Récemment, le porte parole du ministère des Affaires Etrangères a protesté violemment contre deux députés démocrates américains, Monsieur Ed Royce et Madame Zoe Lofgren qui déposaient une proposition de loi au Congrès. Cette proposition, enregistrée sous le numéro HR 1019 et intitulée : "Loi sur la liberté de presse au Vietnam en 2003", vise à augmenter la puissance et la fréquence de la Radio Free Asia (Radio de l'Asie Libérée) pour contrer les tentatives de brouillage de la part des gouvernements communistes du continent asiatique.
En effet, Hanoi ne cesse d'émettre des ondes de brouillage pour empêcher les Vietnamiens d'écouter les radios émises à l'étranger comme RFA, la RFI (Radio France Internationale), Chan Troi Moi (Nouvel Horizon), ... D'après Mr Royce, c'est une violation flagrante de la liberté : "Le Vietnam défie le monde en empêchant la libre circulation de l'information. Selon la Déclaration Universelle de l'Homme, tout le monde a le droit de s'informer, et cela sans être limiter par les frontières".
Si cette loi est adoptée par le Congrès, elle permettrait à RFA d'émettre 4 heures au lieu de 2, et peut-être de franchir le mur de brouillage de Hanoi. Elle abordera aussi le problème d'Internet en instaurant un laboratoire d'essai, dans le cadre du Bureau International de Diffusion Radiophonique pour empêcher les contrôles sur Internet. Selon Mr Ed Royce, cette loi aiderait à informer les Vietnamiens et à diffuser la valeurs démocratiques dans ce pays. Et Internet est aussi un moyen efficace de faire connaître aux jeunes les informations exactes sur l'état du monde et du Vietnam. C'est pourquoi les communistes veulent empêcher les gens d'accéder aux informations.
En effet, ce que craint le plus Hanoi c'est que les gens accèdent aux informations. Et le porte parole du ministère des affaires étrangères de ce régime d'attaquer la proposition de loi HR1019 : "C'est une vision erronée du Vietnam. La liberté d'expression, comme la liberté de la presse sont garanties par la Constitution et le gouvernement s'efforce de fournir les informations les plus exactes à la population". Puis il s'efforce de démontrer qu'il existe effectivement au Vietnam une liberté de presse : "Il y a 486 journaux au Vietnam et 80 % de familles vietnamiennes ont accès à la radio, et tout le monde a des facilités pour accéder à Internet". Les journalistes présents ont failli s'étrangler de rire devant de telles incongruités.
Car le porte parole du régime de Hanoi a oublié de mentionner que dans la Constitution, il y a aussi l'article 4 qui met le Parti Communiste Vietnamien au dessus de la loi et de l'Etat. Et que seul le Parti communiste peut décider si les libertés mentionnées dans l'article 69 doivent être respectées ou non. Le porte parole n'a pas non plus expliqué pourquoi Mr Tran Do, lors de son vivant, n'a jamais obtenu la permission de publier son journal. Ni pourquoi le juriste Le Chi Quang et ses amis sont en prison avec comme motif : utiliser Internet pour diffuser leurs écrits et pensées. Le porte parole n'a pas daigné non plus rappeler que tous les médias, les 486 journaux, toutes radios et télévisions, au Vietnam sont sous contrôle sévère du parti. D'ailleurs, Nguyen Khoa Diem, membre du Bureau politique, chargé de la Commission Culturelle du Parti n'a-t-il pas oublié de rappeler à l'ordre les journalistes lors du Congrès de Journalistes en février 2002 : "Le journalistes doivent veiller à écouter, comprendre et appliquer les consignes du Parti."
On peut tout dire, à condition de dire la même chose que le Parti. C'est cela, messieurs et mesdames, la liberté d'expression selon le parti communiste vietnamien.
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