La drogue au Vietnam

Le tribunal populaire de Saigon vient de condammner à la peine capitale 4 trafiquants de drogue. En même, on apprend que plus de 50 kios d’héroïne a été saisis dans le Centre Vietnam. Ce n’est pas un fait nouveau, déjà en 1998, l’AFP avait écrit un article où il est remarqué que «plus il ya de condamnations à la peine capitale, plus le traffic de drogue s’intensifie". Depuis 10 ans, les autorités de Hanoi intensifient la lutte contre la drogue, mais leur objectif n’est pas tant la santé des Vietnamiens que d’attirer les bonnes grâces des Etats-Unis avec lesquels ils désiraient établir des liens diplomatiques. D’ailleurs à ce moment, beaucoup de membres du parti communiste vientamien, qui étaient contre l’ouverture économique, considéraient le traffic de la drogue comme une conséquence de la société libérale. Depuis cette date, près de 200 condamnations à la peine de mort dues au traffic de la  drogue. Et le régime de Hanoi n’arrive toujours pas à endiguer ce traffic. Pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, les responsables du parti n’ont pas mesuré à sa juste mesure les conséquences néfastesde la drogue. Beaucoup considèrent le traffic de la drogue comme un coup bas porté par les impérialistes, un complot de la CIA qui cherche à nuire le régime. Mais la raison principale est que beaucoup de dignitaires du régime sont liés à ces traffics lucratifs. Les trafiquants ont des appuis dans la police, dans les services de douane, et surtout dans l’armée. En 1995, on avait découvert une filière impliquant plus de 200 douaniers, puis en 1996 on découvre que l’armée est aussi trempée dans d’autres filières. Un capitaine de la police de la frontière a été condamné à mort, cette même année. Certains avaient même affirmé que l’armée transportait la drogue dans des blindés pour échapper à tout contrôle.

Et la dernière raison, est assez commune dans tous les pays pauvres. Le traffic de la drogue est un moyen rapide pour échapper à la pauvreté. Aussi, la population s’y lance car les gens n’ont pas d’autres solutions. C’est le traffic ou la mort, comme pour d’autres la prostitution est la seule voie qui leur permet d’échapper à la faim.

La drogue vient d’abord, comme dans beaucoup de pays dans la région, du Triangle d’or, mais le fournisseur le plus important est la Chine à travers la frontières poreuse du Nord-Ouest duVietnam. Le Vietnam lui-même est son propre fournisseur. Bien que Hanoi annonce avoir détruit plus de 16 000 hectares de culture de pavot dans les régions montagneuses du Nord, il en reste néanmoins près de 2000, qui fournit près 9 tonnes d’opium par an. Selon certaines sources gouvernementales, l’armée y aurait même installé des laboratoires de production d’héroïne.

Les chiffres sont en constante augmentation. Rien que pour les 6 premiers mois de 2003, on aurait saisi presque 100 kilos d’héroïne, 220 kilos de cannabis et 90000 pilules d’extasy, soit presque le double de l’année 2002. Plus horribles, ce sont les chiffres, avoués par le régime des drogués : plus de 240 000, chiffre en croissance exponentielle. Drogués qui s’échangent des seringues et qui se transmettent le sida, dont plus de 51 000 au moins seraient atteints. Mais pour l’OMS, le nombre de sidaïques au Vietnam serait entre 300 et 350 000 dans les 3 prochaines années. Détail plus horrible encore, la moitié des drogués ont entre 15 et 25 ans.

On connaît les conséquences néfastes de la drogue dans la société. Mais que faire ? peu de chose en l’état. Quand la société ne fournit aucun espoir, la drogue est une porte de sortie pour beucoup. Que faire ? peu de choses, si ce n’est de transformer cette société qui n’offre aucun avenir aux jeunes.


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[Documents]       [Communiqués de Presse] mis à jour le 26/03/2004