Les dix problèmes les plus significatifs concernant
des violations des Droits de l'Homme au Vietnam

 

1)      Le problème des prisonniers politiques et de conscience

Selon les rapports des organisations internationales de défense des Droits de l'Homme, le Vietnam continue de maintenir en détention de nombreux prisonniers politiques et de conscience. Il existe de nombreux cas de vietnamiens emprisonnés depuis de longues années dont professeur Nguyen Dinh Huy et le prêtre catholique Pham Ngoc Lien. Le procès du père Nguyen Van Ly a défrayé les chroniques en 2001. Le père Ly a été condamné à 15 ans de prison pour avoir courageusement appelé les autorités vietnamiennes à respecter les libertés religieuses au Vietnam. Il est actuellement détenu dans la prison de haute sécurité de Nam Ha. En 2002, les autres démocrates comme MM Pham Hong Son, Le Chi Quang, Nguyen Vu Binh, Nguyen Khac Toan ont été arrêtés pour avoir critiqué les conventions de délimitations des frontières terrestres et maritimes avec la Chine. Ces quatre démocrates sont toujours maintenus en prison sans aucun jugement.

2)      Le problème des assignations en résidence surveillée

Depuis des années, les autorités vietnamiennes ont légalisé, par le décret de 31/CP du 14 avril 199,7 des mesures d'assignation en résidence surveillée visant les démocrates et les dirigeants religieux du pays. Ce décret viole délibérément les droits fondamentaux de l'homme car il autorise des internements administratifs sans qu'un jugement ne soit jamais rendu. Plusieurs organisations de défense des Droits de l'Homme et le Parlement européen par la résolution B40736/98 du 17 juillet 1998 ont demandé au Vietnam d'abroger ce décret qui autorise les mesures les plus arbitraires. Mais les autorités vietnamiennes semblent ignorer ces demandes et utilisent plus que jamais ce décret pour réprimer toutes oppositions. Les dirigeants des Eglises, des opposants connus par l'opinion publique comme l'intellectuel Ha Si Phu, le poète Bui Minh Quoc, le chercheur Tran Khue, le docteur Nguyen Dan Que font, tous, l'objet des mesures d'assignation en résidence surveillée.

3)      Le problème des répressions religieuses

Les autorités vietnamiennes continuent d'interdire ou d'imposer des restrictions aux activités religieuses des Eglises comme celles de l'Eglise Bouddhique Unifiée du Vietnam, l'Eglise Bouddhique Hao Hoa, L'Eglise Cao Dai. Cette politique de répression a pour conséquence l'interdiction à la délégation du Parlement Européen de rendre visite aux dirigeants des églises victimes de la politique de répression religieuse tels que le vénérable Thich Huyen Quang, assigné en résidence surveillée dans la province de Quang Ngai depuis 20 ans, le vénérable Thich Quang Do, dans la pagode de Thanh Minh à Saigon depuis Mai 2001. Pendant la même période, les revendications pour les libertés religieuses des catholiques du diocèse de Nguyet Bieu ont été très sévèrement réprimées. Le père Nguyen Van Ly a été condamné à 15 ans de prison et les autres prêtres Phan Van Loi, Nguyen Huu Giai ont été assignés en résidence surveillée. L'Eglise Bouddhique Hoa Hao n'est pas mieux lotie. Son dirigeant Monsieur Le Quang Liem est toujours assigné en résidence surveillée à Saigon.

4)      Le problème de répression des opposants

Outre une politique d'internement préventif et de détention administrative, les autorités communistes du Vietnam continuent de pratiquer une politique insidieuse alternant harcèlements moraux et menaces physiques à l'égard des opposants. Ces actions visent à rendre très difficiles la vie quotidienne de leurs familles et à détruire leur dignité par la propagande des médias officiels. Le 2/8/2002, 21 opposants ont signé une pétition envoyée à l'Assemblée Nationale pour dénoncer les mesures de harcèlement et les actions illégales des autorités, comme la coupure des lignes téléphoniques afin d'empêcher les opposants de pouvoir communiquer avec l'extérieur.

5)      Le problème de liberté d'expression et de presse

La Constitution de la République Socialiste du Vietnam stipule clairement que : "les citoyens ont le droit à la liberté d'expression, à la liberté de presse, à la liberté de recevoir de l'information, à la liberté de réunion, de constituer des associations, de manifester selon les dispositions prévues par la loi (Paragraphe 5, article 69). En réalité, tous ces droits ont été sévèrement restreints voire interdits par les autorités. Tous les médias doivent se soumettre aux directives officielles et respecter la censure officielle. La presse privée n'a pas droit d'exister. Toutes les publications doivent être autorisées au préalable par le gouvernement. Durant ces dernières années, les dirigeants religieux et les démocrates ont demandé, à de nombreuses reprises, aux autorités d'appliquer le droit sur la liberté d'opinion et de presse, en particulier le droit aux publications privées. Non seulement les autorités continuent d'ignorer ces revendications et accentuent les mesures de répression par des menaces physiques et des emprisonnements. Vers le début de 2002, les autorités ont confisqué et détruit de nombreux manuscrits de dissidents. Des mesures ont également été prises pour contrôler le réseau Internet par l'instauration d'un pare-feux national destiné à empêcher tous les vietnamiens d'aller sur les sites jugés dangereux par le gouvernement vietnamien tel que les sites des organisations de défense des Droits de l'Homme ou des vietnamiens d'outre-mer.

6)      Le problème de liberté de déplacement

La liberté de déplacement est un droit fondamental de l'Homme inscrit dans la Constitution de la République Socialiste du Vietnam: "Tous les citoyens ont le droit à la liberté de déplacement et d'élire leur résidence, la liberté de se rendre à l'étranger et de revenir dans le pays selon les dispositions légales" (Paragraphe 5 - Article 68). Mais en réalité, ce droit est fortement limité par de nombreuses mesures. La restriction des déplacements de la population par des contrôles des cartes de distribution alimentaire continue à être appliquée. En particulier, les autorités cherchent par tous les moyens à restreindre les déplacements des opposants. En Décembre 2001, le poète Bui Minh Quoc s'est vu refuser l'autorisation de visiter les frontières du Nord. Les autres opposants n'ont pas le droit de se rendre en dehors de leur localité sans autorisation. Le droit de se rendre à l'étranger a été aussi sévèrement contrôlé. Plusieurs dirigeants religieux, intellectuels, artistes se sont vus refuser l'autorisation de répondre aux invitations d'organisations internationales.

7)      Le problème des minorités ethniques

En Février 2001, des dizaines de milliers de personnes appartenant aux minorités ethniques dans les provinces de Kontum, Gia Lai, Dac Lac , sur les Hauts Plateaux, ont déclenché un soulèvement qualifié de sans précédent par les autorités communistes depuis leur arrivée au pouvoir. Ce fut un soulèvement massif contre la politique de discrimination et de répression religieuse des autorités vietnamiennes, et contre les mesures de réquisitions des terres ancestrales, procédées par les cadres communistes. La révolte a été sévèrement réprimée par l'armée. L'on ignore toujours le nombre exact de morts et de disparus lors de cette campagne de répression brutale. Mais des témoins qui ayant pu échapper à la répression en se réfugiant au Cambodge parlent de plusieurs régiments de l'armée régulière dépêchés avec d'importants moyens sur les Hauts Plateaux pour écraser la révolte. Plusieurs villages ont été massacrés et les survivants traqués et éliminés. Malgré cela, la situation demeure toujours tendue sur les Hauts Plateaux car la seule solution prônée par les autorités vietnamiennes consiste à utiliser la force pour mater les revendications des minorités ethniques.

8)      Le problème des zones rurales

80% de la population vietnamienne vivent dans les zones rurales où les violations de Droits de l'Homme y sont quotidiennes sans témoins extérieurs et surtout sans possibilités de recours. Dans ces zones, la population manque de moyens d'information, d'éducation, de soins, c'est pourquoi là plus qu'ailleurs, elle est la victime de mesures arbitraires d'expropriation, et doivent supporter des taxes et impôts exorbitants destiner à financer l'appareil communiste. Cet appareil, érigé depuis des années dans le but d'assurer le contrôle de la population rurale, s'est transformé au fil du temps en un système féodal où règnent les cadres communistes locaux corrompus et brutaux. De nombreuses taxes injustifiées sont levées pour piller la population. Cet argent est, par la suite, détourné pour les besoins personnels des membres du Parti Communiste. En 1997, des dizaines de milliers de vietnamiens de la province de Thai Binh se sont révoltés contre les autorités locales. Ces dernières années, la répression dans les zones rurales a provoqué de plus en plus des réactions de révolte parmi la population, écœurée et désespérée par les mauvais traitements et la corruption généralisée qui règnent dans les provinces. De nombreuses manifestations de paysans ont eu lieu devant l'Assemblée Nationale ou devant les résidences des dignitaires du Parti Communiste.

9)      Le problème du travail

Il n'existe pas de liberté syndicale au Vietnam. Aucun syndicat indépendant n'est autorisé en dehors du syndicat officiel, la Confédération Générale du Travail , inféodé au Parti Communiste. Les salariés sont obligés d'adhérer au syndicat officiel mais sans être assurés d'être défendus en cas de violation des droits du travail. La collusion du pouvoir, du syndicat officiel et les directions des entreprises étrangères implantées au Vietnam, a créé de très nombreux cas de violations des droits du travail: dépassement d'horaire sans compensation, manque de protection-sécurité adéquate, environnement insalubre, prélèvements injustifiés sur les salaires, non-respect des droits du travail en ce qui concerne les congés payés , les congés de maternité , ... Des atteintes à la dignité des femmes salariés ont été signalées, viols, fouilles corporelles dégradantes, insultes, mauvais traitements, exploitation du travail des enfants . En outre pour rembourser les dettes et se fournir en devises étrangères, les autorités vietnamiennes utilisent l'expatriation massive des salariés dans les pays voisins. Ces salariés sont exploités dans les pays de l'Est, la Corée du Sud et Taiwan comme de la main-d'œuvre bon marché et subissent de nombreux mauvais traitements.

10)   Le problème des élections et l'application des principes démocratiques

L'article 4 de la Constitution de la République Socialiste du Vietnam stipule que le Parti Communiste est la SEULE force dirigeante du pays. Cet article est par essence anti démocratique car il ne repose sur aucun fondement constitutif, et sur aucun référendum populaire. Par cet article, le Parti Communiste contrôle toutes les activités de la société civile dans tous les domaines économiques, sociaux, politiques. Toutes les institutions telles que l'Assemblée Nationale, le gouvernement, la justice sont sous le strict contrôle du Parti Communiste. Toutes les élections qu'elles soient locales, régionales ou nationales sont organisées et préparées avec les résultats connus par avance. Tous les candidats indépendants non mandatés par le parti sont systématiquement écartés. En Mai 2002, M. Pham Que Duong, un dissident bien connu, s'est présenté aux élections législatives vietnamiennes. Il a subi de nombreuses pressions et menaces et a été rayé d'office de la liste des candidats.


[Documents][Communiqués de Presse] [Retour à la page d'accueil de AVL]