Dès leur arrivée au pouvoir, les communistes vietnamiens ont instauré une politique communément appelée en vietnamien, "chanh sach ho khau", une sote de justification de résidence Les résidents d'un quartier sont inscrits pour un domicile fixe. Jusque là c'est normal. Ce qui n'est pas normal, c'est qu'ils n'ont plus le droit de quitter ce domicile sans la permission du responsable du quartier. Ils ne peuvent pas non plus passer la nuit dans un autre quartier sans la permission du responsable de ce quartier. Bref, ils sont comme les prisonniers de certains prisons modernes : libres de circuler dans la journée et forcés de rentrer au quartier dès que la nuit tombe.
Dans les années 80, où le régime contrôlait encore le ravitaillement, chaque habitant ne pouvait acheter sa ration de riz, d'huile, et d'autres produits de première nécessité que s'il était bien inscrit dans son quartier. Donc, les conscrits disparaissaient de la liste du quartier dès l'âge requis. C'était normal, car ils seraient inscrits sur la liste de l'armée.
Mais ceux qu'on voulait envoyer dans les nouvelles zones économiques, nom pour désigner les zones non encore défrichées des régions montagneuses désertes, sont aussi rayés de la liste des résidents du quartier. Le problème, est qu'ls ne pouvaient s'inscrire nulle part puisque ces zones sont inhabitées, donc ils ne pouvaient plus acheter les produits de première nécessité. Méthode très pratique pour éliminer les indésirables !
Quand on allait visiter un proche, résidant dans une autre ville, il fallait d'abord faire une demande pour "absence momentanée", puis demander un laiser-passer pour pouvoir voyager, puis arrivant à sa destination, se faire inscrire sur la liste comme "présence temporaire". Des fois, l'inscription est refusée, il fallait donc rentrer chez soi. Qquel que soit le cas, pour ne pas mourrir d'inanition en cours de route, il fallait apporter sa nourriture. Mais pour ce, il fallait une permission spéciale, car il était interdit de transporter de la nourriture, surtout du riz, d'un endroit à un autre. Et à chaque contrôle, et il y en avait beaucoup, souvent il fallait faire un petit don en guise de péage et compréhension. Même les malades devaient apporter la propre nourriture quand ils sont hsopitalisés car ils ne pouvaient être inscrits sur la liste des résidents permanents de l'hôpital.
Heureusement, depuis qu'au début des années 90, le Parti Commniste Vietnamien, forcé par les événements, libère les forces économiques, la population vietnamienne, par son travail et son assiduité, produit suffisamment de nourriture pour tout le monde sans que le Parti puisse intervenir. Mais le régime n'a toujours pas aboli la justification de résidence. On doit toujours déclarer les absences momentanées et les présences temporaires. Et gare à celui qui ne suit pas ces règles de contrôle absurdes. Le couple Pham Quê Duong a été mis en prison lors de son visite à Trân Khuê pour ce manquement au devoir de citoyen.
Certains de nos auditeurs vont nous rétorquer que c'est normal de contrôler les va-et-vient des gens pour assurer la sécurité. Mais, est-ce normal que les étudiants qui viennent résider dans le lieu de leur école, se voient refuser le droit de résidence ? Et sans cette justification, l'école ou l'université refuse leur inscription. Ainsi; certains bien qu'ayant réussi leur concours d'entrée dans une école réputée, doivent laisser leur place à d'autres plus privilégiés. On remarque que ces privilégiés sont souvent des cancres, mais issus des familles ayant des relations avec le pouvoir. Ainsi le Vietnam est le seul pays au monde où on chosit les étudiants suivant le critère de résidence.
Que voulez-vous ? Le Vietnam sous le régime du Parti Communiste Vietnamien est un pays où tout le monde est égal, mais certains sont plus égaux que d'autres.
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