Selon l’agence Reuters, les autorités vietnamiennes ont subitement autorisé le sénateur Sam Brownback, président de la sous-commission Asie Pacifique à l’intérieur de la Commision des Affaires Extérieures du Sénat Américain, à se rendre à la prison Nam Ha pour visiter le père Nguyen Van Ly, actuellement détenu pour s’être opposé au régime communiste vietnamien.
En répondant à une interview par téléphonique de l’agence Reuters, le sénateur Brownback a précisé qu’au soir du 7 janvier, on lui avait toujours refusé le droit de rendre visite au père Ly. Au matin du 8 janvier, les autorités vietnamiennes changent d’avis subitement. Sautant sur l’occasion, le sénateur a écourter son discours devant la chambre de commerce américaine à Ha Noi pour partir à la prison Nam Hà.
Sam Brownback a relaté que sa rencontre avec le père Ly a duré environ une demie heure, en présence des officiels du régime communiste vietnamien. Le sénateur a trouvé le père Ly plutôt en bonne santé, mais qu’un des verres de ses lunettes était cassé.
Les deux personnes se sont entretenus sur le sujet de la répression religieuse au Viet Nam. Sam Brownback a demandé au père Nguyen Van Ly s’il savait pourquoi on l’a emprisonné, ce à quoi le père Ly lui a répondu que lui-même n’en savait rien.
Le père Ly est âgé de 58 ans. Il est connu pour être l’un des plus anciens dissidents du régime communiste vietnamien, s’opposant à plusieurs reprises contre les interventions du Parti Communiste dans les affaires religieuses. Il a également demandé le respect des droits de l’homme et l’instauration d’une vraie démocratie au Viet Nam.
Après un procès sans avocat ni témoin en octobre 2001, le tribunal populaire de Ha Noi a condamné le père Nguyen Van Ly à 15 ans de prison et 5 ans d’assignation à résidence pour avoir "comploté contre l’état et porté atteinte à l’unité nationale". A la veille de la visite du ministre de la défense vietnamien Pham Van Tra aux Etats Unis, sa peine a été subitement réduite à 5 ans de prison. En outre, les 3 neveux du père Ly ont également été arrêté et condamné pour avoir "abuser de leurs libertés individuelles" en donnant des informations sur leur oncle aux différentes organisations de défense des droits de l’homme et de lutte pour la démocratie au Viet Nam. Ils ont été condamnés en 1ère instance à de lourdes peines de prison, ce qui a valut au Viet Nam de nombreuses critiques internationales. En 2ème instance, les 3 accusés ont vu leur peine se réduire miraculeusement au temps qu’ils ont déjà passé en détention préventive, soit environ 32 mois.
Pour finir, Sam Brownback a déclaré que lors de leur entretien, le père Ly ne lui a pas demandé d’intervenir auprès des autorités vietnamiens pour obtenir une réduction de peine. Il n’a pas non plus évoqué la situation de ses 3 neveux.
Amnesty International exprime son indignation à la nouvelle que le gouvernement vietnamien, dans une décision signée le 5 janvier par le Premier ministre Phan Van Khai, a transformé en secret d’État le signalement et la diffusion des statistiques sur la peine de mort. Cette décision fait suite aux nombreuses critiques internationales sur le nombre croissants des condamnations à mort au Viet Nam ces dernières années.
En se cachant derrière des décrets draconiens pour protéger de soi-disant "secrets d’État", les autorités vietnamiennes bafouent les normes internationales relatives aux droits humains, ainsi que les droits fondamentaux liés à la liberté d’expression et d’accès aux informations», a déclaré l’organisation de défense des droits de l’homme le mercredi 7 janvier dernier.
Selon des sources médiatiques vietnamiennes officielles suivies par Amnesty International, plus de 100 personnes ont fait l’objet d’une condamnation à mort et plus de 60 ont été exécutées en 2003. L’organisation estime que ces chiffres sont incomplets et que le nombre véritable des personnes mises à mort par l’État vietnamien est bien plus élevé. Les deux statistiques citées ci-dessus représentent une hausse d’au moins 100% par rapport à l’année précédente.
"La hausse impressionnante du recours à la peine de mort relevée en 2003, y compris pour des infractions économiques, constitue une grave préoccupation et n’est pas justifiée", a souligné Amnesty International. "Au cours de la première semaine de l’année 2004 seulement, six personnes ont déjà été exécutées et trois condamnées à mort", a ajouté l’organisation.
Dans le rapport d'Amnesty International publié en aout 2003 République socialiste du Viêt-Nam. La peine de mort : inhumaine et inefficace, l’organisation exprimait son inquiétude quant à l’application de la peine de mort au Viet Nam, qu'Amnesty International considère comme contraire aux normes internationales relatives aux droits humains. Prononcée à l’issue de procès fréquemment inéquitables car opaques et expéditifs, la peine de mort est appliquée dans des conditions qui peuvent conduire à des erreurs judiciaires irréparables.
L’organisation rappelle aux autorités vietnamiennes que dans une résolution d’avril 2003 sur le recours à la peine de mort, les Nations unies demandent que les informations concernant l’application de la peine de mort et les exécutions prévues soient mises à la disposition du public. Au Viêt-Nam, même les proches des personnes risquant d’être exécutées ne sont pas informés à l’avance.
"Il est étrange de voir un gouvernement, qui croit manifestement en l’effet dissuasif de la peine de mort, essayer à présent d’empêcher toute information sur son application. Ce manque de transparence décrédibilise sa position. Qu’est-ce que les autorités vietnamiennes ont à cacher ?"
Une épizootie de grippe aviaire qui a affecté près de 60.000 poulets au Vietnam est soupçonnée d'être liée à la mort de dix enfants et d'un adulte à Hanoi, a annoncé l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Les derniers résultats d'analyses ont confirmé que la grippe aviaire était bien responsable de la mort de trois personnes.
Le docteur Nguyen Tran Chinh de l’hôpital NhiŒt ǧi à Sài Gòn a déclaré que les cas de transmission de virus d’origine animal à l’homme sont extrêmement rares. Le métabolisme humain et celui des volatiles est très différent. Un même virus ne peut donc pas techniquement contaminer les hommes de la même manière qu’il contamine les poulets.
Les virus affectant les poulets et les humains apparaissent comme similaires mais d'autres analyses et contrôles sont encore nécessaires. "Il y a un lien possible", a déclaré Peter Horby, un épidémiologiste de l'OMS à Hanoi. "Dans le passé, les poulets ont infecté des gens dans des épidémies à Hong Kong en 1997 et à nouveau en 2003". Outre les onze personnes décédées, trois autres sont atteintes du virus. Tous ces cas sont à Hanoi. Selon Horby, toutes les victimes ont été en contact avec la volaille avant d'être malades.