Que faire quand on visite un pays communiste ?

Faut-il visiter le Vietnam ? Faut-il envoyer de l'argent au Vietnam ? Ces deux questions ne cessent pas d'être un dilmemne pour tous les Vietnamiens vivant à l'étranger. Apparemment, elles sont aussi source de perturbation pour les démocrates du monde libre. Faut-il visiter les pays communistes ? Faut-il aider les populations de ces pays pour les sortir de la misère, de l'ignorance?

Deux points de vue. Pour les uns, toute aide à la population de ces pays revient à renforcer le régime en lui fournissant des devises étrangères. Pour d'autres, il faut échanger, commercer avec les pays communistes car cela va les pousser à la réforme.  Apparemment les deux points de vue s'opposent. Mais en regardant de plus près s'opposent-ils réellement ? Nous donnons ici l'opinion de Mme Françoise Hostalier, Présidente de l'Association "Actions Des Droits de l'Homme", publiée dans le Figaro du 1er Août, sous le titre "Témoigner contre le goulag cubain". Mme Hostallier constate que chaque année, environ 120 000 Français visitent Cuba pour s'y reposer, pour l'exotisme de cette grande ile des Caraibes, pour la nostalgie des maisons coloniales aux couleurs délavées, et aussi pour son coût de la vie très faible. Mais si la chaleur berce les touristes installés nonchalamment auprès des piscines ou au bord des plages, elle est accablante pour les prisonniers politiques du régime communiste de La Havane. On s'y sent en sécurité car la police veille sur tout, et gare à celui qui ose émettre une opinion autre que celle du régime. Quand les touristes vadrouillent à la recherche de l'exotisme ou se détendent devant les cocktails enivrants, d'autres pourrissent en prison, comme l'économiste Martha Beatriz Roque, condamnée à 20 ans de prison, ou le journaliste Raoul Rivero, condamné aussi à 20 ans de prison, ou 76 autres journalistes détenus sans jamais passer devant le tribunal.

Mme Hostalier, pourtant n'incite pas au boycott de ce pays transformé en goulag. Au contraire, elle demande à chaque touriste de se comporter comme un ambassadeur de la démocratie. Chaque touriste doit faire comprendre au régime cubain qu'il n'est pas dupe, qu'il connaît la dure réalité dans laquelle vivent les Cubains. Il doit réclamer le pouvoir de visiter les camps de ré-éducation, dont des dizaines sont situés dans La Havane même. Il doit aller visiter les prisonniers politques pour faire part de son soutien à leur juste combat. En faisant cela, il ne fait qu'exprimer la politique de son pays et sera forcément protégé par leur ambassades. Et les autorités cubaines n'osera rien faire car ils auront peur de tarir une source précieuse de devises. En communiquant avec les gens du pays , en partageant leur souci, en échangeant un sourire, le touriste les aidera  à mieux supporter leur condition et leur donnera le courage pour faire évoluer leur société. Le touriste devient alors un combattant pour la démocratie. Ce point de vue de Mme Hostalier pousse à l'engagement, contraire à une attitude passive qui est le boycott, solution somme toute facile et inefficace.

Revenons au Vietnam. On s'accorde sur un chiffre de 2,5 millions pour évaluer la diaspora vietnamienne, répartie dans près de 100 pays. 83 % de cette diaspora vivent dans les pays développés et 60 % d'entre aux Etats-Unis. Environ 11% d'entre eux visitent le Vietnam chaque année et chaque année, ils envoient environ 3 milliards de dollars pour aider la famille restée au pays. C'est pratiquement le tiers des devises étrangères reçues dans le pays. Pourtant, ces Vietnamiens de l'étranger sont mal traités par le régime communiste. Ils doivent mettre un billet vert dans leur passeport au moment où ils franchissent la police de frontière, puis un autre pour affronter la douane sans compter le petit paquet de cigarettes ou la bouteille de vin pour le chef communiste du village ou du quartier où leur famille réside. Ils le font sans plaisir, mais ils le font pour ne pas attirer la foudre sur la famille.

Pourquoi, un Vietnmaine, qui dans son nouveau pays est  considéré comme un citoyen à part entière, devient un citoyen de second zone dès qu'il rentre au pays ? Pourquoi renonce-t-il aux valeurs démocrates de leur pays d'adoption pour se soumettre docilement aux forces de répression de Hanoi ? S'ils se comportaient comme un citoyen du monde libre, que risqueraient-ils ? Au pire, ils seront expulsés par les communistes, et voilà l'occasion idéale pour crier au scandale, pour montrer du doigt ce régime exécré par tous.

Vietnamiens vivant à l'étranger, qui visittent le Vietnam, montrez-vous enfin dignes des valeurs démocratiques des pays qui vous ont acceuillis.


[Documents][Communiqués de Presse] [Retour à la page d'accueil de AVL]