Depuis des mois, la presse vietnamienne ne cesse
de publier des articles rappelant la glorieuse victoire de Diên Biên Phu,
acquise grâce au génie conjugué de Hô Chi Minh et de Vo Nguyên Giap. S’il
est vrai qu’il faut constamment rappeler au peuple les grandes victoires de la
Nation, on peut se demander si la victoire Diên Biên Phu fut réellement un
sujet de fierté pour les Vietnamiens. Ne serait-ce pas plutôt le début
d’une grande trahison envers le peuple vietnamien, le début d’un calvaire
pour des millions de personnes ? Il y a cinquante ans, le soif d’indépendance
a poussé des milliers de Vietnamiens d’aller combattre les envahisseurs, mais
ces milliers de Vietnamiens se sont sacrifiés inutilement, car si on échappait
du joug du colonialisme, on est tombé dans la dictature du communisme, dont les
maîtres sont à Moscou et à Pékin.
Cette année, c’est le cinquantième
anniversaire de la bataille de Diên Biên Phu, et ses conséquences : les
accords de Genève qui partagent le Vietnam en deux, le Nord sous le main de fer
des communistes et le Sud aux nationalistes. De ce partage, plus d’un million
de Vietnamiens ont fui leur terre natale pour se réfugier dans le Sud.
Les combattants communistes de Diên Biên Phu
sont aujourd’hui septagénaires, parmi eux beaucoup comme Pham Quê Duong ou
Hoàng Minh Chinh continuent à lutter pour obtenir une vraie démocratie au
Vietnam, pour demander un peu de liberté pour le peuple vietnamien, car le
parti les a tous trahi, comme il a trahi tous les combattants pour l’indépendance.
Cinquante ans après la bataille de Diên Biên Phu, ils sont en prison, avec
d’autres, plus jeunes nourris au sein même du communisme, car leur aspiration
de démocratie n’est pas encore satisfaite, car ils savent que le Vietnam ne
peut progresser sans un peu de liberté. Ils sont en prison car le parti ne veut
pas les écouter, car le parti n’écoute jamais les profonds souhaits des
Vietnamiens. Car le parti ne supporte pas les critiques, car les dirigeants du
parti ne veulent pas être dérangés quand ils reçoivent des pots-de-vin, car
les dirigeants du parti n’aiment pas partager le pouvoir.
50 ans après les camps des prisonniers des
perdants de la bataille, d’autres camps sont installés pour les Vietnamiens
qui ont perdu la guerre civile, puis maintenant encore d’autres camps pour les
combattants de la démocratie. On les enferme dans les camps pour mieux les
contrôler, les harceler, les intimider, les empêcher de réclamer un peu de
liberté. D’ailleurs depuis sa création, l’histoire du parti communiste
vietnamien n’est que une longue série de trahison. D’abord en livrant le
patriote Phan Bôi Châu aux impérialistes français, puis trahir toux ceux qui
combattent à leur côté pour l’indépendance en éliminant les autres
partis, puis maintenant trahir la nouvelle génération en étouffant la liberté
et en installant un simulacre de démocratie.
Fêter Diên Biên Phu, c’est fêter cinquante
ans ininterrompus de camps de re-éducation.
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| [Documents] | [Communiqués de Presse] | mis à jour le 24/05/2004 | |