Vénérable

Thich Quang Do

Secrétaire Général
de l'Eglise Bouddhique Unifiée du Vietnam

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"Aucune civilisation ne devrait permettre à un gouvernement,
de quelque idéologie ou système que ce soit, de se dispenser intentionnellement
des valeurs universelles et d’ériger un rideau de fer
pour garder une partie de l’humanité à l’ombre de l’histoire
derrière le vague concept et la fausse excuse des "affaires intérieures
".

(Lettre du Vénérable Thich Quang Do aux Ambassadeurs de l'Union Européenne à Hanoi, mars 1999)

Deux images tragiques resurgissent de la mémoire du Vénérable Thich Quand Do : le meurtre de sang froid de son maître, le Vénérable Thich Duc Hai, le jour même où les communistes arrivaient au pouvoir au Vietnam le 19 août 1945 ; l’arrestation et l’exécution qui s’ensuivit de son frère de communion, le Vénérable Thich Dai Hai, en 1946, pour son appartenance à un parti non-communiste, le parti nationaliste vietnamien. (Détails donnés dans une lettre du Vénérable Thich Quand Do adressée au Secrétaire Général du Parti Communiste Vietnamien, Do Muoi, le 19 août 1994).

Pour cette raison, ce chef religieux, né Dang Phuc Tue le 27 novembre 1928 dans la province de Thai Binh, a consacré sa vie à accéder à la paix et à la liberté au Vietnam. Quand les communistes arrivèrent au pouvoir en 1954, il s’enfuit dans le sud et devint un leader bouddhiste très respecté pour son éducation et ses idées. Onze ans plus tard, le Vénérable Thich Quang Do fut nommé au poste de Secrétaire Général de l’Institut pour la Propagation du Dharma, le bureau exécutif de l’Eglise Bouddhiste Unifiée du Vietnam (EBUV). C’est en cette qualité qu’après 1975, il protesta contre les atteintes du gouvernement communiste aux libertés de religion et contre la confiscation des biens de l’EBUV, comme pour l’Orphelinat Quach Thi Trang en mars 1977. Considéré comme faisant "obstruction" au travail du gouvernement dans les affaires religieuses, le 6 avril 1977, lui et cinq autres chefs importants de l’EBUV furent arrêtés. Ils furent torturés et, en octobre 1977, on leur demandait d’admettre qu’ils travaillaient pour la CIA.

Le 11 novembre 1977, le Premier Ministre Pham Van Dong promulgua la Résolution 297 restreignant sévèrement les pratiques religieuses au Vietnam et permettant au gouvernement de confisquer les propriétés de l’Eglise et d’interdire la "propagation des superstitions". Même quand les moines passèrent en jugement le 8 décembre 1978, le gouvernement ne put les accuser d’aucun crime sauf de "troubler la paix et de propager de fausses informations." Le Vénérable Thich Quang Do fut relâché.

Pour affaiblir l’influence de l’EBUV sur la population, le gouvernement créa en 1981 sa propre Eglise Bouddhiste du Vietnam. En 1981, cette Eglise d’Etat tenta d’intégrer l’EBUV dans sa structure. Cette tentative trouva l’opposition farouche du Vénérable Thich Quang Do qui fut accompagnée par tous les leaders présents. Un mois plus tard, le Vénérable Thich Quang Do et quelques autres chefs bouddhistes furent détenus pendant 24 heures afin que l’intégration puisse se faire. Le gouvernement annonça alors que l’Eglise Bouddhiste était unifiée et que l’EBUV était interdite. Ce fut ainsi que le gouvernement justifia l’arrestation le 25 février 1982 des Vénérables Thich Quang Do et Thich Huyen Quang, les deux plus importantes personnalités de l’opposition de l’EBUV. Ils furent tous deux exilés dans des endroits différents. Le Vénérable Thich Quang Do fut envoyé vers sa ville natale de Vu Doai dans la province de Thai Binh. Sa mère, alors dans ses quatre vint dix ans, fut exilée avec lui et mourut de froid trois ans plus tard durant l’hiver 1985.

En mars 1992, après plus de dix ans d’exil, le Vénérable Thich Quang Do décida lui-même de retourner à Saigon. Il continua à se battre pour la liberté religieuse. En août 1994, il écrivit un document de 44 pages adressé à Do Muoi, Secrétaire Général du Parti, décrivant les persécutions dont l’EBUV est victime depuis que les communistes sont au pouvoir au Vietnam. Il fut arrêté pour cela le 4 janvier 1995.

Le 15 août 1995, le Vénérable Thich Quang Do et cinq autres moines sont jugés par la Cour du Peuple de Ho Chi Minh ville et condamnés pour "sabotage des politiques du gouvernement et nuisance envers les interdits de l’Etat". Le chef principal d’accusation présenté par les procureurs était la tentative des accusés d’organiser un convoi pour apporter des vivres de première nécessité aux victimes des inondations et la distribution de lettres écrites par le patriarche de l’EBUV, le Vénérable Thich Huyen Quang, actuellement en résidence surveillée. Le Vénérable Thich Quang Do fut condamné à cinq années d’emprisonnement.

Les organisations pour les Droits de l’Homme ont vivement protesté contre sa détention. Amnesty International le considéra comme un prisonnier d’opinion. En janvier 1996, le Dalai Lama écrivait : "Il m’est douloureux d’apprendre que d’importants dirigeants de l’Eglise ont été emprisonnés pour avoir suivi leur vocation bouddhiste. Ces bouddhistes ont été condamnés pour avoir organisé une mission humanitaire afin de distribuer du secours à 500.000 victimes d’inondation dans le Delta du Mékong et pour avoir proclamé le droit à l’EBUV d’exister. De telles actions sont simplement l’expression légitime des droits fondamentaux à la liberté de religion"

En mai 1998, quatre Nobels de la Paix ont fait un appel public en faveur de sa libération ainsi que celle d’autres dirigeants bouddhistes.

Le 30 août 1998, le Vénérable Thich Quang Do fut libéré dans le cadre d’une amnistie générale qualifiée par le gouvernement d'"amnistie pour les criminels de droit commun". Il retourna à la pagode Thanh Minh à Ho Chi Minh ville, mais se trouvait sous étroite surveillance des services de sécurité. Selon Abdelfattah Amor, le rapporteur spécial des Nations Unies pour l’intolérance religieuse, on l’a "physiquement" empêché de rencontrer le Vénérable Thich Quang Do lors de sa visite au Vietnam en octobre 1998.

Cependant, le Vénérable Thich Quang Do a continué à demander pacifiquement la liberté religieuse au Vietnam. Le 23 mars 1999, il a été détenu et interrogé pendant six heures après avoir voyagé jusqu’à la province de Quang Ngai afin de rencontrer le patriarche de l’EBUV âgé de 80 ans. Il a été alors raccompagné de force à Ho Chi Minh ville.

Le 22 septembre 1999, le Vénérable Thich Quang adressa une lettre aux dirigeants du Parti et de l’Etat, pour dénoncer des cas typiques issus de la "politique monopoliste des droits à la parole" du Parti Communiste Vietnamien, portant atteinte ainsi à la croyance sacrée des bouddhistes vietnamiens, et exiger du Parti et de l’Etat le respect et l’obligation d’appliquer les dispositions de la "Déclaration Universelle des Droits de l’Homme" et du "Pacte International sur les Droits Civils et Politiques", ainsi que l’autorisation de publier un mensuel en vue d’exposer sa doctrine et servant à la fois comme tribune de dialogue, d’échange avec ceux qui s’intéressent au Bouddhisme.

Le 31 mai 2001, la police vietnamienne a effectué une descente dans la pagode Thanh Minh et lui a signifié sa mise en résidence surveillée pour une période de 27 mois, à partir du 1er juin 2001

Le Vénérable Thich Quang Do réside actuellement à la pagode Thanh Minh, 90 rue Tran Huy Lieu, District de Phu Nhuan, Ho Chi Minh ville, Vietnam.


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