Les deux faces de la justice communiste vietnamienne

En ce fin demois de février, tout le monde au Vietnam parle du procès du siècle, l'affaire Nam Cam qui vient de s'ouvrir le 25. Un procès monstre avec 154 accusés, dont certains furent des grandes pontes du régim. C'est aussi, un procès où la presse, vietnamienne et étrangère est invitée à assiter, un procès qui est diffusé sur les radios et stations de télévision. Tout ce tralala est pour montrer au monde entier, que le Parti communiste vietnamen est vraiment décidé de faire la guerre à la corruption.

A première vue, tout le monde parait satisfait. Dans ces pays où la dictature règne, il est rare de voir des procès où des membres bien placés du Parti se tenir humblement devant un tribunal et avouer être complices d'une bande de brigands. Enfin des corrupteurs au tribunal.! Et tout le monde attend le verdict qui sera donné dans quelques semaines, voire quelques mois, car c'est un procès, on l'avait déjà dit, monstre. Mais personne n'est dupe. Car personne ne croit à ce que le Parti voulait faire croire, c'est à dire que le parti communiste vietnamien part en guerre contre la corruption. Car du théâtre politique, les vietnamiens en ont vu, et en verront encore dans le futur. Ce n'est pas un procès, fut-il montre, qui va éradiquer la gangrène.  

Les plus incrédules sont encore les reporters étrangers à qui on a pourtant donné toutes les facilités pour interviewer, filmer, photographier ! Ingrats personnages, comme les reporters de Financial Times qui décrit l'inquiétude des investisseurs étrangers devant la faiblesse des moyens pour combattre la corruptio. Iingrats comme les observateurs de Transparency International qui classe le Vietnam au deuxième des pays d'Asie ayant les dirigeants les plus corrompus.

La justice communiste vietnamienne a deux faces. Celui qui est montré à tout le public comme dans l'affaire Nam Cam. Et une autre justice qui juge les dissidents, les objecteurs de conscience. Comme les procès du père Nguyen Van Ly, du juriste Le Chi Quang, en huis clos, presque sans avocat et où même la famille proche n'a pas le droit d'assister. Car si ces procès peuvent être assistés par la presse étrangère, on verra que la répression règne au Vietnam et que les Droits de l'Homme y sont régulièrement violés.

Que croire dans un pays où la justice a deux faces ? Une pour réprimer ceux qui ne sont pas d'accord et qui osent le dire ouvertement et une pour faire de la propagande. Personne ne croit en cette justice. Récemment, Madame Tran Dung Tien a écrit une lettre pathétique, demandant aux hauts dirigeants du Parti Communiste Vietnamien de gracier son mari. Mr Tiên fut un membre fervent du Parti, jusqu'à ces dernières années où il comprend que le parti le trompe. Dernièrement, il signe une pétition pour protester cntre les accords sino vietnamiens sur la frontière, puis il proteste violemment contre l'arrestation arbitraire de Mr Pham Que Duong. Il fut arrêté récemment et nul ne sait où il est emprisonné. Des rumeurs ont laissé entendre qu'il est déjà mort en prison, ou de toute façon il sera condamné à mort. Madame Tran Dung Tien, connaissant bien la justice de son pays, n'a d'autre recours que supplier en vain les bourreaux d'épargner son mari.

Mais Mr Tran Dung Tien est un avant-garde de ceux qui; à force de courber le dos, vont se révolter pour rétablir une vraie justice auVietnam.


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