juste été, comme on le dit maintenant, posté sans aucune publicité sur le Web.

Au vu de nombre d'internautes vietnamiens, dont ceux extérieurs au parti qui ont réellement les moyens de rechercher un document sur le web, on peut dire que les personnes vivant au Vietnam pouvant accéder à ce document doivent former une trés petite communauté. C'est qu'on appelle : informer sans informer.  

Que peut-on lire réellement sur le Web ? D'abord le décret signé par Nong Duc Manh, actuel Sécretaire général du parti, alors président de l'Assemblée national, puis le texte du traité, lui même. On note que le décret a été ratifié eu Juin 2000, soit trés peu de temps après la signature du traité en Décembre 1999. On peut féliciter la diligence des députés communistes à approuver un traité qui a pris quand même presque vingt ans à être mis au point.

Sur le contenu du texte lui même, on regrette que la description des points de repère sont restés très vagues, ne citant à aucun moment des coordonnées géographiques, un scandale à l'ère du GPS. Mais, il est vrai que le GPS est un système totalement capitaliste, qui plus est, contrôlé par les impérialistes américains.

Mais, le plus regrettable, c'est que le traité reste incompréhensible tant qu'on ne dispose pas des annexes cartographiques auquelles le texte se référencie sans cesse. Or de cartes, il n'y en a pas la moindre trace sur le fameux site du journal Nhân Dân.

Ainsi, Hanoi continue à délivrer une information incompléte et à jouer au petit jeu de la désinformation.


[Documents][Communiqués de Presse] [Retour à la page d'accueil de AVL]