Normalement,
le vote est l’une des manifestations de la démocratie. Par le vote, les électeurs
choisissent leurs élus qui en leur nom gouvernent le pays. A part les
fonctionnaires, les hommes et femmes qui occupent les principales fonctions de
l’Etat doivent être élus. Le vote doit être libre, les électeurs doivent
être en mesures d’exercer leur choix sans
contraintes ni menaces.
Pour que le vote ait un sens, les électeurs
doivent non seulement avoir le choix entre plusieurs candidats. Ensuite, ceux-ci
doivent être issus de plusieurs partis
politiques porteurs de projets de sociétés différents. Le vote en tant que
manifestation ne devient le garant d’une démocratie véritable que s’il est
exercé dans un environnement où le pluralisme est reconnu et accepté.
Au Vietnam actuellement, il n’y a
qu’un seul parti reconnu légalement par la Constitution, le Parti Communiste
Vietnamien (PCV). Les électeurs au Vietnam n’ont d’autres choix que de
voter pour les candidats de ce parti, ou pour les apparentés au même parti,
contrairement à ce qui se passe dans les autres démocraties. Au Etats-Unis par
exemple, si les électeurs américains sont mécontents du Parti Républicain,
ils ont le choix de voter pour un autre grand parti, le Parti Démocrate.
Lors des prochaines élections
cantonales au Vietnam, la plupart des candidats sont désignés par les différentes
instances du parti. Ils sont pour la plupart membres du PCV, à part quelques
candidats marginaux, appelés candidats indépendants, que le PCV tolère pour
garder un semblant de diversités. Jugez en plutôt : d’après le journal
électronique VietnamNet du 19.03.2004, pour la circonscription de Saigon, 148
candidats sont désignés par le PCV, seuls 6 candidats indépendants sur 13 ont
été retenus dans la liste finale.
Dans une vraie démocratie, tout
citoyen éligible réunissant les conditions définies par la loi peut se porter
candidat et mener campagne pour défendre ses idées. Au Vietnam, chaque
candidat indépendant, pour être retenue dans la liste finale, doit franchir 5
barrières. D’abord, il doit recueillir des avis favorables des électeurs de
sa circonscription. Nombre de candidats indépendants n’ont pas pu franchir
cette première barrière. De peur d’être remarqués, les électeurs donnent
leur avis conformément aux directives des sections locales du PCV qui par ce
biais, peut éliminer avant même que les élections proprement dites aient
lieu, certains candidats indépendants jugés indésirables. S’ils
franchissent avec succès la première barrière, ils doivent ensuite affronter
le libre arbitre du Front Patriotique du Vietnam, un organe inféodé au PCV
pour contrôler la société civile au Vietnam, à travers 4 cycles de négociations
Même si l’Etat vietnamien a plusieurs fois tenté de justifier ces barrières, qui permettent selon le PCV de ne retenir que les candidats compétents, avec un passé irréprochable, force est de constater que le droit de vote des électeurs vietnamiens est allègrement violé à chaque élection simplement parce que le PCV ne tolère aucune sensibilité différente de la leur, de peur de perdre le monopôle du pouvoir.
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| [Documents] | [Communiqués de Presse] | mis à jour le 24/05/2004 | |