Nouvelles du Vietnam

 Les leaders bouddhistes dissidents vietnamiens cernés par la police

Les leaders de la dissidence bouddhiste au Vietnam, qui entendaient se rendre de Binh Dinh (une province du centre du pays) à Ho Chi Minh-Ville (sud) étaient bloqués mercredi matin 8 octobre 2003 par les forces de l'ordre, ont indiqué des partisans de leur Eglise basés à Paris.

Selon le Bureau international d'information bouddhiste (IBIB), Thich Huyen Quang, patriarche de l'Eglise bouddhiste unifiée du Vietnam et son numéro deux, Thich Quang Do, étaient cernés en début de matinée par  une quarantaine de civils et d'importantes forces de sécurité.

Vénérable Thich Huyen Quang, 86 ans, et Vénérable Thich Quang Do, 75 ans, ont indiqué qu'ils resteraient dans la voiture jusqu'au départ de la police. Vénérable Thich Huyen Quang a par ailleurs entamé une grève de la faim. Les deux hommes, en opposition avec le régime de Hanoi depuis plus de vingt ans, devaient quitter la pagode Nguyen Thieu de la province centrale de Binh Dinh pour Saïgon, aux alentours de 5 heures du matin, avec d'autres moines lorsque la police est intervenue. "La police a bloqué la route, intercepté le véhicule des moines et leur a interdit de quitter le monastère en affirmant que le peuple ne (voulait) pas que Thich Huyen Quang parte.

Vénérable Thich Huyen Quang a expliqué depuis son téléphone portable que la situation était très tendue, précisant que les pneus de son véhicule avaient été crevés et que des pierres leur avaient été lancées. Personne ne répondait mercredi matin au  téléphone de la pagode Nguyen Thieu, et le ministère des Affaires étrangères n'était pas joignable immédiatemment pour confirmer l'information. 

Enfin, d'après les dernières nouvelles, les responsables bouddhistes ont été relachés pour rentrer à Saigon le jour même à 15 h.

UNICEF met en garde le Viet Nam contre les violations des droits de l’homme en faisant la chasse aux enfants vagabonds.

Le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) recommande au Viet Nam de surveiller de près les campagnes de nettoyage des lieux touristiques en vue des prochains jeux de l’asie du sud-est (SEA Games) qui se dérouleront du 5 au 13 décembre 2003. 

Lors de la réunion de présentation des actions de l’Unicef au Viet Nam de 2002 à 2005, son représentant en Asie M. Anthony Bloomberg, l’UNICEF a déclaré avoir déjà à plusieurs reprises mis en garde les autorités vietnamiennes contre les risques d’atteintes aux droits de l’homme lors de ces campagnes de nettoyage. 

En effet, l’agence Reuters a rapporté les cas où certains enfants vagabondant sur les trottoirs de Hanoi se sont vus embarqués de force par la police et remis à un centre de détention pour mineurs situé à l’extérieur de la capitale alors que leur famille les cherchaient désespéremment. Rappelons que c’est depuis 2 mois que l’état vietnamien s’est mis en tête de chasser les mendiants et marchands ambulants des lieux touristiques ainsi que les alentours des lieux de compétition afin que les visiteurs internationaux ne voient pas toute la misère du pays. 

Au delà de ce point particulier, l’Unicef indiqué qu’il y a environ 20 000 enfants vagabondant dans les rues des villes vietnamiennes. L’Unicef tire en particulier la sonnette d’alarme concernant les 283000 enfants contaminés par le Sida au Viet Nam. Le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance recommande à l’état vietnamien de mener rapidement un vrai programme de lutte contre la malnutrition des enfants. Selon l’Unicef, les progrès enregistrés dans ce domaine depuis 1990 sont un signe encourageant mais ils ne sont pas suffisants devant l’ampleur du problème. Pour combattre efficacement la malnutrition infantile, le gouvernement vietnamien doit se donner les moyens d’y arriver et non plus se contenter de mesurettes ici et là. Par ailleurs, rappelons que depuis janvier 2001, l’Unicef a déjà déboursé près de 22 millions d’euros dans divers programmes d’aides aux enfants et aux femmes au Viet Nam.

12 Prix Nobel appellent l’état vietnamien à libérer le docteur Nguyen Dan Que

A l’initiative émane du docteur Torsten Wiesel, prix nobel de médecine en 1981, le Comité des Droits de l’Homme de l’Académie des Sciences des Etats-Unis a lancé le 22 septembre dernier un appel solennel pour la libération du docteur Nguyen Dan Que. L’appel s’est effectué sous la forme d’une lettre adressée au président du Viet Nam Tran Duc Luong, au 1er ministre vietnamien Phan Van Khai, ainsi qu’au secrétaire général du parti communiste vietnamien Nong Duc Manh. La lettre était co-signé par 12 lauréats américains du prix nobel de différentes spécialités comme l’économie avec Milton Friedman et Kenneth Arrow, la physique avec Claude Cohen-Tannoudji, Douglas Osheroff, Charles Townes, la chimie avec Robert Curl, Sir Harold Kroto, Yuan Lee, John Polanyi, la paix avec Robert Rotblat, et bien entendu la médecin avec Torsten Wiesel et François Jacob.

Dans ce courrier, les lauréats du prix nobel ont réaffirmé que l’arrestation et la détention sans jugement du docteur Nguyen Dan Que constituent une violation manifeste de la charte des droits de l’homme de l’Organisation des Nations Unies. Par ailleurs, les signataires de la lettre expriment également leurs inquiétudes sur l’état de santé du docteur Nguyen Dan Que. La lettre précise que ce dernier souffre d’hypertension et d’ulcères gastriques mais que les autorités vietnamiennes refusent les médicaments apportés par la famille du docteur Nguyen Dan Que.

Parallèlement à ce courrier, les lauréats du prix nobel ont également adressé une lettre au secrétaire d’état Colin Powell en lui demandant d’intercéder en faveur du docteur NNguyen Dan Que lorsqu’il recevra début octobre le ministre vietnamiens des affaires étrangères Nguyen Dy Nien. 

Ces deux courriers tombent mal pour le régime communiste vietnamien qui cherche actuellement à faire du lobbying afin que le budget 2004 du ministère des affaires étrangères américain soit remanié. Rappelons que dans ce budget 2004, il est prévu que les aides américaines à destination du Viet Nam doivent être conditionnées aux améliorations sur la situation des droits de l’homme dans ce pays. Seules les aides humanitaires à caractère urgent échappent à cette condition siné qua non. 

Par ailleurs, le fait que ces prix nobel s’engagent personnellement pour la protection des prisonniers de conscience vietnamiens témoigne de l’intérêt grandissant porté par les médias, le monde politique et associatif sur la situation des droits de l’homme au Viet Nam. 

De très vieux prisonniers d'opinion sont détenus au Vietnam 

Un nombre grandissant de prisonniers d'opinion incarcérés au Vietnam sont âgés de plus de 60 ans, a indiqué mardi Amnesty International. L'ONG a publié une liste de dissidents, connus pour certains mais tombés dans l'oubli pour d'autres. 

A l'occasion de la journée de l'ONU pour les personnes âgées, le 1er octobre, l'organisation souligne le cas de onze détenus âgés d'entre 61 et 89 ans. Ils souffrent pour certains de problèmes de santé. Beaucoup "ont passé de longues périodes en prison tout au long de leur existence pour avoir simplement exercé leurs droits fondamentaux à la liberté d'expression et d'association", dénonce Amnesty. Les autorités vietnamiennes réaffirment régulièrement qu'il n'y a pas de prisonnier d'opinion dans le pays. 

La liste comprend des dissidents connus, dont le patriarche de l'Eglise bouddhiste unifiée du Vietnam (EBUV, dissidente), le vénérable Thich Huyen Quang 86 ans, et le poète Bui Minh Quoc, 63 ans, tous deux assignés en résidence surveillée. Quatre dissidents connus que sont messieurs Pham Que Duong (72 ans), Tran Khue (67 ans), Tran Dung Tien (74 ans) et le docter Nguyen Dan Que (61 ans), arrêtés de décembre à mars dernier, figurent sur la liste des personnalités en attente de procès. Mais d'autres cas n'ont pas bénéficié de la même publicité. C'est ainsi le cas de Nguyen Dinh Huy, 71 ans, fondateur d'un mouvement démocratique, qui purge depuis 1993 une peine de 15 ans de prison, du Révérend Pham Ngoc Liên, 62 ans, prêtre catholique, arrêté en 1987 et condamné à 20 ans de prison, et de Ha Hai, 72 ans, membre de la secte bouddhiste Hoa Hao, en prison jusqu'en 2005. Il y a enfin le cas des messieurs Tran Ngoc Khaii (74 ans), và Phạm Dinh Thuan  (89 ans), arrêtés en avril et mai 1985 pour avoir appartenus à parti politique déclaré interdit par les autorités vietnamiennes.

Amnesty accuse les autorités vietnamiennes de mauvais traitements, qui vont du refus d'accès aux soins à l'isolement prolongé en passant par le refus de visite, le manque de nourriture et la mise aux fers. Hanoi rejette ces accusations, comme à son habitude.

Des chrétiens du Vietnam persécutés, selon une organisation

La minorité chrétienne du nord du Vietnam est la cible de persécutions qui vont de l'obligation de renoncer à sa foi jusqu'au meurtre, accuse l'organisation américaine de défense des droits de l'Homme "Center for Religious Freedom" (Centre pour la liberté de religion).

Un responsable chrétien appartenant à l'ethnie Hmong a été battu à mort dans la province de Ha Giang (nord) le 1er juillet, assure le Centre dans un rapport publié mercredi. L'organisme, qui fait partie de Freedom House (la Maison de la liberté), la plus ancienne organisation américaine de défense des droits de l'Homme, affirme avoir reçu une copie d'un formulaire de renonciation à la foi Chrétienne que les Hmong sont forcés de signer.

"Ces cas montrent un schéma de répression où les responsables locaux sont autorisés à employer les moyens les plus barbares de leur choix pour mener à bien des directives nationales visant la suppression de la religion chrétienne chez les Hmong", déclare Nina Shea, directrice du Centre. Interrogé vendredi, le porte-parole du ministère vietnamien des Affaires étrangères, Le Dung, a "fermement rejeté cette information fabriquée et pétrie de mauvaises intentions".

Selon le Centre, le responsable chrétien Vang Seo Giao a été tué après avoir refusé de renoncer à sa foi. Après enquête, la police a conclu qu'il avait été battu à mort et non victime d'un abus d'alcool comme l'avaient affirmé des responsables locaux. L'organisation dit avoir reçu une pétition du frère de la victime citant les noms des trois responsables locaux qu'il accuse du meurtre et de huit témoins. Vang Seo Giao est mort noyé "en traversant un cours d'eau la nuit alors qu'il était saoul", maintient le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Le régime communiste, qui entend contrôler l'ensemble des activités religieuses, craint particulièrement la communauté évangéliste, dont faisait partie Vang Seo Giao, en raison notamment de son origine américaine. Selon des chrétiens du district de Xin Man, où vivait le religieux tué, une unité spéciale de la police a mené une campagne anti-chrétienne en février, passant de maison en maison pour forcer les habitants à signer une promesse de renonciation à la foi chrétienne. Ceux qui refusaient étaient passibles d'un "jugement beaucoup plus sévère", selon le Centre. Sa directrice a appelé le Département d'Etat (ministère des Affaires étrangères) américain à placer le Vietnam sur la liste noire des "pays particulièrement préoccupants" en vertu de la loi internationale sur la liberté de religion.

L'administration Bush fait l'objet de vives pressions destinées à la convaincre de condamner les atteintes vietnamiennes aux droits de l'Homme. "Le Vietnam fait partie des gouvernements les plus répressifs au monde en ce qui concerne le respect de la liberté de religion", a estimé Mme Shea.


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