Vers 9 heures du matin du 23 Septembre 2003, le Comité Juridique de l'Association des fidèles de l'Eglise Protestante a envoyé un message d'urgence selon lequel plus d'une quarantaine de membres des forces de sécurité communistes, équipés d'armes, de fouets électriques, de barres de fer, de jets paralysants ont investi la maison situé au numéro 42 du quartier de Binh Loi, commune de Binh Khanh, district de Can Gio à Saigon. Les forces de sécurité du régime ont totalement isolé cet endroit et ont empêché quiconque de prendre des photos. A l'intérieur du lieu, les forces de sécurité ont utilisé des marteaux, des pioches pour détruire coplètement la maison de prière. Quand le pasteur Truong Tri Hien, membre du Comité arrive enfin sur le lieu, les forces de sécurité se sont retirées en laissant la maison de prière complètement en ruines. La stupeur, le sentiment de peur et d'impuissance se sont emparés des fidèles de l'Eglise protestante arrivant sur le lieu dans cette campagne isolée. Avant de se retirer, les forces de sécurité communiste ont proféré des menaces à l'égard des fidèles , en faisant entendre qu(ils vont chercher à détruire les autres lieux de culte dès que l'occasion se présentera. La maison de prière de Binh Khanh a été détruite par les autorités communistes vietnamiennes exactement comme le sort réservé à une autre maison de prière protestante le 1 Juillet 2003. Dans un communiqué intitulé "Le deuil pour les libertés religieuses au Vietnam", le pasteur Nguyen Hong Quang à Saigon a écrit "la goutte d'eau qui a fait déborder le vase , ce fut l'une parmi des centaines de cas de violations des libertés religieuses au Vietnam qui n'ont pas pu être répertoriés".
Le 26/9 dernier, Reporters sans frontières a indiqué avoir demandé aux autorités vietnamiennes de l'informer sur le lieu de détention et les charges retenues contre un journaliste arrêté il y a tout juste un an et dont le procès n'a toujours pas été annoncé. L'association rappelle que Nguyen Vu Binh avait été arrêté le 25 septembre 2002 après la diffusion sur Internet d'un texte intitulé "réflexion sur les accords frontaliers sino-vietnamiens".
Le journaliste critiquait un traité établi entre la Chine et le Vietnam en "Depuis lors, les autorités vietnamiennes n'ont donné aucune information concernant ses conditions de détention et la date de son procès n'a jamais été fixée", affirme RSF. L'organisation demande au ministre de la Justice, Uong Chu Luu, des informations sur son cas et réclame un droit de visite pour sa femme et ses deux enfants, sans nouvelles de lui depuis son emprisonnement. "Il est inhumain de (le) laisser croupir en prison (...) sans même l'avoir jugé. Cette situation est révélatrice du peu de cas fait des droits de l'homme par la justice vietnamienne", estime Robert Ménard, secrétaire général de RSF.
Ancien journaliste d'un journal du Parti communiste vietnamien (PCV), le Tap Chi Cong San (Les Revues Communistes), Binh avait démissionné en 2000 et demandé l'autorisation de former le Parti libéral démocratique. Il avait aussi été impliqué en 2001 dans la création d'une organisation anti-corruption rejetée par le gouvernement, selon l'organisation américaine Human Rights Watch.
Les autorités ont arrêté ou jugé ces derniers mois plusieurs dissidents coupables d'utiliser internet pour diffuser leurs idées. Environ un million de Vietnamiens ont accès à internet, mais RSF estime que près de 2.000 sites sont bloqués par les autorités.
D'après un communiqué de la Fédération des Droits de l'Homme au Vietnam en Suisse, diffusé le 26/9/2003, immédiatement après avoir eu connaissance de la condamnation du docteur Pham Hong Son par les autorités de Hanoi, la Fédération a intervenu auprès du Ministère des Affaires Etrangères et la Comission des Relations Extérieures du Parlement fédéral Suisse en faveur du Docteur Son. Dans le même temps, la Fédération a diffusé un document sur ce prisonnier de conscience, intitulé "13 ans de prison pour avoir traduit en vietnamien "Qu'est ce que c'est la Démocratie ". Le document a accusé le régime de Hanoi de bafouer délibérément les libertés fondamentales au Vietnam. Selon le document, les organisations de défense des Droits de l'Homme comme Amnesty International, Reporters Sans Frontières, Human Right Watch et le Comité de Protection des Journalistes ont unanimément protesté contre la lourde et injuste condamnation à l'égard d'un intellectuel qui a osé utiliser ses droits d'opinion. Le document a aussi mentionné les autres prisonniers d'opinion et de conscience comme le père Nguyen Van Ly, les intellectuels Le Chi Quang, Nguyen Khac Toan, Nguyen Vu Binh, Tran Khue, Pham Que Duong, le docteur Nguyen Dan Que ou les écrivains et les dirigeants religieux qui ont été assignés en résidence surveillée comme MM Bui Minh Quoc, Ha Si Phu, les vénérables Thich Huyen Quang et Thich Quang Do. Le document de la Fédération a été publié par les quotidiens suisses comme La Tribune de Genève, Le Courrier, le Nouvelliste, Le Matin.
Après avoir essuyé un échec le 8 Aout dernier, une nouvelle délégation comprenant 7 cadres du régime communiste de Hanoi est arrivée à Boston le 18 Septembre pour demander une audience au Conseil Municipal de la ville concernant la résolution sur le drapeau jaune avec trois bandes rouges qui a été adoptée à l'unanimité par la ville le 30 Juillet 2003. Le Maire de la ville et 12 des 13 membres du Conseil Municipal ont réfusé d'accorder un entretien à la délégation vietnamienne. Seul le conseiller Chuck Turner a accepté de recevoir la délégation pour mieux appréhender les problèmes de violations des droits de l'homme au Vietnam. Mais quand la délégation a demandé le réexamen de la résolution, le conseiller Turner a rejeté cette demande absurde et a réaffirmé son soutien à la Résolution. La délégation vietnamienne comprend cette fois des diplomates, et aussi des membres des églises sous le contrôle étatique dans le but de leurrer l'opinion publique américaine et la jeune génération des vietnamiens à l'étranger. La délégation a effectué une tournée à Washington DC et dans les autres villes afin mobiliser l'opinion contre la résolution sur les Droits de l'Homme au Vietnam ou pour protester contre les résolutions sur le drapeau jaune aux trois bandes rouges qui ont été adoptées dans une trentaine d'état, de villes aux Etats Unis. Dans l'espace d'un mois, ce fut le deuxième échec cinglant de la délégation des autorités vietnamiennes.