Les Communistes Vietnamiens et le Sommet de la Francophonie de Beyruth

Le 9ème sommet de la Francophonie s'est déroulé les 18, 19 et 20 octobre dernier à Beyruth. C'est la 1ère fois, que ce sommet se tient au Moyen Orient. Les sommets de la Francophonie fut lancé en 1986 à Paris sur une initiative du Président François Mitterrand. C'est en 1987, lors du 2ème sommet au Canada que la décision fut prise d'organiser ce sommet une fois tous les 2 ans. Ainsi en 1997, le 7ème sommet fut organisé à Hanoi et le 8ème sommet en 1999 à Bamako. Le 9ème sommet devait initialement se tenir l'année dernière mais les événements tragiques de New York l'ont fait avorter à cette année. A Beyruth, on a compté la participation de 55 pays et 49 chefs d'Etat. La délégation des Communistes vietnamiens est menée par Trân Duc Luong lui même.

Pendant longtemps, le français fut la langue des diplomates et l'anglais celui des commerciaux. Mais depuis la 2ème guerre mondiale, l'Anglais a pris le pas sur le français et le remplace dans tous les domaines. La France reste néanmoins une puissance économique et la culture française continue à influencer le monde bien qu'ayant perdu un peu de son rayonnement. Des efforts ont été entrepris depuis dès les années 1950 pour rassembler les pays pratiquant le français en une force capable de contrer l'influence grandissante des pays anglophones. Ces efforts aboutissent en 1986 mais on doit se constater que les francophones ne compte que 260 millions de pratiquants dans certains pays participants, le français n'est pratiqué que par une très petite minorité : 18,5% en Suisse et 0,2% au Vietnam.

Avec seulement 0,2% de la population qui conaissent le français, le Vietnam est-il un pays francophone ? On peut assurément dire que non, mais les communistes vietnamiens y ont trouvé un moyen de raccrocher à la communauté internationale. La France désirant avoir un point de chute dans l'Asie du Sud-Est préfère fermer les yeux et accepter la candaditature des communistes vietnamiens : c'est ce qu'on pourrait appeler en terme diplomatique une convergence d'intérêt.

Mais depuis, les communistes vietnamiens n'ont pas trouvé compensation à l'adhésion à la Francophonie. En dehors de quelques aides économiques dispensés parcimonieusement, et de bourses limitées, Hanoi essuie surtout des remarques désobligeantes quant à leur politique de répression, sur leur non respect des Droits de l'Homme. C'est pourquoi Hanoi se désintéresse peu à peu du sommet. Ainsi peu de personnalités Vietnamiennes ont fait ce déplacement à Beyruth, contrairement à la délégation de Nong Duc Manh, Secrétaire général du parti, qui quelques jours auparavant visitait en grandes pompes le Japon et la Russie.

Il est vrai aussi que les communistes vietnamiens ont bien du mal à discuter d'échanges culturels entre les peuples, et d'aborder des sujets comme de paix ou de démocratie. Tout habitués qu'ils sont à exercer la répression, à réprimer les libertés, et à bafouer les Droits de l'Homme.

Dommage que le 9ème sommet de la Francophonie n'a pas oser suivre les conseils des Reporters sans frontières, qui demandaient d'exclure le Vietnam, le Laos, la Tunisie et la Guinée Equatoriale pour grave violations répétées des Droits de l'Homme.


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