La
Direction N° 2, service de renseignement du ministère de la Défense du
gouvernement communiste vietnamien, a attiré l’attention des Vietnamiens le
17 Juin dernier au moment où le général Nguyen Nam Khánh publie une lettre
accusant le Général Le Duc Anh, ancien chef d’Etat, et ses acolytes
d’avoir utilisé la direction n°2 pour monter de toutes pièces des
accusations contre le général Vo Nguyên Giáp, le héros de Diên Biên Phu.
Pourtant, jusqu‘à cette date, le général Khánh apparaissait comme un
proche du général Anh, bien qu‘il soit son ainé. Puis, le 15 Juillet, le général
Khánh publie une autre lettre, relatant sa rencontre avec, Phan Diên, un
membre du bureau politique du Parti, et de plus membre permanent du Secrétariat
du Parti. Pour Phan Diên, le dérive de la Direction n°2 sera le fait que
quelques officiers subalternes du ministère de la Défense et le Parti serait
en train de prendre des mesures disciplinaires. Mais depuis le mois de juin,
plusieurs autres anciens membres du Parti ont aussi publié des lettres
condamnant sévèrement le général Lê Duc Anh, réclamant un procès public
jugeant la Direction n°2, espérant ainsi restaurer le prestige du général
Giap.
Au vu de
ces faits, on peut considérer ce problème de 3 manières :
- Pour
certains, les agissements de la Direction n° 2 seraient les conséquences
d’une lutte sans merci entre les partisans du général Le Duc Anh et ceux du
général Giap. Cette lutte serait latente depuis 1991, quand le général Giap
apparaissait comme celui qui pouvait sauver le parti au moment même où le
communisme s’effondrait en Union Soviétique. Si cette hypothèse s’avérait
exacte, aucune des deux parties ne songeait réellement aux intérêts du
Vietnam, mais cherchait surtout à
accaparer du pouvoir suprême pour leur propre intérêt.
- Pour
d’autres, les partisans du général Giap voyant que le général Le Duc Anh
et ses acolytes dépassent les bornes dans la main mise du pouvoir faisant tort
aux intérêts supérieurs du Parti ont alerté l’opinion publique. Ils ont su
attirer le soutien de ceux qui ne supportent pas cette main mise arrogante des
partisans du général Anh. Ce serait encore une lutte au pouvoir, mais cette
fois l’attaque vient des partisans du général Giap.
- Enfin
il y a ceux qui pensent que ni le général Giap ni le général Anh, qui ont
leur part de gloire, ne sont réellement directement concernés. On utilise
leurs noms pour mettre en garde la dirigeants actuel du Parti qui profitent de
leur pouvoir pour s‘enrichir d’une manière plutôt frauduleuse. Un procès
public, permettrait à tout le monde de découvrir les abus des partisans du général
Anh mais aussi ceux actuellement au pouvoir, laissant ainsi la place libre aux
partisans de Giap
En fait, tout ceci n’est que supposition. Dans le passé, beaucoup de luttes internes se sont déroulées au sein du Parti mais les dirigeants supérieurs ont toujours su trouvé un compromis pour ne pas tout perdre. En effet, les problèmes internes peuvent toujours se régler ultérieurement, chacun retrouvera toujours sa part de profit mais l’importance est que le parti reste au pouvoir. Quant à ceux qui cherchent à rétablir la justice et la démocratie au Vietnam, c’est à dire la grande majorité des vietnamiens, ils ont nullement besoin de prendre parti dans ce procès. Aucun des adversaires dans ce procès ne le mérite. L’important que ce procès ait lieu, pour que la vérité si bien enfouie dans les dédales éclate enfin, et que tout le monde puisse prendre compte toute l’ampleur de tous les crimes d’Etat que le Parti communiste a commis depuis plus de cinquante ans au pouvoir au Vietnam.
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| [Documents] | [Communiqués de Presse] | mis à jour le 20/10/2004 | |