Fin de parcours

Le début du ramadan de cette année marquera longtemps la mémoire des Américains, du moins ceux qui ont vu les terribles attentats de Bagdad. Mais pour les Vietnamiens, c'est l'image d'un bonze, le Très Vénérable Thich Thiên Hanh, prostré sur son divan, affaibli après plusieurs journées de jeûn, qui restera gravé dans leur mémoire et qui provoque en eux  un étrange mélange de sympathie et de colère. Sympathie pour ce bonze septuagénaire qui fait une grève de la faim pour protester contre une injustice flagrante  Colère contre ses bourreaux qui se comportent comme des malpropres bien qu'ils sont censés être les gouvernants du Vietnam

Ils ont assigné en résidence surveillée le Très Vénérable, verbalement, contrairement à toutes les procédures légales en vigueur. Ils n'ont pas osé répondre à la requête de 6 points du Très Vénérable et dont l'un des points soulevé est précisement la légitimité de l'assignation en résidence surveillée. Auparavant, ils ont esssayé d'arrêter la voiture qui conduisait le Très Vénérable Thich Huyên Quang quand celui-ci se rendait à Saigon. Ils ont expliqué que ce sont des fidèles qui ont commis cette incorrection. Mais ces fidèles, si on peut les nommer ainsi, ne savent pas lequel des occupants de la voiture est le Très Vénérable Thich Huyên Quang, car ce sont des policiers nouvellement mutés à Binh Dinh, déguisés en cidèles pour la mauvaise cause. Quand, ils ont arrêté la voitures d'autres vénérables à Luong Son, près de Nha Trang, confiquant tous les bagages sans donner aucune explication, ils se comportent en voyous, pire, en bandits. Pire encore, des bandits qui n'ont pas de code d'honneur, car le prétexte officielle  de cette confiscation est que les bonzes détiennent des secrets d'etat. Le seul mot pour qualifier ces événements : lamentable.

Lamentable comme la pensée Hochiminh, cette dernière invention des communistes vietnamiens qui ne savent plus comment faire face aux exigences du monde moderne et qui n'ont plus que des litanies dont plus personne n'est dupe. Depuis des décennies, ils ont essayé de réprimer la religion mais quand on voit la floraison des églises et des pagodes, on peut douter de la réussite de cette politique. Il est vrai aussi que les pagodes et les églises servent à la propagande comme quoi il n'y a jamais eu d'interdit de religion au Vietnam. Et puis cela sert à attirer les touristes. Lamentable !

A fin Septembre, quand le pape annonce les noms des nouveaux cardinaux, parmi lesquels l'archevêque du diocèse de Saigon, Monseigneur Pham Minh Mân, la réaction primaire est que Hanôi refuse cette nomination car le Parti Communiste Vietnamien n'est pas consulté. Puis 3 jours plus tard, le porte-parole officiel annonce que cette nomination est un grand honneur pour le Vietnam, car le Parti Communiste Vietnamien a enfin compris les paroles de Monseigneur Pham Minh Mân prononcées quelque mois auparavant : "Nous devons agir suivant notre âme et conscience, nous n'avons pas à demander à quiconque". Pirouette, pirouette ! Lamentable !

L'Eglise Bouddhique Unifiée du Vietnamien a tenu son assemblée générale extraordinaire sans l'assentiment du Parti Communiste, aucours de laquelle le Très Vénérable Thich Huyên Quang est nommé Patriarche Suprême de l'Eglise, le quatrième de la liste, et laissé vacant depuis la mort du Très Vénérable Thich Dôn Hâu en 1992. D'autres bonzes sont nommés à divers postes de direction de l'Eglise, ces titres sont rendus publics lors de l'assemblée générale de l'Eglise Bouddhique Unifiée Vietnamienne à lEtranger tenu en début du mois en Australie.Contrairement à l'Eglise catholique, l'Eglise Bouddhique unifiée du Vietnam n'est pas reconnue par le parti Communiste Vietnamien. Pourtant, son influence reste intacte sinon grandissante. Ce qui explique la lamentable réaction de ce parti qui gouverne le Vietnam.

Terminons par quelque chose qui nous élève de la médiocrité dans laquelle nous plonge quotidiennement le parti communiste vietnamien, écoutons le Très Vénérable Thich Quang Do.

"Si nous voulons faire de l'alpinisme et que nous craignons la difficulté, nous ne respirerons jamais l'air pur des hauteurs. Ainsi va la vie, nous devons faire front aux difficultés, et essayer de les résoudre, ce qui donne du piment à la vie. Mais si nous  manquons de courage pour vaincre nos malheurs, nous allons directement au désespoir".

Ce désespoir n'est-il pas dans la tête des dirigeants du parti Communiste Vietnamien. C'est peut-être la fin du parcours.


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