Les tours de passe-passe des gouvernants

Dernièrement, les autorités de Hanoi organisent à grand bruit des réunions, des débats sur ce qu'elles appellent l'Etat de droit à la socialiste. Un des participants, le professeur Hoang van Thao constate qu'au Vietnam, l'Etat de droit a des hauts et des bas. Quand le bureau politique du parti communiste vietnamien donne le feu vert, tout le monde fait l'éloge de l'Etat de droit, puis le feu passe au rouge, on recommence à violer les lois de plus belle.

Lors du 9ème congrès du parti, on avait passé une résolution indiquant qu'il fallait construire au Vietnam un Etat de droit sous le contrôle du ârti. On commence donc par amender la Constitution dont l'article 2 stipule dorénavant : 'L'etat socialiste est un etat de droit à la socialiste. Tous les pouvoirs appartiennent au peuple fomé par l'alliance des paysans, ouvriers et intellectuels.

En fait, quand le parti dit que le pouvoir appartient au peuple, cela signifie que le pouvoir, tous les pouvoirs appartiennent au Parti. Pour avoir fait ce constat, Nguyen Duc Binh membre du Comité central a été mis à la retraite.

Et depuis l'amendement de la constituion, Nguyen Khac Toan est arrêté le 8 Janvier pour avoir aidé les paysans à mener une marche de protestation mais on ne sait toujours pas quelle loi il a violé. Car il n'y a aucune loi qui interdit les marches de protestation contre les injustices des chefs communistes locaux.

Pour avoir dénoncé le traité sur la frontière sino-vietnamienne, l'avocat Le Chi Quang est arrêté le 21 Février et accusé de répandre des fausses rumeurs (article 88 du Code civil). Ainsi quand on n'est pas d'accord avec un traité signé par les autorités, on répand de fausses rumeurs, c'est vrai qu'au Vietnam les autorités sont toujours clairvoyantes.

Pour avoir traduit un document expliquant ce qu'est la démocratie Le docteur Pham Hong Son est arrêté le 27 Mars et accusé d'espionnage. Ce document est en fait un document publié sur le site Web de l'ambassade des Etats Unis au Vietnam. Mais pourquoi, le bureau politique n'a pas demandé au Président Clinton de ne pas faire son discours sur la démocratie lors de sa visite au Vietnam. Il est vrai qu'à ce moment, le Vietnam n'était pas encore un état de droit.

On pourrait citer encore le cas du docteur Nguyen Dang Que ou du chercheur Ha Si Phu en résidence surveillée, ou le cas du Père Nguyen van Ly condamné à 15 ans de travaux forcé. On pense aussi à Trân Dô qui vient de décéder et qui fait toujours peur au bureau politique. Ses Mémoires sont toujours interdits de publication, car on a peur que le peuple connait la vérité sur les abus du Parti. Comme si le peuple ne voyait rien.

Ainsi l'Etat de droit n'existe au Vietnam que par période, et quelle que soit la période, le peuple n'a aucun droit.


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