De
l'histoire contemporaine, deux faits resteront à jamais marqués dans la mémoire
des Vietnamiens. Le premier, c'est la division du pays en deux parties, suite
aux accords de Genève dont c'est le 50ème anniversaire cette année. L'autre
évènement, c'est, il y a juste trente ans, l'envahissement de l'archipel des
îles Paracels par les Chinois de Pékin profitant que le Vietnam du Sud était
en guerre avec le Nord.
Aujourd'hui,
on ne peut que regretter que le Nord, sous la mainmise du Parti communiste
vietnamien, prépare solennellement leur victoire de Diên Biên Phu, et
mentionne à peine que de cette victoire résulte le partage du pays en deux
zones. On regrette aussi que le parti communiste vietnamien ait signé deux
traités avec la Chine pour céder un peu plus de territoire en 1999
et concéder le droit de pêche dans le golfe du Tonkin. A peine, s'il a
abordé le problème des archipels des îles Paracels et Spratleys, ce dernier
occupé en partie, encore une fois par la force, par les Chinois de Pékin en
1997.
Il faut
dire que Pékin refuse de traiter, en se basant sur des documents assez récents
que le parti communiste vietnamien au pouvoir depuis 1954 dans la partie Nord du
Vietnam, que le Vietnam a toujours reconnu le droit de la Chine sur ces
archipels.
Depuis le
début de cette année, Hanoi fait
un effort. Il fait publier un article d'un historien, Mr Duong Trung Quôc, où
des nombreuses références sont citées pour prouver que l'archipel a toujours
appartenu au Vietnam, et cela depuis des siècles sinon des millénaires. On
puise même dans des sources européennes. Puis on fait appel à un autre
historien; le doyen de la faculté des sciences de l'histoire de l'Université
de Hanoi, le professeur Nguyên Quang Ngoc qui publie des documents inédits
prouvant que les archipels des iles Paracels et Spratleys ont toujours appartenu
au Vietnam. Puis on fait une exposition dans la ville de Nha Trang sur ce sujet.
Puis on annonce qu'on va créer une ville flottane, au coût ridicule et dérisoire
de 150 Millions, qu'on nommera Hoàng Truong, nom vietnamien de Paracels et
Spratleys, et on organise une croisière
pour visiter l'archipel des îles Spratleys où il y a strictement rien à voir,
sauf des forts militaires construits de ces dernières années par divers pays
pour réclamer leur souveraineté sur ces ilots.
Pékin,
bien sûr, élève leur voix, affirmant que ces archipels leur appartiennent et
que tous ces manoeuvres sont des atteintes à la souveraineté de la Chine. Le
porte parole de Hanoi rétorque que
les Spratleys appartenant au Vietnam, les Vietnamiens iront quand même les
visiter, et le syndicat d'initiative de Nha Trang fait savoir que le premier
voyage d'essai, avec la protection de la Marine vietnamienne, se fera dès ce
mois d'Avril.
Tout est
bien mais qui risque de finir mal. Hanoi a très peu de preuves récentes
affirmant que ces archipels n'appartiennent pas à la Chine, car leur premier
ministre, Pham van Dông a un jour écrit dans ce sens dans une lettre adressée
à Chu An Lai, qui fut premier
ministre chinois à cette époque. La seule chance pour Hanoi de récupérer ces
archipels c'est de se référer aux documents diplomatiques de la République du
Vietnam, qui durant 20 ans n'a cessé d'affirmer que ces archipels appartiennent
aux Vietnamiens. Mais le parti communiste vietnamienne a toujours peur de
montrer aux Vietnamiens qu'il n'est pas le seul à protéger la patrie.
Une réunion
est prévue avec les Chinois à la fin d'Avril. Puisse une fois Hanoi ose
rabaisser leur vanité et apporter les vraies preuves de la souveraineté
vietnamienne sur ces archipels ! Encore faut-il qu'ils ne tremblent pas devant
leur maîtres, ces pékinois !
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