Le moment
le plus attendu pendant les élections, ce n'est pas la campagne qui est parfois
longue, souvent ennuyeuse, ce n'est pas non plus l'instant très court du vote,
et c'est sûrement le dépouillement des bulletins. Les gens s'amassent devant
les urnes, dans les bars, autour des candidats dans l'attente du verdict, dans
l'attente du vox populi, du verdict du peuple, ce verdict qui orientera l'avenir
du pays..
En ce
mois de Mars 2004, on a assisté diverses élections. D'abord, en Espagne où se
déroulent des législatives, juste après l'horrible attentat du jeudi 11 Mars.
Le Parti Populaire du Premier Ministre sortant a perdu. Les Espagnols lui
reprochait beaucoup de choses. D'abord la participation à la guerre en Irak
contre l'avis de la majorité des Espagnols, mais surtout d'avoir essayé de
cacher la vérité sur l'attentat. Car juste après l'attentat, les autorités
espagnoles accusaient l'ETA, le mouvement terroriste des indépendantistes
basques alors qu'elles tenaient en main certaines preuves de la participation
d'El Qaida. Le parti socialiste espagnol n'a pas reconquis les Espangols mais le
parti Populaire ont perdu leur confiance.
Puis des
élections, certes moins importantes puisqu'elles ne concernent que les régions,
se déroulent aussi en France, où le gouvernement a reçu une gifle. Certes, le
résultat n'est pas encore final, mais le premier tour permet aux Français de
faire savoir que la politique suivie par le parti au pouvoir n'a pas répondu à
leurs attentes.
Puis on
vote aussi à Taiwan, pour élire un Président. Le choix se porte entre le président
sortant Mr Chen Shui Bian qui prône l'indépendance de cette île et Mr Lien
Chan, du Kuo Min Tang qui prône le statu quo avec la Chine populaire.
D'ailleurs Pékin n'a pas lésiné sur les moyens pour influencer ces élections,
en vociférant des menaces d'invasion, en frétant des avions pour ramener des
Taiwanais travaillant en Chine. On peut dire que Pékin n'a réellement pu
exercer son influence, en désignant son ennemi d'hier, le Kuo Min Tang, comme
son candidat préféré. Le résultat final est encore attendu car la différence
de suffrages recueillis par chaque candidat est infime et le recomptage nécessaire.
Taiwan est en train de devenir une vraie démocratie.
Que dire
du Vietnam, où on va voter les municipales le 25 Avril prochain ? Il est vrai
qu'au Vietnam, pour être candidat aux élections, il faut d'abord être présenté
par une organisation officielle, c'est à dire une organisation souvent
satellite ou du moins approuvée par le parti communiste vietnamien, puis passer
un test de fiabilité. Le jury qui décide du succès de ce test sont des
membres du Front patriotique, autre organisation satellite du Parti communiste
Vietnamien. Du coup, 99% sinon plus, des candidats sont des membres influents du
parti. Les gens vont voter car le vote est obligatoire mais avant même de voter
ils connaissent le résultat. D'ailleurs les candidats n'ont le droit de faire
campagne que dans certains endroits désignés l'avance et seulement aux moments
permis par le Front patriotique. Ceci pour expliquer que malgré le battage
officiel, les gens se désinterressent complètement de ces élections.
Dans les
démocraties c'est la volonté du peuple qui dicte la politique à suivre. Au
Vietnam, c'est le parti qui dicte sa volonté au peuple.
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| [Documents] | [Communiqués de Presse] | mis à jour le 26/03/2004 | |