Amnesty International accuse le Vietnam de museler le discours politique sur l'internet

Le 25 novembre 2003, dans un nouveau rapport, Amnesty International avait accusé Hanoi de brandir la sécurité nationale pour justifier la censure sur internet et la répression à l'encontre de la dissidence politique, citant notamment le cas des trois accusés. "Pourquoi les autorités vietnamiennes se sentent-elles si menacées par la liberté d'information et les échanges d'idées rendus possibles par Internet ?"  interroge l'organisation. "Comment le partage d'informations critiquant le gouvernement, relevant déjà du domaine public, peut-il être interprété comme " de l'espionnage " et se traduire par de lourdes peines de prison ?"

 "Au Viêt-Nam, cliquer sur  "Envoyer"  peut avoir des conséquences néfastes qui se traduiront par des années de prison et une surveillance de tous les instants établie autour de sa famille et de ses amis", avertit Amnesty International.

Le régime vietnamien alterne depuis quelques mois les condamnations ou arrestations de dissidents politiques et religieux, et les gestes apaisants à l'égard de la communauté internationale lorsque les critiques fusent. Depuis 2001, au moins dix personnes ont été arrêtées pour avoir échangé des informations avec des Vietnamiens de l'étranger et avoir formulé des critiques du gouvernement ou du Parti communiste vietnamien (PCV).  Six d'entre elles ont déjà été condamnées.

Ces arrestations attestent de la sensation de paranoïa à la tête du gouvernement qui se sent menacé et craint une «évolution pacifique» qui pourrait mettre en danger la suprématie du PCV", estime Amnesty.  Environ 2,5 millions de personnes ont accès à l'internet au Vietnam. Mais de nombreux sites sont bloqués et les gérants des cybercafés sont priés d'empêcher leurs clients d'accéder aux informations "subversives et pernicieuses".

Amnesty souligne le paradoxe entre la volonté du régime de Hanoi de développer l'usage économique de l'internet et en limiter l'impact politique. "Le gouvernement vietnamien semble refuser de reconnaître que l'internet ne peut être un outil de développement que si le droit à la liberté d'expression et à l'information sont respectés dans les textes et dans les faits", ajoute l'organisation de défense des Droits de l'Homme.

En août, le cyber-dissident Pham Hong Son avait vu sa condamnation à 13 ans de prison réduite à 5 ans, à la suite d'une avalanche de critiques venues du monde entier ainsi que la mobilisation des vietnamiens d'outre-mer.

Cette situation amène à la conclusion qu'il ne faut jamais arrêter de dénoncer les violations de Droits de l'Homme au Viet Nam tant que celles-ci perdureront. Ne rien dire ou laisser faire lorsque les communistes vietnamiens oppriment sa population, c'est se rendre complice de ces actions. Le régime vietnamien ne recule que lorsqu'il est massivement critiqué au niveau international.


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[Documents]       [Communiqués de Presse] mis à jour le 07/12/2003