Le 28 Avril dernier, l'OMS, l'Organisation Mondiale de la Santé, vient d'annoncer que d'après les rapports reçus, les pays suivants : le Canada, le Vietnam et Singapour, ont réussi à cerner la propagation du SARS. Et l'OMS retire aussitôt ces pays de la liste des pays à éviter. Selon Mme Pascale Brudon, représentante permanente de l'OMS au Vietnam, aucun cas de SARS ne s'est déclaré depuis 3 semaines. Et le gouvernement de Hanoi d'annoncer triomphalement que le Vietnam est le premier pays asiatique à contenir cette maladie. On ne peut que se féliciter de cette bonne nouvelle, surtout pour les pauvres vietnamiens qui ont peu de moyens de se soigner.
Mais, revenons à la date du 26 Février quand on apprend la première fois l'existence de cet te maladie. C'était le jour où les médecins de l'hôpital franco vietnamien alertent à l'OMS l'existence de cette maladie, suite à l'hospitalisation d'un touriste américain d'origine chinoise qui l'aurait contracté à Hong Kong d'un autre médecin chinois venant du Sud de la Chine. Puis tout le monde connaît la suite. 43 personnes fut atteintes, 5 en est mort, dont le docteur Carlo Urbani, celui qui le premier a décelé la maladie. Trois semaines plus tard, à mi Mars on apprend que la maladie s'étend dans une vingtaine de pays dans le monde, en particulier à Hong Kong, et en Chine où le gouvernement adopte la politique de l'autruche. Le nombre de malades s'accroît de jour en jour, le nombre de morts aussi. Mais étrangement, au Vietnam, le nombre de malades et de morts ne change pas d'un iota. La santé publique au Vietnam serait-elle plus efficace que celle de Hong Kong ou celle du Canada ?
Pendant longtemps, Pékin persistait à annoncer que le SARS était pratiquement inconnu en Chine. Puis, devant l'insistance de l'OMS pour connaître la situation réelle, Pékin avoue quelques petits chiffres, puis des chiffres plus proches de la réalité, puis sacque le ministre de la Santé et le maire de Pékin et on apprend que des milliers de personnes sont atteintes du SARS et que chaque jour la liste des morts s'allonge. Pourtant l'OMS pense que la vérité est encore plus cruelle.
Revenons au Vietnam. Si la maladie ne s'était pas déclarée dans un hôpital français, qu'en serait-il aujourd'hui ? Bien que l'OMS ait donné la bénédiction au gouvernement vietnamien pour sa bonne conduite, beaucoup de personnes persistent à croire que la maladie ne se limite sûrement dans la seule région de Hanoi. La frontière avec le Sud de la Chine serait-elle plus imperméable avec la maladie qu'avec les produits de contrebande ? Les virus auraient-ils peur de franchir une frontière poreuse ?
On comprend que Hanoi fait tout pour faire croire que la situation est redevenue normale pour sauver l'industrie touristique, et en particulier l'industrie hôtelière où tous les membres influents du Parti communiste vietnamien ont une participation plus que majoritaire. Mais, vu la manière dont les rapports se font au Vietnam pour obtenir des faveurs de la hiérarchie, on ne peut que douter. Comme il est si facile de mettre un malade atteint du SARS dans la colonne des malades atteints de pneumonie, on en doute encore plus.
Madame Brandon a sûrement raison de lever la quarantaine sur le Vietnam, surtout si elle croit ce qu'elle lit. Nous devons alors tous féliciter Hanoi, non pour l'efficacité de sa Santé publique, mais que le talent que les responsables ont pour cacher la vérité. Ah ! si on n'interdisait pas aux Vietnamiens de communiquer avec l'extérieur (voir l'exemple de Le Chi Quang ou de Nguyên Vu Binh), on apprendrait un peu plus sur l'étendue de la pandémie du SARS au Vietnam.
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