C'est un fait divers, relaté sur le webpage du journal Lao Dong du 28-08-2003. Le 26 Août dernier, à 16 30 exactement, une fusillade a provoqué un embouteillage monstre à la hauteur d'une station de péage de la Nationale 51 qui relie Bien Hoa à Long Thanh. Le coupable est un certain Hoang Mai, commandant en son état et de surplus chef du service de Sécurité de la province de Dong Nai. Origine de la fusillade : les caissiers de la station de péage n'avaient pas reconnu à temps que c'était le chef de la Sécurité, habillé en civil, et avaient donc tardé à lui ouvrir la barrière, ce qui avait provoqué l'ire de ce dudit commandant.
Les journalistes, curieux de nature avaient poussé leur enquête plus profondément. Et découvrent toute une série de petits faits divers qui vont vous être relatés. Le commandant Hoang Mai, en civil, commençait son périple vers 14 heures dans un bar à karaoké. Vers 15 et quart, le tenancier du bar lui présentait la note. se voit demander "D'où viens-tu ? Ignores-tu qui je suis ?" puis s'entend menacer que son établissement qui serait un bordel déguisé, sera fermé. Tout étonné, le tenancier essaie de raisonner son client qui sortait son pistolet pour tirer quatre coups de semonce. Le client, donc le commandant Hoang Mai, déjà en colère, quittait le bar sans payer, en tirant plusieurs autres coups de feu en l'air. Il prenait la route vers Bien Hoa.
Suite des événements relatés par les caissiers de la station de péage. Une voiture se dirigeait vers la porte 3, celle des voitures n'ayant pas à payer le péage. Mais cette porte est fermée pour cause de panne. Ils demandaient donc au conducteur de passer par la porte 2. Un passager de la voiture descend avec un pistolet, le pointe vers une des employés " Merde, tu vas me laisser passer ou je te butes sur le champ". Heureusement, il n'y avait plus de balles dans le pistolet qui fut rechargé par le conducteur. A ce moment, l'agent chargé de la sécurité intervient : "Que se passe-t-il ? Pourquoi tout ce brouhaha ?". Le forcené, notre commandant Hoang Mai, hurla "Merde, je suis le chef ici, j'ai tous les droits, je vais buter tous ceux qui ne m'obéissent pas. Ouvrez moi le passage tout de suite, sionon je vais forcer la barrière !". Là dessus, le chef de la station de péage arrive, et s'aperçoit que c'est le chef de la sécurité de la province. Il le supplie de remonter dans sa voiture et de passer par la porte 2. Le commandant Hoang Mai remonte dans sa voiture et traverse le péage en tirant plusieurs coups de feu en visant l'agent chargé de la sécurité. Heureusement que ses tirs furent déviés.
Après toutes ces incartades, on pourrait croire que le commandant Hoang Mai s'est un peu calmé. Eh non ! Vers 16:50, il revient à la station de péage, avec son téléphone collé à son oreille. Et vers 17 et quart, une autre voiture arrive en trombe avec 6 civils à bord. Les six débarquent, 3 avec des mitraillettes AK et 3 avec des matraques, ils se mettent à fouiller toute la station de péage, attrapent l'agent chargé de sécurité et le tabassent. On amène le pauvre agent à l'hôpital. Et notre commandant Hoang Mai et ses acolytes quittent la station de péage enfin calmés, du moins on l'espère car les reporters n'ont pas eu échos d'autres incidents ce soir là.
Ce fut un petit fait divers. Le malheur pour les Vietnamiens, c'est que ce type de fait divers est trop fréquent au Vietnam. Les forces chargées de la sécurité, gardiens du régime, agissent impunément. On le sait moins quand il s'agit de brutaliser les gens dans leurs locaux, de tabasser les innocents dans les prisons. Sous prétexte de maintenir l'ordre. Mais la démonstration de leur pouvoir à ciel ouvert, dans un lieu public est aussi fréquente, et tous n'ont pas passé une heure dans un bar pour s'imbiber d'alcool, comme le commandant Hoàng Mai avant de tirer sur des innocents, transformés malgré eux en agents de l'étranger pris en flagrant délit.
Mais tout coupable qu'ils sont, est-ce vraiment leur faute quand ils agissent de cette manière ? Quand leurs supérieurs, les membres du politburo du Parti communiste Vietnamien, accusent tous ceux qui réclament pacifiquement la démocratie d'être des espiosn à la soldes des impérialistes étrangers. Quand le docteutr Pham Hông Son se voit infliger des dizaines de prison pour avoir traduit un document expliquant la démocratie.
Notre commandant Hoang Mai est peut-être un flic, et sûrement un voyou. Mais les pires voyous au Vietnam ce ne sont pas ces flics là, ce sont les membres du politburo du Parti Communiste Vietnamien.
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