Quelques mots à propos de l'exclusion
prononcée
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Général Tran Do est membre du Parti Communiste Vietnamien. Depuis quelques dernières années, il a souvent écrit aux responsables du Parti pour alerter l'état critique du pays et réclamer l'application des vraies mesures de "renouvellement" (dôi moi). Janvier 1998, à travers l'écrit intitulé "Réalités du Pays et le rôle du Parti Communiste", il a insisté sur la nécessité de démocratisation du Vietnam, surtout réclamé la liberté d'expression et de la presse. Depuis, il devient une image de proue dans le rang des dissidents
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Quelques mots de Tran Do à propos de son exclusion du Parti Communiste Vietnamien, annoncée le 4 janvier 1999 par la section des affaires culturelles et éducatives du bureau de l'Assemblée nationale pour avoir diffusé des écrits, notamment aux agences de presse internationale.
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1 - J'ai été membre du Parti (communiste) pendant cinquante huit ans, de 1940 à 1998. Je n'en tire aucune vanité, mais j'estime avoir suffisamment contribué pour payer ma part de dette envers ma patrie et mon peuple. J'ai largement été recompensé de mes efforts et personne ne pourra effacer ces cinquante huit années-là. J'avais adhéré au Parti pour servir ma patrie et mon peuple. Aujourd'hui, je ne suis plus membre du Parti, mais je fais toujours partie de ce peuple, et continue à réfléchir et à lutter pour ma patrie, mon peuple. Je maintiens intactes mes opinions exprimées dans mes écrits et je suis prêt à recueillir toutes les critiques que l'opinion publique pourrait m'adresser.
2 - Le Parti, dans la situation actuelle, s'est beaucoup éloigné du Parti des années 40, 50 ou 60. Il n'est plus, pour ainsi dire, mon Parti. Je n'accepte pas la décision portée contre moi, mais je n'enverrai aucune plainte ou réclamation, sachant que, dans l'organisation actuelle, les plaintes sont insignifiantes et inutiles : on ne veut plus de débats d'idées, on se contente de dicter des décisions et tout le monde doit suivre. Aussi, je ne m'étonne pas de cette expulsion contre mon gré.
3 - Je n'imaginais pas que notre rêve d'antan de bâtir une société idéale va aboutir à l'amère réalité d'aujourd'hui, à savoir un appareil colossal et une société ravagée par d'innombrables maux et fléaux, une nation indépendante mais sans liberté, des réformes qui n'apportent pas de bonheur. Je vis dans mon propre pays, pourtant je vis assiégé, contrôlé, souvent de manière brûtale, étroitement espionnée, calomniée souvent de manière outrageuse et inique. Je n'ai plus la liberté et la tranquillité d'esprit dont je jouissais lors de notre période clandestine.
Je ne me doutais pas non plus qu'une simple différence d'opinion pourrait se transformer en inimitié et haine.
En m'adressant à tous les membres du Parti, des plus anciens aux plus jeunes, j'espère qu'ils n'épargnent aucun effort pour réformer le Parti. Chacun doit élargir sa perception pour se mettre au diapason d'une époque qui évolue rapidement. Je pense aussi qu'il est nécessaire d'analyser profondément les véritables causes des maux et des fléaux sociaux pour ne pas se contenter seulement d'en guérir les signes extérieurs.
Je continue à croire à l'avenir de mon pays.
4 - Inéluctablement, tôt ou tard, notre Parti devra se réformer. "Se réformer ou disparaître" est la formule qui convient le plus au Parti en cette période. Il vaudrait mieux que le Parti se transforme de sa propre initiative. Je souhaite qu'il puisse le faire.
5 - Mon exclusion est destinée à empêcher les gens de parler, à interdire toute communication, alors que nous vivons dans une époque où il est quasi impossible d'empêcher la communication quelle qu'elle soit.
L'Histoire est toujours Juste. Tôt ou tard, elle apportera son verdict.
Le 8 janvier 1999
(signé)
Tran Do
Paris, le 12/01/1999
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