Tout le monde le sait, les communistes sont très habiles dans l'art d'utiliser des mots pour attirer les gens puis faire le contraire de ce qu'ils prêchent. Mais de temps en temps, ils font ce qu'ils disent. Par exemple, dans le temps, le Nord-Vietnam s'appelait République Démocratique du Vietnam mais durant plus 20 ans les Vietnamiens vivant dans cette partie du pays, n'ont jamais goûté à la démocratie. Puis en 1976, ils changèrent le nom du pays, en enlevant complètement le mot démocratie, le Vietnam devient République Socialiste du Vietnam et les gens savent encore moins ce qu'est la démocratie.
Voici une histoire, relatée par le journal Lao Dông qui illustre parfaitement ce qu'est la vie sans démocratie au Vietnam. Cela se passait dans la commune de Dai Thang, canton de Phu Xuyên, province de Hà Tây. Voilà comment débute le récit du journal. C'est une commune où les autorités ont viabilisé les rizières des paysans pour les revendre au prix fort, où les jeunes peuvent se passer du service militaire en payant 100 000 piastres, où pour se marier il faut payer 240 000 piastres, où les timbres administratifs coûtent plus cher que le prix marqué, où chaque famille doit payer une taxe villageoise annuelle sous la forme d'un cochon bien dodu sans bien sûr avoir le reçu, ... Bref, une commune comme parmi d'autres vivant suivant les désiratas gourmands des autorités. Puis en 1988, les villageois portent plainte aux responsables du canton qui enquêtent, donnent raison aux plaignants et punissent les responsables de la commune. En fait, punir c'est surtout une manière de dire, car le chef de la commune est nommé responsable de la coopérative, celui qui prélève abusement de l'argent pour que les jeunes ne fassent plus leur servie militaire est nommé secrétaire de la section communiste de la commune, .. bref tous les coupables ont eu leur promotion.
Puis au début de l'an 2000, on trouve enfin un coupable, un vrai, qui, en fait, n'a rien fait. Il est accusé d'avoir utilisé les haut-parleurs pour diffuser des nouvelles portant préjudice au parti. Ce coupable, Trân van Dân, est le responsable élu au début de 1999, d'un village de la commune, le village de Phu Dôi. On le déchoit de son poste et on nomma un certain Ngoc à la place. Ce qui déplut aux villageois qui refusent de collaborer avec le nouveau responsable nommé et portent plainte devant les autorités du canton. En attendant, Phu Dôi a 2 responsables. Il y 1 de trop, ce qui doit arriver, arrive. C'est ce qu'on appelera l'incident du 20 octobre.
Ecoutons, madame Huân, la femme de Dân, le responsable déchu; qui nous relate sa triste aventure. "Ce matin là, mon mari et moi, nous allons aux champs pour désengorger l'eau car il avait plu la veille. Deux hommes du village voisin allèrent vers nous et interpellèrent mon mari. Je connaissais l'un d'eux car dernièrement il voulait jouer aux cartes avec mon mari. Mon mari quiitait le champ et allait vers eux. Tout à coup, ils se précipitaient vers mon mari, et lui mettaient des menottes en lui assénant des coups. Je protestais mais des agents de la sécurité en uniforme m'empêchèrent d'aller plus loin, trois d'entre eux me frappèrent et me poussèrent vers le ruisseau, je criais : "Je n'ai rien fait, vous n'avez pas le droit" et en réposne ils me frappèrent de nouveau. Mon mari est entrainé vers une voiture tout en recevant des coups. Puis un policier me disait : Si tu veux voir, voici son mandat d'arrêt. Je m'approchais puis lire le papier qu'il me tendait. Je me rapprochais, avant de pouvoir lire quoi que ce soit je reçus plusieurs claques et des coups de pied. Je m'enfuyais et quand je me retournais je voyais que mon mari recevait toujours de la part de ses ravisseurs. A ce jour je n'ai reçu aucune nouvelle de mon mari.
Cette triste histoire aurait pu s'arrêter ici si le responsable du canton n'avait pas affirmé que l'arrestation de Dân a réjoui tout le village. Ce qui fait ricaner Mme Thao, une dame de 76 ans. Puis elle déclare : Maintenant que Phu Dôi est pacifié, nous attendons la visite des responsbles du canton pour nous donner des explications plausibles. S'ils ont peur de se faire maltraiter par les hommes valides, ils pourront quand même venir expliquer aux 300 femmes et 200 personnes âgées, qui sont tous des inoffensifs.
Mme Thao risque d'attendre longtemps. Il est vrai que le chef-lieue du canton est relié par uen route goudronnée au village. Mais 4 kilomètres, c'est presque infini quand il s'agit d'expliquer que cet acte de barbarie est un exemple de démocratie.
Pour les communistes , pas de démocratie est une manière plus facile pour gouverner.
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