Nouvelles du Vietnam

Les autorités vietnamiennes portent atteinte au bouddhisme vietnamien en arrêtant les plus hauts dirigeants de l'Eglise Bouddhique Unifiée du Vietnam (EBUV)

Dans la matinée du 9 octobre dernier, une délégation comprenant les plus hauts dignitaires de l'EBUV a été arrêtée sur la route de Nha Trang. Elle comprenait 11 personnes dont les Vénérables Thich Huyen Quang, Thich Quang Do, Thich Vien Dinh, Thich Tue Sy, Thich Thanh Huyen, Thich Nguyen Ly, Thich Minh Hanh, Thich Nguyen Vuong, Thich Dong Tho et 2 laïcs.

Ce regrettable événement est survenu après une série de difficultés créées par les autorités pour empêcher les religieux bouddhistes de se rendre à la pagode Nguyen Thieu, dans la province de Binh Dinh, afin de répondre à une convocation du Patriarche Thich Huyen Quang. Malgré l'opposition des autorités communistes, la réunion des plus importantes personnalités religieuses de l'EBUV a pu tout même avoir lieu ces derniers jours.

A l'issue de la réunion, les 2 patriarches Thich Huyen Quang et Thich Quang Do, accompagnés de plusieurs vénérables dirigeants de l'Eglise ont pris le chemin pour retourner, le 8 octobre, à Saigon. Mais, alors que les autorités de Hanoi affirmaient au monde que tous les religieux étaient libres de leur mouvement, le minibus qui les transportait n'a pas parcouru 200 m qu'il fut bloqué aussitôt par les forces de police. Plusieurs moines et laïcs bouddhistes de la pagode sont alors accourus pour les protéger. Ce n'était que tard dans l'après-midi, que les autorités acceptèrent, face à la détermination des fidèles, de laisser passer la voiture. Après une nuit passée dans la pagode de Linh Son à Van Gia,  la délégation reprit la route de Saigon. Arrivée au poste de Luong Son, au Nord du col de Ru Ri, la voiture fut, à nouveau, stoppée par la police. Tous les 11 passagers de la voiture furent arrêtés, menottés et embarqués dans des fourgons-cellulaires vers une destination inconnue. Pour justifier cette arrestation d'une rare violence contre des religieux âgés, les autorités prétendent que les dirigeants bouddhistes transportaient illégalement des secrets d'Etat.

Des nouvelles récentes datant du 10 octobre nous informent que le Patriarche Thich Huyen Quang a été reconduit à sa pagode de Nguyen Thieu, province de Binh Dinh, où il est placé sous surveillance policière. Les forces policières continuent d'assiéger la pagode-monastère et ont coupé toutes les lignes téléphoniques qui relient l'institut avec l'extérieur. Le Vénérable Thich Quang Do est, lui-même, enfermé à la Pagode de Thanh Minh de Saigon avec interdiction d'en sortir. Quant au Vénérable Thich Vien Dinh, il fut dans un premier temps escorté à la pagode de Giac Hoa, Saigon. Mais, des policiers sont ensuite venus le rechercher pour procéder à un interrogatoire.

Malgré les assurances du gouvernement vietnamien sur un assouplissement de ses relations avec l'EBUV, les autorités de Hanoi sont bien vite retournés à la situation antérieure en plaçant à l'isolement tous les dirigeants bouddhistes dans des pagodes-prisons. Par cette action, les autorités visent, avant tout, à saboter le Congrès Extraordinaire de l'EBUV qui se déroule, en ce moment même, du 10 au 13 octobre en Australie. C'est un Congrès extrêmement important pour l'avenir du Bouddhisme vietnamien convoqué sur l'initiative du Patriarche Thich Huyen Quang lui-même.

Les actions menées par les autorités vietnamiennes contre les plus hauts dignitaires de l'EBUV constituent un affront au Bouddhisme du Vietnam et une atteinte à la dignité et l'honneur de l'ensemble des religieux et laïcs bouddhistes vietnamiens tant dans le pays qu'à l'étranger. Elles sont les preuves criantes qui font tomber les masques d'hypocrisie et de duplicité portés par le pouvoir actuel au Vietnam. Les déclarations et les promesses du Premier Ministre Phan Van Khai et des plus hauts dirigeants du régime sur la liberté religieuse au Vietnam ne sont, en définitive, que des mensonges destinés à leurrer l'opinion internationale. Il y a peu, sous la pression de l'opinion dans le pays et dans le monde, Hanoi a dû, du jour au lendemain, changer leur attitude et accepter la nomination du cardinal Pham Minh Man par le Vatican. Mais, dix jours après, ce même gouvernement a utilisé des moyens les plus violents contre le Patriarche Thich Huyen Quang qui vient d'être élu Chef Suprême de l'EBUV. Cette différence d'attitude est incompréhensible et ne peut être acceptée.

Devant la gravité de cet évènement, L'Alliance Vietnam Liberté appelle instamment la communauté internationale, les gouvernements et les élus de tous les pays, les organisations de défense des Droits de l'Homme à alerter l'opinion publique mondiale de la persécution dont est victime l'EBUV, à intervenir auprès des autorités vietnamiennes en faveur des dirigeants de l'EBUV, afin que la liberté leur soit rendue et que cessent les violations fragrantes des Droits de l'Homme au Vietnam.

Actuellement, voici la dernière situation connue des chefs de l'Eglise Boudhiste Unifiée du Viet Nam :

- les vénérables Thich Huyen Quang et Thich Dong Tho sont maintenus à l'isolement à la pagode Nguyên Thiêu, à Bình Dinh au centre du pays, tous les moyens de communication avec le reste du monde ont été coupés.

- le vénérable Thích Nguyên Dinh a été ramené à la pagode Già Lam après 3 jours de détention.

- les vénérable Thích Tue Sy, Thích Nguyên Ly, Thích Thanh Huyen sont condamnés à 2 ans de résidence surveillée.

- il semblerait que le vénérable Thích Quang Do ait été ramené à la pagode Thanh Minh où selon le site web « Jeunesse Vietnamienne Engagée » basée en Australie, le religieux aurait entamé une grève de la faim illimitée jusqu'à ce que les autorités vietnamiennes cessent toute répression à l’encontre des bonzes, laïcs et fidèles de son église.

Par ailleurs, les réactions internationales ne se sont pas faits attendre.

En apprenant la nouvelle dès le 9 octobre, Mme Françoise Hostalier, l’actuelle présidente d’Action Droits de l’Homme a vivement réagi contre les autorités vietnamiennes et s’indigne devant la multiplication des actes de répression à l’encontre des leaders religieux ces dernières semaines. Elle a aussi écrit au président Chirac pour lui demander d’intervenir officiellement auprès de la République Socialiste du Vietnam afin que celle-ci rende la liberté de mouvements et rétablissent tous les moyens de communication pour tous les chefs religieux de l’EBUV.

Le 10 octobre à Bruxelles, le député européen Olivier Dupuis a dénoncé les agissements des autorités vietnamiennes car celles-ci ont failli à leurs promesses de démocratiser le pays. L’euro-député a également appelé les différents gouvernements européens à ne pas cautionner de tels actes en condamnant officiellement l’actuelle répression des dirigeants de l’Eglise Boudhique Unifiée du Vietnam.

De l’autre côté de l’Atlantique, 5 députés américains (Loretta Sanchez, Zoe Lofgren, Chris Smith, Ed Royce et Mike Honda) ont envoyé une lettre de protestation à destination des plus hautes autorités vietnamiennes pour leur demander de libérer immédiatement tous les religieux emprisonnés. D’ailleurs, aussitôt libéré, le vénérable Thích Tue Sy a envoyé un courrier de remerciement envers les 5 parlementaires américains.

Enfin, une manifestation de protestation contre ces récentes violations des droits de l’homme au Vietnam sera organisée le jeudi 16 octobre de 13 heures à 17 heures, devant l’entrée du Palais Omnisport de Paris Bercy, métro Bercy. La communauté des vietnamiens exilés en France appelle toute personne désireuse de voir la démocratie s’installer au Vietnam à participer à la manifestation.

De même, la communauté des vietnamiens exilés en Allemagne organise une manifestation similaire qui aura lieu le samedi 18 octobre de 17 heures à 18h30, devant le parvis de la cathédrale Dom Platz, Cologne.


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