Nouvelles du Vietnam

Le vénérable Thich Thien Hanh a reçu l’ordre de cesser sa grève de la faim alors que la mobilisation continue dans le reste du monde.

Le 28 octobre dernier, le patriarche de l’eglise bouddhique unifiée du vietnam (EBUV) Thich Huyen Quang a ordonné au vénérable Thich Thien Hanh de cesser sa grève de la faim commencée le 8 octobre en protestation contre les persécutions policières à l’encontre des religieux bouddhistes.

Le patriarche a précisé qu’un religieux vivant servirait plus utilement la cause de l’EBUV. Il a déclaré également que "le combat contre l’oppression du régime serait encore long et pénible, que tous les bouddhistes doivent absolument vivre afin de lutter pour la survie du bouddhisme". 

La grève de la faim du vénérable Thich Thien Hanh, secrétaire général du conseil des sages de l’EBUV, était entré dans sa 10ème jour, entraînant un affaiblissement généralisé de son état de santé. C’est cette situation préoccupante qui a motivé la décision du patriarche Thich Huyen Quang. Auparavant, d’autres responsables de l’EBUV comme les vénérables Thich Huyen Quang et Thich Tuê Sy, respectivement recteur et vice-recteur de l’institut de l’enseignement du bouddhisme, eux-même assignés à résidence par la police vietnamienne dans 2 pagodes distantes à Saigon.

Ces responsables répondent ainsi aux souhaits de la majorité des bouddhistes vietnamiens qui espèrent voir l’EBUV se remettre à fonctionner rapidement. Ceux derniers veulent aussi que l’état vietnamien ne s’immisce pas dans les affaires internes d’une organisation religieuse et non-violente.   

Par ailleurs, le patriarche Huyên Quang a reconnu que la répression policière contre son église s’est beaucoup intensifiée ces derniers jours, en prenant des tournures plus subtiles qu’auparavant. En effet, craignant la vindicte populaire, l’état vietnamien a procédé aux arrestations et condamnations des religieux en catimini, loin des objectifs et micros de la presse, loin des regards de la foule toujours prompte à aider les bonzes. Une fois amenés à leur pagodes de résidence forcée, les religieux n’ont plus la possibilité d’entrer en contact avec l’extérieur car la police a coupé toutes les lignes téléphoniques. Autour des pagodes où sont assignés à résidence les dirigeants de l’EBUV, des agents de la sureté publiques équipés de détecteurs de téléphones portables sont postés en permanence et empêchent quiconque d’entrer dans les pagodes avec ces appareils. D’autres agents sont équipés de brouilleurs de téléphone mobile rendant la communication impossible au-delà de quelques secondes avec l’extérieur.

A la pagode Thanh Minh Vien de Saigon, lieu de résidence forcée du vénérable Thich Quang Do, celui-ci est maintenu dans une isolation extrême : il n’a pas le droit de recevoir des visites ni de sortir de sa chambre sans l’autorisation. D’ailleurs, des agents de la sureté publique gardent l’entrée de sa chambre. A côté de ces pagodes ultra-surveillées, il y a des centaines d’autres pagodes entre Huê et Saigon qui font l’objet d’une surveillance, certe plus légère, mais surveillance policière quand même.

La répression touche aussi d’autres religieux en dehors des leaders renommés. Ainsi, les religieux ayant participé au congrès extra-ordinaire de l’EBUV  début octobre et qui n’ont pas été arrêté le 9 octobre ont reçu des pressions policières pour quitter l’eglise dissidente et rejoindre l’église officielle appartenant à l’état.

Devant une telle injustice perpétrée contre des bouddhistes non-violents, la communauté vietnamienne dans le monde se mobilise pour organiser des actions de protestation contre la répression policière au Vietnam. Ces actions se sont traduits par des veillées de prières, des journées de grève de la faim, des sit-in devant les parlements des gouvernements occidentaux et les ambassades de la République Socialiste du Vietnam. Ces actions ont rassemblé des milliers de participants de part le monde depuis le lancement de la campagne  "la foi plus forte que l’oppression", démarrée conjointement en Australie et en France le 16 octobre dernier. Il faut noter que cette campagne ne rassemble pas que des fidèles bouddhistes mais qu’au contraire, elle fédère un large éventail de la société vietnamienne d’outre-mer car on y trouve aussi bien des croyants de différents religions que des non croyants, de vieux comme des jeunes, d’intellectuels comme des manutentionnaires, des associations strictement culturelles comme des organisations politiques. Tous ces gens partagent un point commun : celui de vouloir la démocratie et la liberté s’installer au Vietnam.

Au niveau des dirigeants de l’EBUV d’outre-mer basés en Australie comme le vénérable Thich Nhu Hue, ceux-ci ont demandé à tous les bonzes des pagodes vietnamiennes dans le monde d’organiser durant le mois de novembre 30 jours de prière pour leurs confrères au Vietnam. Le vénérable Thich Minh Tâm, chef de la congrégation bouddhiste en Europe a solemnellement invité ses fidèles et toute autre personne se sentant concernée par ce problème à venir participer à deux manifestations. La première a eu lieu mercredi 5 novembre à Genève de 10 heures à 17 heures, devant les locaux des Nations Unies. La seconde manifestation aura lieu le 10 novembre à Bruxelles, devant les locaux de l’Union Européenne. 

A côté de ces mobilisations, l’organisation de lobbying auprès du congrès américain VPAC (Vietnamese-American Public Affairs Commitee) mène depuis plusieurs jours une campagne pour inviter les élus américains à condamner les autorités vietnamiennes pour leurs actions contre la liberté religieuse. La campagne a déjà engrangé quelques victoires car plusieurs députés et sénateurs américains comme Loretta Sanchez, Ed Royce, Mike Honda, Zoe Lofgren, Tom Davis, tom Delay, Dana Rohrabacher, Sheila Jackson ou encore Nick Lampson ont officiellement écrit aux dirigeants vietnamiens afin de demander la libération des religieux. Des informations complémentaires sont disponibles sur le site web www.vpac-usa.org


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