Depuis plus d'un demi-siècle, les communistes vietnamiens rabattent les oreilles de tout le monde avec la Révolution, avec un grand R, s'il vous plaît. Bien sûr, pas celle de 1789 de la France, ni celle de 1917 de la Russie, mais la leur, celle avec un grand R, celle du 19 Août 1945.
Ainsi en cette période, tous les organes de presse ne manquent pas, sur ordre bien sûr du Bureau politique du Parti Communiste Vietnamien, de publier, qui des souvenirs des témoins - naturellement choisis par le Parti -, qui des extraits d'historiens, bien sûr du Parti. C'est bien, cela permet aux jeunes d'apprendre un pan de l'histoire d'une période où même leurs parents n'étaient pas encore nés. Mais ce n'était pas le but du Parti. Le but du Bureau politique est de convaincre les jeunes que le Parti, malgré tous les méfaits et échecs actuels, mérite encore, de gouverner le pays grâce à leur sacrifice il y avait 58 ans.
Revenons en 1945. La deuxième Guerre mondiale venait de se terminer avec la reddition du Japon le 8 Août, les Français voulaient rétablir leur emprise colonialiste. Tous les Vietnamiens, y compris la plupart des communistes, voulaient l'indépendance. Nous disons la plupart des communistes, car les dirigeants communistes de cette période, guidés par Hô Chi Minh, voulaient une mainmise des Soviétiques, premier objectif depuis que le Parti Communiste Vietnamien fut crée en 1929. Bùi Hoàng Nguyên, un des historiographes du Parti, avoue sur le site Web officiel du Parti : "La création de la permière cellule du Parti Communiste est une première victoire des prolétaires contre toutes les autres tendances politiques vietnamiennes". Une petite précision que notre fameux historiographe. Bùi Hoàng Nguyên, pourtant très prolixe, a omis de dire que, le jour de la Révolution, avec un grand R, Hô Chi Minh se terrait encore en Chine.
Un autre écrivaillon du Parti, le sociologue Nguyên Manh Huong, explique sur le Web du journal Nhân Dân, que c'est à partir du 19 Août 1945 que les prolétaires vietnamiens sont vraiment les maîtres du pays. Quelle ironie ! N'importe quel touriste, quel visiteur peut se rendre compte dans quelles conditions misérables vivent les ouvriers vietnamiens encore, en ce début du 21 siècle, conditions pires que celles décrites par Emile Zola et les romanciers réalistes français du 19ème siècle. Sans compter les différentes exactions commises par le pouvoir pour satisfaire la cupidité, et la corruption. En réalité, les seuls gagnants de cette fameuse révolution, avec un grand R, ce sont les dirigeants du Parti Communiste Vietnamien. Ils ont le pouvoir mais surtout ils ont des dollars, pas quelques dollars, mais des milliards, gardés précieusement dans des comptes numérotés ou transportés avec eux dans des mallettes en cuir.
Mais en fait, en lisant la suite de l'article du sociologue Nguyên Manh Huong, on se demande si ce n'est pas un humoriste. Parce ce qu'il affirme, que la vraie contribution de la révolution, avec un grand R, est la démocratie qui s'installe depuis un demi-siècle au Vietnam. Il est vrai aussi, que la démocratie pour les communistes, c'est réprimer ceux qui n'ont pas les mêmes idées qu'eux.
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