Impératifs de la politique et bien-être de la population

Beaucoup de vietnamiens comparent l'actuelle pandémie de la grippe aviaire à un typhon. A cause de son effet dévastateur. La pandémie est peut-être plus dévastatrice encore, car lors d'un typhon, seule une région est ravagée alors que la pandémie s'est étendue sur tout le territoire, n'épargnant pas cette fois-ci les humains. Selon les nouvelles publiées sur le site Web Vietnam-Net du régime de Hanoi, il y aurait 219 cas d'humains atteints et 36 morts depuis le début de l'année lunaire. Et pour le paysan vietnamien qui élève quelques poulets et canards pour améliorer le quotidien, la grippe aviaire a des conséquences plus grandes qu'un catastrophe naturel.

Car on subit un catastrophe naturel, et même si on avait pris toutes les précautions nécessaires, on ne peut que minimiser les dégâts. Par contre, une épidémie n'est pas une fatalité, on devrait pouvoir l'éviter en prenant des mesures. Et c'est en ce point que les autorités communistes sont coupables, car rien n'a été fait depuis la première apparition de la grippe qui, on l'apprend aujourd'hui, est survenue en Juillet 2003. Mais les autorités ne l'ont annoncé qu'au début de cette année, lorsqu'on ne peut plus le cacher, lorqu'il y eut des cas de morts chez les humains. Il est vrai aussi que les Chinois ont cherché à la cacher jusqu'u début Février.

Mais pourquoi cherche-t-on à cacher cette mauvaise nouvelle ? A cause des impératifs de la politique : en effet lorsque le tourisme est une des pricinpales sources de revenus en devises on n'ose rien faire de peur que les touristes ne viennent plus, surtout quand on organise les Jeux du Sud-Est Asiatique, connus sous le nom de SEA Games. On craint aussi que les vietnamiens ne rentrent pas pour les fêtes du Têt, alors ce sont des centaines de millions de dollars qui ne rentrent pas dans les caisses.

C'est bien de suivre des impératifs, surtout s'ils sont politiques. Mais quid du bien-être des gens ? A vrai dire, on peut croire que les autorités communistes vietnamiens ne font pas grand cas de ces pauvres paysans. Surtout si on se réfère aux cas innombrables des gens qui sont expropriés, dépossédés, volés voire condamnés sans cause au Vietnam.

Selon les journaux vietnamiens, on aurait brulé plus de 30 millions de volailles sur les 250. Le régime avait bien promis d'aider les paysans, au début de 15 000 piastres, c'est à dire environ 1 dollar, puis maintenant 5 000 piastres, mais l'argent, les paysans n'en voient pas encore le moindre bout. Et que de paperasserie pour obtenir cette indemnisation, et comment justifier qu'on a juste 3 poulets devant sa chaumière ?  La lenteur et l'incompétence des services administratifs sont sûrement les principales causes qui permettennt à la grippe de s'étendre dans tout le pays. Mais ce seront la lenteur et la cupidité qui vont ralentir le remboursement des indemnisations.

Les autorités communistes ont signé des décrets pour faire abattre les volailles mais ne font rien pour aider les paysans à les enterrer. Dans certains endroits, la putréfaction est telle qu'on ne peut plus y vivre. Dans d'autres  endroits les carcasses sont laissés à l'air libre aidant ainsi la propagation du virus. Les paysans en sacrifiant leus poulets n'ont plus de quoi se nourrir. Et la psychose aidant, ils ne peuvent même plus vendre les oeufs. Et on assiste à des vraies tragédies, dont certaines sont relatées dans les journaux.

La solidarité internationale a bien fonctionné. La Banque Mondiale va avancer 10 Millions de dollars, dont la moitié seulement sera à rembourser à un taux très faible  On espère seulement que les autorités communistes vietnamiens ne mettent tout cet argent dans leur poche au nom des impératifs de la politique, comme ce fut souvent le cas dans le passé.

Pour une fois, espérons que quelqu'un au bureau politique du parti communiste vietnamien pense au bien-être de la population.


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[Documents]       [Communiqués de Presse] mis à jour le 26/03/2004