Nouvelles du Vietnam

Dix pays touchés par la grippe aviaire dont la Chine

Selon l’AFP, des organisations internationales ont mis en garde mardi contre des "millions de morts" dans le monde et des pertes économiques énormes si la grippe aviaire n'était pas stoppée en Asie. La maladie a gagné la Chine et le Laos, touchant désormais dix pays de la région. A la veille d'une conférence internationale mercredi à Bangkok, trois organisations ont appelé à Genève à venir en aide aux nations touchées par l'épidémie qualifiée de "grave menace mondiale pour la santé humaine" et de "catastrophe pour la production agricole".

A Hanoi, le directeur régional de l'Organisation mondiale de la santé a déclaré que la grippe aviaire avait le potentiel de tuer des millions de personnes si sa souche la plus dangereuse se combinait avec une grippe humaine qui se déplace vers l'Asie.

De son côté, la Banque asiatique de développement a averti que la grippe aviaire pourrait coûter "des dizaines de milliards de dollars" aux économies si elle provoquait la même panique que le sras l'an dernier. Ces signaux d'alarme sont tirés alors que sur le terrain, la Chine est devenue mardi le 10e pays officiellement atteint. Les autorités ont déclaré que des canards étaient morts de la grippe dans la région du Guangxi (sud). Aucune infection humaine n'a toutefois été détectée.

Le Laos a aussi reconnu mardi être touché par une forme atténuée de grippe et la Corée du Sud, premier pays contaminé en décembre, a confirmé la résurgence de la maladie après deux semaines. En Thaïlande, le virus H5N1 a tué une deuxième personne, un petit garçon de 6 ans, le second mort en deux jours. Au total, la grippe aviaire a officiellement tué au moins huit personnes, six au Vietnam et deux en Thaïlande. Dix pays ont reconnu la présence à des degrés divers de différentes formes de la maladie : Corée du Sud, Japon, Taïwan, Vietnam, Thaïlande, Laos, Pakistan, Indonésie, Cambodge, Chine. Et plus de 20 millions de poulets sont déjà morts ou ont été tués.

Pour l'OMS et d'autres organisations de l'ONU, l'enjeu de la réunion de mercredi à Bangkok est d'éviter que le virus ne devienne plus virulent et ne s'attaque massivement à l'homme, d'autant qu'aucun vaccin ne sera disponible avant l'hiver prochain.

"Il y a toujours un (risque) potentiel que ce genre d'épidémie résulte dans une sérieuse pandémie mondiale qui n'impliquerait pas seulement des centaines, mais tuerait des millions de personnes dans le monde si cette mutation se produisait", a dit à Hanoï le Dr Shigeru Omi, directeur du bureau du Pacifique-Ouest de l'OMS. L'OMS, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et l'Office international des épizooties (OIE) ont lancé "un appel aux donateurs à faire face à la menace mondiale de la grippe aviaire et fournir des fonds et une assistance technique aux pays afin d'aider à éliminer la menace".

L'OMS prône la coopération régionale et la transparence alors que plusieurs gouvernements ont dissimulé un temps l'épidémie. Elle réclame aussi l'abattage systématique des volailles, une mesure diversement appliquée selon les pays. Les destructions de poulets se sont poursuivies mardi en Thaïlande, où l'épidémie a désormais gagné 13 des 76 provinces.

Au Laos, le ministère des Affaires étrangères a admis que le pays était contaminé par une "grippe du poulet classique", affirmant que les laboratoires nationaux avaient exclu la présence du virus qui a affecté le Vietnam et la Thaïlande. Les autorités cambodgiennes ont annoncé de leur côté que deux patients présentaient les symptômes de la grippe aviaire. Deux premiers cas suspects ont été déclarés négatifs, mais deux autres malades ont été découverts. Le Cambodge est le troisième pays à avoir des cas présumés de contamination chez l'homme.

Le Vietnam n'a plus enregistré de victime depuis la semaine dernière, mais a déclaré mardi que l'épidémie s'était étendue, touchant 28 des 64 provinces du pays. C’est aussi au Vietnam que le bilan de l’épidémie est le plus lourd avec 7 morts.

Les autorités vietnamiennes se mettent à parler des îles Paracels et Spratleys pour faire diversion

Depuis quelques semaines, plusieurs journaux officiels dépendant du régime communiste ont diffusé des rapports et études prouvant la souveraineté du Vietnam sur les archipels Paracels et Spratleys, tant convoités par tous les pays de la région.

Ces deux archipels sont distants d’environ 120 miles marins de l’île vietnamienne la plus proche, Ly Son, appartenant à la province Quang Ngai au centre du Vietnam. La distance qui sépare ces archipels de l’île chinoise la plus proche, Hainan, est de 140 miles marins.

L’archipel des Paracels (Hoang Sa en vietnamien) regroupe une trentaine d’île et d’îlots, et de bancs de sables disséminés sur un rectangle de 100 miles marins du nord au sud et sur 85 miles d’est en ouest, soit un peu moins de 16000 km². Les parties émergées des Paracels avoisinent à peine 10 km2. Phú Lâm, l’île la plus grande fait environ 1,5 km2. Aucune de ces îles ne disposent d’eau douce.

Le 10 janvier 2004, une délégation chinoise emmenée par son ministre des affaires étrangères Li Zhaoxing est arrivée à Ha Noi pour y rencontrer Le Cong Phung, son homologue vietnamien afin de régler les différends frontaliers des deux pays. Parmi ces différends, il y a la Convention Maritime et la Coopération Piscicole en Mer de Chine signée le 25 décembre 2000 et toujours pas ratifié par le Vietnam. Les sources diplomatiques vietnamiennes évoquent un règlement à l’amiable de tous les différends frontaliers en cours, à savoir les zones de pêches ainsi que la souveraineté des archipels Paracels et Spratleys, ce qui ouvre la voie à la ratification par le Vietnam de ladite Convention.

Cete Convention a fait l’objet de vives critiques de la part des vietnamiens d’outre mer qui accusent le régime communiste d’avoir céder 10 000 km2 de zones maritimes et plusieurs centaines de km2 de terres à la Chine. Le chiffre reste imprécis car le régime communiste vietnamien n’a jamais voulu dévoilé les détails de la Convention, et notamment les cartes terrestres et maritimes. Il semblerait que les divers textes et études sur la souveraineté du Vietnam sur les Paracels et Spratleys soient destinés à faire diversion sur la ratification de la Convention. Cette diversion est assez grossière car personne n’a oublié le décret du 14 septembre 1958 affirmant que ces archipels appartenaient à la Chine Populaire. Ce décret avait été signé par Pham Van Dong, alors premier ministre, dans le souci d’obtenir l’aide des communistes chinois dans la guerre d’invasion du Vietnam du Sud que s’apprête à lancer Ho Chi Minh. Par ailleurs, en 1974, lorsque les forces navales chinoises ont voulu s’emparer des Paracels et Spratleys, les seules navires à défendre les archipels étaient les bâtiments du Vietnam du Sud. A l’époque, le Vietnam du Nord étonnait le monde entier par son silence assourdissant.

Un jour après la parution des textes, les autorités chinoises ont réagi en affirmant que les îles Paracels et Spratleys appartenaient à la Chine.


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