Durant ce mois de février, Le ministère de l’Intérieur vietnamien a organisé un grand séminaire sur l’organisation de l’Etat. Le Parti communiste Vietnamien a également tenu, ce 20 février, une conférence sur la fonction publique. Pendant ce temps, la machine de propagande du Parti fait le maximum pour remettre au jour le décret n°136 sur la « réorganisation de l’administration » émis par l'actuel Premier ministre Phan Van Khai, en septembre 2001.
Dans ce décret, Phan Van Khai établissait un bilan sur l’administration vietnamienne. A la lecture de ce bilan, on pourrait croire lire la critique en règle du Parti rédigée par quelques dissidents. En effet, Phan Van Khai, pourtant Premier ministre, accuse son administration d'être trop centralisée, trop bureaucratique et égraine une longue liste de disfonctionnements de l’administration.
D’après Monsieur Khai, les fonctions des appareils de l’Etat sont mal définies ou non adaptées, tandis que le partage des responsabilités entre les services restent plus que flou. L'administration vietnamienne est paralysée à tous les niveaux par la paperasserie et des procédures contradictoires. A cette lecture, on douterait que ces propos soit ceux d'un Premier ministre dirigeant l'Etat depuis 6 longues années, sans compter les 10 ans où il fut vice Premier ministre et membre influent du Bureau politique du Parti. Monsieur Khai continue pourtant en trouvant l’appareil de l’Etat est trop lourd, les fonctionnaires trop incompétents, les cadres trop bureaucrates, et tous plus corrompus les uns que les autres, cherchant plus à nuire qu’à servir. On comprend les difficultés des simples vietnamiens face à une administration aveugle et on comprend les difficultés insurmontables que rencontrent les investisseurs étrangers qui finissent souvent par renoncer.
Phan Van Khai explique les disfonctionnement de l'administration par:
- Premièrement, des fonctionnaires qui ignorent ce qu’est l’administration de l’Etat.
- Deuxièmement, des défaillances dans la mise en application des décisions.
- Et troisièmement, des lois et décrets non adaptés à la réalité.
En définitive, non seulement les membres du Parti ne comprennent rien au fonctionnement de l’Etat, mais les dirigeants du Parti ne comprennent rien à la situation du pays.
Ce constat pitoyable aurait été émis par une autre personne que le Premier ministre, celui ci se serait retrouvé en prison avant même que l’encre du papier n'ait pu sécher.
Mais, les ficelles de ce stratagème sont bien trop grosses. En mettant en accusation l'administration, Phan Van Khai espère laver, sur le plan intérieur, le Parti communiste vietnamien de la responsabilité des maux de la société vietnamienne. Il oublie que la grande majorité des fonctionnaires et cadres sont des membres du Parti communiste vietnamien: Parti qui, par la Constitution, est placé au-dessus des lois et de l’Etat ? Chacun est fondé à se sentir protéger par le système et donc intouchables. Alors pourquoi s'étonnaient des dérapages de l'Etat.
Sur le plan extérieur, face à une dégradation de la situation de moins en moins supportable pour les organisations internationales qui financent une partie de l’économie, Monsieur Khai espère attirer leurs faveurs par l'annonce d'un nième réforme de l'administration.
Mais ces réformes rencontre la résistance des fonctionnaires à tous les niveaux qui y perdraient beaucoup de leurs intérêts personnels, et révèlerait souvent la grande ignorance des responsables en place. Monsieur Khai espère entreprendre une réorganisation lançant des formations des fonctionnaires.
Nous avons bien une autre solution à proposer au Premier Ministre Phan Van Khai: Et si on demandait au Parti Communiste Vietnamien de ne plus s’occuper de l’Etat.
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