Le 19
Avril dernier, un bateau, protégé par la marine vietnamienne, transportant 100
passagers, dont 40 cadres politiques, a quitté le port de Saigon, sur ordre des
autorités communistes vietnamiennes, pour une croisière en mer de Chine pour
une visite guidée des Iles Spratleys. Selon un officiel communiste, cette
croisière, qui dure 5 jours, a été prévue depuis 1998 mais n’a pu être réalisée
qu’aujourd’hui. Elle comprend à l’aller, une visite d’une plate-forme
du champ pétrolier Tigre Blanc, un arrêt ultra rapide sur l’îlot Grand
Spratley, situé à quelques 600 kilomètres des côtes vietnamiennes, puis au
retour, une escale sur l’île Côn Son, ce célèbre Poulo Condor où les Français
avait installé un bagne. Aucun journaliste étranger était présent mais on
affirme à Hanoi que bientôt les touristes étrangers pourront participer à
cette croisière.
Cette
croisière a été annoncée avec force publicité par Hanoi depuis le début de
cette année. Bien entendu, Pékin proteste avec véhémence, accusant Hanoi de
violer l’accord signé entre l’ASEAN et la Chine de ne faire aucun acte
inamical en attendant la résolution du problème de la souveraineté des îles
Spratleys, souveraineté réclamée non seulement par la Chine, le Vietnam mais
aussi par Taiwan, par la Malaisie et par les Philippines qui ont aussi émis une
protestation au sujet de la croisière. En quoi, Hanoi explique qu’il est tout
à fait normal que le Vietnam organise des visites des îles appartenant au
Vietnam.
Mais
pourquoi une croisière vers une île où il y a strictement rien à voir ?
En plus, une croisière coûteuse, avec une escorte militaire. C’est en fait
l’occasion pour Hanoi d’expliquer aux Vietnamiens que les îles Spratleys,
du moins certaines, sont encore sous souveraineté vietnamienne. Et surtout pour
cacher à l’opinion publique vietnamienne, qu’en 1958, l’ancien premier
ministre Pham van Dông, avec l’accord de Hô Chi Minh, a explicitement
reconnu la souveraineté des Chinois sur ces îles. Quand Hanoi annonce que
cette croisière a été prévue depuis 1998, c’est pour expliquer aux
Vietnamiens que même pendant les discussions sur la frontière
sino-vietnamienne, Hanoi n’avait jamais lâché prise sur les Iles Spratleys même
si Hanoi devait céder à Pékin des centaines de km² à la frontière. En
fait, cette croisière n’a jamais eu lieu car les Chinois n’en voulaient pas
car à cette période, la Malaisie et les Philippines ont organisé les leurs
pour affirmer leur souveraineté sur les îles Spratleys. Puis vint la visite de
Lê Kha Phiêu à Pékin et au retour l’ordre était de signer tout ce que
demander les Chinois : le traité sur la frontière sino-vietnamienne en
1999, le traité de partage du golfe du Tonkin en 2000. Heureusement Lê Kha Phiêu
est déboulonné en Avril 2001. On apprend peu à peu dans le parti, par
chuchotement que le parti communiste vietnamien cédait au parti communiste
chinois des zones entières à la frontière et quand le grand public apprenait
ces mauvaises nouvelles, on faisait taire en emprisonnant tous ceux qui
protestent à haute voix comme le juriste Lê Chi Quang.
Mais
peut-on réellement falsifier l’Histoire ? Pham van Dông a publiquement
cédé à Pékin toutes les îles de la mer de Chine. Ce n’est pas une croisière
fofolle, visitant une île où il y a strictement rien à voir, qui permet de
les récupérer, même si elle permet de tromper l’opinion publique. Mais pour
combien de temps ? Comme d’habitude les communistes vietnamiens prennent
les gens pour des idiots. Que
voulez-vous, la bêtise c’est une maladie qui ne se guérit pas.
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| [Documents] | [Communiqués de Presse] | mis à jour le 24/05/2004 | |