A chaque période de fin d'année lunaire, les souvenirs du Tet Mau Than remontent, tristes, douloureux. Les familles des victimes, ceux qui ont combattu pendant ces journées de nouvel An, ne peuvent sûrement pas oublier.
Certains pensent que la plupart des Vietnamiens, nés après cette période funeste, ignorent tout de ce qui se passe au Sud Vietnam en 1968. Ils n'ont pas forcément raison. Car la mémoire du peuple existe. Elle perpétue les souvenirs. Il y avait cinq ans, des Vietnamiens, comme d'autres personnes ont publié des articles, des images des crimes que les communistes ont commis lors du Têt 1968. D'autres dossiers doivent être constitués pour que l'histoire contemporaine du Vietnam soit la plus complète sur cette période de guerre entre le Nord et le Sud. Les témoignages doivent être receuillis pour que la vérité soit connue.
Les communistes vietnamiens ont organisé, à partir du 19 Janvier dernier, au "Palais de l'exposition" à Saigon, une exposition intitulée : "35 ans, le grand soulèvement du Tet Mau Than". Ils ne racontent pas ce qu'ils ont fait dans les villes du Sud Vietnam, en particulier à Hue. Ils n'abordent que le côté stratégie des batailles. D'après les récits publiés dans les journaux, Ho Chi Minh et le Bureau Politique se sont réunis en Décembre 1967, puis le Comité Central du parti Communiste Vietnamien a décidé en Janvier 1968 de "porter la lutte révolutionnaire vers une étape supérieure, visant une victoire décisive". En fait, l'attaque a été décidée bien avant, car il fallait des renforts, approvisionner en armes et munitions dans les zones sécurisées au Laos et au Cambodge.
Février 1968, sur le corps d'un "bô dôi", mort devant l'arsenal de Go Vap, une lettre adressée à une femme, on ne saurait jamais, si c'était sa soeur ou sa fiancée. Hai, le nom du jeune bô dôi, raconte qu'il est fier d'être parmi les premiers à fouler le sol de Ho Chi Minh Ville (ainsi le changement du nom de Saigon a été décidé depuis ce temps là et non en 1976), qu'il a beaucoup souffert pendant la traversée de la cordillère Truong Son, qu'il n'a pas été accueilli comme on le lui avait raconté, que grâce à la radio d'un de ses chefs, il savait qu'on fêtait le Têt chez lui. Par ailleurs, on lui disait que les gens du Sud se sont soulevés et qu'il va être reçu comme un libérateur. Et pourtant il ne trouva que des gens désespérés fuyant à son arrivée et la mort qui l'attendait ...Sa lettre restera à jamais inachevée...
Beaucoup, des centaines de milleirs de jeunes vietnamiens du Nord sont dans son cas. On leur racontait que les gens du Sud se sont soulevés, mais nulle part on a vu de soulèvements. On voyait les gens fuir à leur arrivée. Est-ce de colère, que les communistes ont massacré tant d'innocents à Hue, colère car ils s'attendaient à un soulèvement et qu'il n'en a pas eu ?
La propagande communiste a toujours compté l'attaque violente du Tet Mau Than comme une grande victoire. Mais elle oublie de dire que les communistes ont signé une trêve de 3 jours pour que la population puisse fêter le nouvel an. Ils n'avaient pas respecté cette trêve et armés jusqu'aux dents, ils portaient la mort à la population. Au fait, ont-ils exposé les photos des charniers des alentours de Hue ?
35 ans sont passés. Mais la parole non tenue des communistes reste encore dans la mémoire des gens, la mémoire du peuple.
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