A l’occasion de la Conférence de la Coopération au Développement ( Palais de Beaulieu à Lausanne le 29 Août 2003).
En 1997, lors du Sommet de la francophonie au Vietnam, l’ancien président de la Confédération Helvétique, Arnold Koller a été le seul chef d’Etat à aborder la situation des droits de l’homme qui laisse à désirer dans ce pays.
La situation s’estelle améliorée dès lors? La réponse est non ! Aujourd’hui encore, des intellectuels, des journalistes, des religieux continuent à faire l’objet de répressions tous azimuts. On peut citer le cas tout récent de ce médecin, Pham Hong Son (journaux : Le Matin de Lausanne, 24Heures de Lausanne, La Tribune de Genève , Le Nouvelliste du Valais) qui a écopé 13 ans de prison pour seul crime d’avoir traduit en vietnamien un article intitulé « Qu’estce que la démocratie ?» !
Un tel régime tyrannique pourraitil durer indéfiniment ? Oui, s’il continuait à recevoir d’aides financières dont il tire profit pour asseoir son emprise sur le peuple tout entier. Sinon, à quoi sert l’embargo économique sur tel ou tel régime totalitaire comme moyens de pression et de punition?
Suite à de multiples violations des droits de l’homme au Vietnam, le Parlement européen a récemment adopté une résolution, rappelant Hanoi à respecter le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (ICCPR) auquel il est signataire, et à cesser d’invoquer systématiquement, « de façon malhonnête » (sic), des délits, tels que « l’espionnage », comme prétexte pour réprimer la liberté d’expression, de presse, et de religion. Le Parlement allemand, quant à lui, dans sa résolution de juin 2002 déjà, a posé comme condition préalable, la question des droits de l’homme dans tous les pourparlers de coopération avec Hanoi. Des organes internationaux comme Amnesty International, Human Rights Watch, Reporters sans Frontières … ont unanimement classé le régime de Hanoi parmi les plus répressifs.
Cette question devrait être un important sujet de réflexion pour les conférenciers, au Palais de Beaulieu à Lausanne le 29 août prochain, avec la présence de Madame Micheline CalmyRey, ministre des affaires étrangères et de Vu Khoan, vicepremier ministre du régime de Hanoi, qui se réunissent pour le débat sur la coopération au développement au Vietnam. Comme l’avait fait Arnold Koller en 1997, cette conférence sera une bonne occasion pour les autorités suisses d’exprimer au représentant de Hanoi leur indignation concernant les violations des droits de l’homme. La Suisse, dans sa tradition de Justice et de Droits, ne fermera pas les yeux en coopérant avec ce régime totalitaire. Il n’est pas trop tard, après le Parlement allemand et le Parlement européen, pour que la Suisse manifeste sa fermeté, en évoquant la question des droits de l’homme dans toutes les négociations avec Hanoi. La coopération au développement devrait être bénéfique pour un peuple, un pays, et non pour un régime. Qu’on n’oublie pas que le Vietnam recevait des aides et investissements depuis une quinzaine d’années. On n’y voit se développer qu’une classe de nouveaux riches insolents parmi les cadres communistes, contrastant avec la disette de plus en plus répandue des bidonvilles. Les apparatchiks, avec leurs confortables comptes en banque à l’étranger, envoient leurs enfants pour les études en occident, tandis que l’enseignement au Vietnam est payant dès la classe enfantine ! Et ils se disent un régime « socialiste » !
Mesdames et Messieurs, femmes et hommes d’affaires suisses, si vous vouliez investir au Vietnam pour votre propre compte sans vous soucier des droits de l’homme, tant pis et allezy, (il y a toujours une collusion entre le capitalisme sauvage et les dictatures), mais sachez bien que, à cause de la corruption érigée en système, de l’opacité des lois de Hanoi, le Vietnam est classé (selon score IPC*) parmi les pays présentant le plus de risque, faisant fuir depuis des années les investisseurs étrangers.
Le peuple vietnamien a besoin d’urgence de la démocratie, d’un développement économique sain qui profite à tous, surtout aux démunis, et non des investissements financiers qui contribuent à perpétuer ce régime tyrannique.
GiaTien NGUYEN
Prilly, VD, Suisse
(*) Sources :
Zone rouge (maximums) de corruption, Score plus de 75, Thomas Pletscher, Revue La Suisse et le Monde (DFAE) Février 2003.
IPC, Indice de Perception de Corruption, Tranparency International.
- Classement Red Tape, Center for International Private Enterprise.