La langue fourchue du Parti Communiste Vietnamien

Ces derniers temps, la guerre d'Irak a accaparé l'attention du monde entier. Récemment on a pu voir sur les écrans de télévision, les colonnes de chars Abram américains franchir le Tigre et entrer dans Bagdad. Tandis que le ministre d'information irakien Monsieur Mohamad Al Sahhaf organisait une conférence de presse improvisée pour  prédire, en dépit de toutes les évidences, une défaite historique de l'armée américaine.

Le jeu d'acteur du Ministre irakien proférant ses mensonges et bravades sans sourciller est pour nous incompréhensible, mais doit être replacer dans le cadre d'une dictature dans laquelle  la population n'a comme seule source d'information, depuis des décennies,  le Parti Baas au pouvoir. La propagande y a force de loi et  nul n'a le droit de penser autrement. Au cours de cette guerre, le régime irakien avait décidé qu'il n'y avait pas de dangers,  et donc les habitants des villes n'ont pas eu le droit de se réfugier à la campagne pour s'abriter des bombardements, au contraire ils ont dû sortir dans les rues pour chanter, devant les télévisions, la gloire de Saddam.

Ceci n'est pas très éloigné d'une autre dictature qui sévit au Vietnam où elle impose aussi le même monopole sur l'information, où on interdit les publications autres que celles du Parti et où les radios étrangères sont systématiquement brouillées.

En Mars dernier, quand deux députés américains déposèrent un amendement de loi pour permettre d'augmenter la puissance de la Radio Free Asia afin de permettre aux Vietnamiens d'avoir une autre source d'informations, le porte-parole du régime communiste vietnamien s'en était indigné. D'après les autorités de Hanoi, les Vietnamiens ont toutes les informations nécessaires et la liberté de presse n'a jamais, mais jamais, été menacé au Vietnam.

Le docteur Nguyên dan Quê, en résidence surveillée depuis plus de vingt ans, publia alors un communiqué de presse, où il infirme les dires du porte-parole vietnamien et apporte son soutien à l'initiative américaine. Il fut immédiatement jeté en prison pour "espionnage". Aurait-il, encore une fois, révélé un secret d'état ?

Le 3 Avril dernier, Washington publie son rapport annuel sur l'Etat des  Droits de l'Homme dans le monde. Hanoi, mis à l'index, a réagi aussitôt en publiant sur tous les journaux officiels des articles sur l'impérialisme américains.

Le 4 Avril, 30 députés américains ont déposé, au Congrès, la proposition de loi HR 1587 visant à améliorer la situation des Droits de l'Homme au Vietnam. Hanoi ne peut plus contenir sa colère et convoque une conférence de presse pour accuser les Etats Unis d'avoir porter un coup dur aux relations entre les deux pays. Le régime communiste de Hanoi ne craint rien de plus que les rapports sur les Droits de l'Homme d'Amnesty International, du Human Right Watch, de Reporter sans Frontière et particulièrement celui du Congrès des Etats-Unis, car ils remettent en cause sa légitimité en dénonçant les répressions du pouvoir.

Après avoir signé les accords commerciaux avec les Etats-Unis, le gouvernement vietnamien a oublié un peu vite que le respect des Droits de l'Homme est une des conditions essentielles du commerce avec les Etats-Unis et que le gouvernement américain doit faire au Congrès Américain un rapport précis et détaillé.

Le président George W Bush, a déclaré la guerre en Irak au nom de la démocratie et du respect des Droits de l'Homme. Dans ce contexte, la proposition HR 1587 pourrait bien passer et ceci au grand dam du Parti Communiste Vietnamien.


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