Les Vietnamiens se demandent pourquoi depuis peu les députés posent des questions aux ministres. Que ce soit nouveau au Vietnam, c'est indéniable. Mais pourquoi ? Est-ce le début de la démocratie ? Ou une pâle imitation des moeurs étrangères à l'heure de l'ouverture vers le monde extérieur ? Le journaliste Hai Van Sau a répondu sur le Web du journal Lao Dông le 15 Novembre dernier, à cette curiosité malsaine des Vietnamiens.
Il nous fait savoir que l'objectif des communsites vietnamiens est d'imiter les démocraties modernes, mais le journaliste qualifie ce jeu de question-réponse de "comédie fade jouéé par des acteurs de faible niveau". Attention monsieur le journaliste surveillez votre langage. Mais assistons quand même à quelques jeux de question réponse.entre députés et ministres.
Donc nous sommes à l'Assemblée et nous écoutons le ministre de l'Education et de la Formation Nguyên Minh Hiên déclarer : En tant que ministre, je dois vous répondre, mais votre question étant déplaisante et inélégante, je m'abtiens de vous répondre!" Pan dans le nez du député, Nguyên Duc Dung, qui a posé la question ! Le Président de l'Assemblée, d'assener un autre coup au député, son collègue, mais membre de rang inférieur au Parti Communiste Vietnamien : "Tout en sachant que c'est votre droit, je rappelle quand même aux députés de bien vouloir s'abstenir de poser des questions sur des problèmes sensibles ".
Mais c'est quoi donc cette question, à la fois, déplaisante, inélégante et peu sensible. Est-ce la vie privée du ministre ? Que nenni ! Est-ce un secret d'état impossible à dévoiler ? Non plus ! La question était tout simplement : " Monsieur le Ministre, vous annoncez dans votre rapport, que la qualité de l'éducation fournie par votre minstère est de bon niveau. or nous constatons à l'Assemblée qu'elle est faible et ne répond pas aux besoins du pays, comment expliquez vous cela ?". Comment voulez-vous qu'un ministre de l'Education, qui ne s'en occupe pas, puisse répondre à une question aussi insidieuse. Donc le ministre refuse d'y répondre. Et il a failli refuser de répondre à celle-ci, posée par le député Lê Xuân Thân : "Suivant le décret 242 publié en 1993, on ne fournit des cours supplémentaires qu'aux élèves en fin de cycle, aux élèves en retard et aux élèves très en avance: Puis une instruction de l'an 2000 explique que les cours supplémentaires sont à fournir suivant les besoins. Depuis ces cours se multiplient. Monsieur le Ministre, ne voyez-vous pas qu'il y a contradiction et actuellement qu'il y a des abus". Franchement, comment voulez vous qu'un minsitre de l'Education, qui ne s'en occupe pas, puisse répondre à une telle question ? Aussi il a répondu "C'est un phénomène social complexe et je ne saurai vous dire quand ce phénomène va cesser". C'est vrai que c'est un phénomène social complexe car les cours supplémentaires, payant pour les élèves, est un moyen licite pour que les professeurs, mal payés, puissent avoir de quoi se nourrir. Le malheur est que les élèves qui ne suivent pas les cours supplémentaires reçoivent systématiquement des mauvaises notes pendant les cours normaux. D'ailleurs le ministre aurait du répondre : Je vais supprimer les cours normaux parce qu'on n'y enseigne rien du tout. Et cela permet d'expliquer aussi pourquoi le niveau de l'éducation au Vietnam est si bas. Mais que voulez-vous, on vous l'avez dit, le Minsitre de l'Education ne s'occupe pas de l'Education et on l'oblige à répliquer sur ce domaine.
Voici un autre séance de cette comédie jouée entre les députés et les ministres. Cette fois, c'est le ministre de la Santé, madame Trân thi Trung Chiên qui est volubile quand elle décrit la situation, plutôt désastreuse du bilan de la Santé du Vietnam. Le Vietnam compte, dans ses zones les plus favorisées 8 à 10 médecins pour 10 000 habitants, chiffre à comparer avec entre 15 et 20 dans les pays environnants, 0,75 pharmaciens pour 10 000 habitants alors que dans les pays environnants on y compte entre 2 et 4. Pour les infirmiers, on compte 1, 3 pour un médecin alors qu'on compte 2 et 4 dans les pays voisins. Le Vietnam dépense environ 0,93 % du Produit National Brut pour la santé, c'est à dire environ 5 US $ par an et par habitant. Quand après un tel discours, les députés s'émeuvent et posent des questions sur la politique qu'elle va entreprendre pour remédier à cette situation pour le moins désastreuse, c'est devenu le silence total et complet. Pas de dialogues ! Comment voulez-vous qu'elle réponde à une telle question. Ce n'est pas elle la responsable, c'est le bureau politique du parti communiste vietnamien dont elle est certes membre mais pas du niveau pour prendre des décisions.
Et le journaliste de conclure son article : "Si les ministres ne savent pas quoi faire dans leur boulot, ils peuvent toujours s'en aller".
Nous sommes d'accord avec lui. Comme les communistes ne savent pas comment gérer le pays, qu'ils s'en aillent.
[Documents][Communiqués de Presse] [Retour à la page d'accueil de AVL]